‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 52 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» l'heureuse rencontre que nous avons » faite... il ne pourra qu'approuver...

» Non pas ! non pas ! dit Dubourg.

» Oh! il ne faut pas, au contraire, en » écrire un seul mot à M. le comte!... » je vous l'ai dit : je voyage inco- »gnito. Je ne veux pas que l'on sache » de quel côté j'ai porté mes pas. Mon » gouvernement veut me nommer am- » bassadeur à la Porte, mais je ne » me soucie point de celte dignité ; » M. le comte pourrait jaser par inad- » vertance, bientôt toute la France con- » naîtrait la roule que je tiens, il vaut » mieux n ï rien dire.

» Je suis de cet avis, dit Frédéric, » à quoi bon parler de tout ceci à » mon père j il m'a laissé liberté en- » tière d'aller où bon me semblerait , » et a prié M. Ménard de m'accom- » pagner comme ami , et non comme » Mentor; certes, en voyageant avec » M. le baron, je ne puis l'aire qu'un

» extrême plaisir à mon père. Mais » dans sa joie de me savoir en telle » compagnie, il n'y a point de doute » qu'il trahirait votre incognito, et vous » seriez alors forcé de nous quitter.

» En effet , dit Ménard , je comprends » que... Cependant... si... »

Dubourg s'apercevant que le précepteur conserve encore quelques scrupules, s'empresse de tirer de sa poche sa tabatière de corne qu'il présente à Frédéric, en le regardant d'un air significatif.

« La reconnaissez-vous , mon cher » Frédéric ?... c'est celle que je vous jî ai fait voir à Paris... — En effet, y> je la reconnais, » dit Frédéric, qui ne sait pas encore où Dubourg en veut venir, tandis que M. Ménard jette à son tour un regard sur la tabatière et attend avec impatience que le baron s'explique.

«Ah !... c'est un objet bien précieux

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