‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 53 sur 246 · CHAPITRE IV. Io · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Io

» pour moi, «ditDubourgen savourant une prise de tabac , « vous ne vous » cloutez pas , M. Ménard, à qui cette «simple tatabière a appartenu.... — ■ » Non, monsieur le baron.... — Toute » simple qu'elle est, je ne la changerais » pas contre une boîte d'or... C'est la » tabatière du roi de Prusse, M. Mé- » nard. — Du roi de Prusse?... — Oui, » Monsieur, du grand Frédéric , qui , » comme vous le savez, aimait beaucoup » le tabac , et en mettait souvent » à même sa poche, ce qui ne l'em- » péchait pas d'avoir aussi des taba- » tières , fort simples , comme tout ce » qu'il portail. C'est lui qui a donné » celle-ci à mon père, et c'est de mon » père que je la tiens!... — Ah ! mon-

» sieur le baron si j'osais vous de-

» mander la faveur...»

El Ménard avance avec respect deux de ses doigts pour prendre du tabac dans la tabatière du roi de Prusse ,

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que Dubourg lui présente en souriant.

Ménard prend une prise avec toute l'humilité convenable. 11 se bourre le nez d'un tabac qu'il trouve délicieux , et le pauvre homme en éternuant croit avoir une légère ressemblance avec le roi de Prusse. Sa tète n'y est plus , la vapeur des grandeurs se mêle à l'odeur du tabac , et , au troisième éternuement, il s'écrie en saluant de nouveau le baron Potoslu : « Décidément, il est inutile » d'écrire à monsieur le comte. »

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