‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 64 sur 246 · CHAPITRE V. I2"j · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. I2"j

» nuil est bientôt passée, et ces ïits » paraissent bons.... — Il nous faudra » une échelle pour monter dessus! — » Mais je n'en vois que deux, M. le » comte!

» Oh! ne vous inquiétez pas de moi, «dit Dubourg, je ne me coucherai

» pas... ., j'ai à écrire , j'ai des dé-

» pêches à envoyer ; je me jetterai

» dans un fauteuil pour finir la nuit.... » — Mais je n'en vois pas, M. le ba- » ron... — N'importe, une chaise, un

» banc! quand on a couché au bi-

» vouac, on n'est pas difficile. Mais le

» souper tarde bien , je vais donner

» tin coup-d'ceil à la cuisine. »

Dubourg descend -, Frédéric se met à une fenêtre qui donne sur la campagne; la lune éclairait une partie du village, où régnait le calme le plus profond. Le jeune homme compare la \ie Je Paris à celle des habitans de ce bourg, il pense que dans ce moment

12Ô SŒUR AKNE.

où les villageois se livrent au repos , les brillans citadins courent au spectacle ou dans les salons étaler leur parure et chercher des plaisirs! Mais, pour trouver des contrastes , est-il besoin de sortir de la ville!... Dans cette maison, où l'on danse au premier, on pleure au second la mort d'un époux ou d'un père ; au troisième, un jeune homme fait à sa maîtresse une tendre déclaration d'amour,- au quatrième, un ivrogne bat sa femme; au cinquième, un joueur se prépare à sortir, en emplissant ses poches d'or, et sous les toits, une jeune fille passera la nuit à travailler, afin de gagner du pain pour sa rnère !

Pendant que Frédéric se livre à ses réflexions, M. Ménard est allé examiner les lits, et il voit avec douleur que ce coucher, qu'il jugeait devoir être fort tendre, ne se compose que d'un mauvais matelas et d'une pail-

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