‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 58 sur 246 · CHAPITRE V. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. Il

» Paris 3 il y aura de quoi lui faire pas- »ser la soirée. »

La plus belle salle de l'auberge est celle où mangent habituellement les charretiers , les rouliers et les paysans. Quatre marchands forains, qui étaient arrivés une heure avant les illustres voyageurs , étaient alors assis devant une table , et buvaient tout en parlant de leur commerce.

L'arrivée des trois nouveaux venus ne dérange nullement les quatre hommes. Us les regardent et continuent de boire.

« J'vas mettre vot'couvert là , » dit Goton , en s'apnrochant d'une table couverte en toile cirée. « Non, non, » dit Dubourg^ nous ne pouvons pas » souper ici ; vous nous servirez dans » une des chambres où nous couche- » rons. — C'est pourtant ici la salle où • l'on mange.... — C'est possible , dit » Ménard , mais M. le comte et M. le

» ba.... enfin nous ne voulons pas y » manger. »

Ces paroles fout tourner la tête aux marchands , qui toisent les yoyageurs en ricanant entr'eux. Menai d, qui craint de les avoir fâchés et redoute quelque scène, est déjà dans le couloir où il attend la servante , tandis que Dubourg , qui n'est pas endurant , toise à son tour les quatre buveurs. Pour Fre'déric, l'esprit encore occupé de mille souvenirs , il fait peu d'attention à ce qui se passe autour de lui.

« Tu vois ben, Goton , *> dit l'un des marchands en souriant d'un air moqueur , « que ces Messieurs sont trop » hupés pour souper à côté de nous !... » Jarni!.... faut prendre garde de les » regarder de trop près ; cela pourrait » les offusquer.

» On ne vous parle pas , dit Du- » bourg ; tâchez de ne point faire les

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