CHAPITRE V. 1 l
prochant de Ménard , le gronde d'avoir irahi son incognito, et le prie detre plus circonspect à l'avenir.
« Holà! Goton !... Goton!... » crie l'hôte en s'approchant du jardin, ce Viens «conduire les voyageurs pendant que »je vais m'occuper des chevaux... et » tu diras aussi à ma femme de songer »au souper... »
Mademoiselle Goton arrive : c'est une grande et forte fille de vingt ans , brune , aux yeux noirs , et à la peau hàlée par le soleil ; ses traits ne sont pas réguliers , mais son nez retroussé et ses belles dents, que laisse voir une bouche un peu grande , rendent sa physionomie très-piquante. Si, au lieu d'un petit jupon de bure , d'une cornette de toile et d'un corsage de grosse laine bleue t Goton portait une robe qui fit valoir sa taille; si sa peau avait passé par la pâte d'amande et ses cheveux par les mains du coiffeur, nul doute que
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mademoiselle Goton ne fit à Paris de nombreuses conquêtes.
n Voulez -vous me suivre , Mes- » sieurs , » dit la servante en souriant aux voyageurs ; car mademoiselle Goton sourit fort souvent , parce que cela la rend plus jolie, et qu'au village comme à la ville, une femme sait fort bien tirer parti de ses avautages. A défaut de miroir, il ne faut qu'une fontaine pour former la plus simple.
Dubourg a , d'un coup-d'œil, vu tout ce que vaut la servante , et , tout en la suivant , il se dit : « Avec le souper , «que je tâcherai de faire faire copieux , «j'amuserai Ménard ; avec mademoi- » selle Goton je ne m'ennuierai pas.
» Ah ! si je pouvais trouver quelque » figure sentimentale pour occuper Frc- » déric... A défaut de nouvelle passsion , je lui parlerai de madame Der- Miange.... de toutes ses infidèles de