‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 45 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» Mais notre chaise a quelque chose » de cassé, dit M. Ménard, et nous » pourrions profiter de l'offre de M. le

«palatin Pota Poto Po-

» tiouski, pour gagner le prochain vil- » lage. »

Le précepteur n'avait pas fini de parler, que le soi-disant seigneur polonais sautant hors de sa voiture, s'avançait vers eux la main sur la hanche, et se dandinant avec beaucoup de noblesse.

Frédéric lève les yeux et reconnaît Dubourg; il va partir d'un éclat de rire, quand celui-ci le prévient et court à lui en s'écriant :

a Je ne me trompe pas!... Heureuse «rencontre!... C'est M. Frédéric de » Montreville!... »

Et Dubourg se jette dans les bras de Frédéric qui, feignant aussi la surprise, s'écrie : « Eh! mais... vraiment... c'est » monsieur de... monsieur du...

«Le baron Potoski.... (lui souffle

» tout bas Dubourg. ) a C'est M. le » baron Potoski!... »

Pendant cette reconnaissance, qui a lieu sur le bord du fossé, M. Ménard se confond en salutations , en tirant doucement Frédéric par le pan de son habit , afin de Je ramener sur la grande roule, lieu qui lui semble plus décent pour se faire présenter au seigneur polonais.

Dubourg se retourne enfin du côté de Ménard, et s'adressant à Frédéric:

« Aurais-je l'honneur de voir M. le «comte, votre père?» lui dit-il, en adressant au précepteur le sourire le plus gracieux et le plus noble qu'il peut imaginer.

«Non, dit Frédéric, mais c'est un » second père pour moi. Je vous pré- » senie M. Ménard, mon ancien pré- » cepteur. — M. Ménard , » dit Dubourg, en donnant à sa figure l'expression de l'admiration , et en regar-

Page 1