CHAPITRE V
Une auberge de village. — Ce qu'il y arrive à nos voyageurs.
A la nuit nos voyageurs sont arrivés dans un assez pauvre village. Dubourg a ordonné à son postillon de les descendre à la meilleure auberge ; mais comme il n y en a qu'une dans l'endroit, il faut bien s'en contenter.
Cette auberge était rarement habitée parties voyageurs a voilure, les pieions seuls s'y arrêtaient.
Frédéric «'tait d'avis de ne point coucher clans ce misérable village ; mais
Dubourg insista pour y passer Ja nuit.
Il avait ses raisons pour ne pas vouloir aller plus loin avec sa berline } et comme M. Ménard se sentait, en appétit et que les débris de son pâté étaient restés dans la chaise de poste, il appuya la proposition de Dubourg.
La voiture entre dans une vaste cour remplie de fumier et de boue. Une douzaine de canards y barbottent dans une mare , et sembleut la disputer à des oies qui se promènent majestueusement alentour, tandis que trois pourceaux vont en grognant visiter tous les coins de ce séjour champêtre , et qu'un vieux cheval boiteux se désaltère aune auge, sur les bords de laquelle sont perchées quelques poules qui pondent indifféremment dans la salle du rez-dechaussée, dans la rue ou dans la cour, trouvant probablement qu'il y a entre ces lieux fort peu de différence. Enfin , pour compléter le tableau, quelques la-