CHAPITRE
mais qu'avec des enfans; mais M. Ménard est probe, humain, conciliant; sa seule faiblesse est de se croire grandi d'un pouce, lorsqu'il se trouve avec un grand seigneur, et son seul défaut est un penchant très-prononcé pour les plaisirs de la table, qui lui occasionnent quelquefois de légères indispositions; non qu'il boive outre mesure, mais parce qu'il retourne trop souvent à une dinde aux truffes ou à un salmi de perdreaux.
Le comte tic Monlreville a envoyé chercher M. Ménard qui s'est empressé de se rendre à ses désirs et qui accepte avec joie la proposition qu'il lui fait. Voyager dans une bonne chaise de poste , avec le fils du comte de Monlreville!... avec celui de ses élèves qui lui fait le plus d'honneur! C'est une bonne fortune pour l'ex - précepteur qui, justement, se trouve alors sans emploi.
Le comte lui recommande de veiller
sur Frédéric, mais de ne point contrarier ses fantaisies lorsqu'il ne s'agira que de folies de son âge. Le comte, satisfait de la soumission que son fils a montrée, en acceptant son précepteur pour compagnon, veut l'en récompenser en le laissant maître de se rendre où bon lui semblera.
Tout étant convenu entre le comte et les deux voyageurs, M. de Montreville remet à M. Ménard une somme assez forte qui est à la disposition de Frédéric.
«Mon fils, dit le comte, voyagez » en homme de votre rang, mais ce- » pendant ne dissipez pas follement »> cette somme. J'ai su, par une conduite » rangée, par un ordre constant, vous » ménager une fortune raisonnable » pour l'époque où je vous marierai, » mais vous ne devez point anticiper » sur vos biens. Cependant , si vous » avez , de nouveau , besoin d'ar-