‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 65 sur 246 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

lasse, laquelle paillasse est à elle seule haute de près de quatre pieds.

« Quelle mauvaise manie ont ces » villageois , avec leurs énormes pail- » lasses, » dit Ménard, en visitant les draps qui lui ratissent la main; « moi » qui croyais enfoncer dans la plume!... » Voilà de Lien méchans draps...... Et

» M. le baron qui dit que l'on est bien

» ici! Je coucherai avec mon ca-

» leçon. Pourvu que le souper nous » dédommage un peu ! »

Dubourg est descendu pour parler au conducteur de sa berline, avec lequel il solde son compte, lui ordonnant de repartir avant le jour; car Dubourg n'ayant plus que trois louis, sur les dix que Frédéric lui a prèles, ne se soucie point de garder plus longtemps une voiture qu'il ne pourrait pas payer. Cette a fia ire une fois terminée, Dubourg va roder autour de mademoiselle Goton , à laquelle il vou-

IÙO SŒUR ANNE.

drait dire deux mots. La servante voit Dubourg d'un œil favorable, parce qu'il s'est bravement conduit avec les marchands forains; et que cela lui a plu, car un trait de courage plaît aux grosses filles comme aux petites maîtresses; mais Goion aide son maître à la cuisine, puis elle sert les quatre hommes qui paraissent déposés à passer ia nuit à boire dans l'auberge, et à ne se remettre en roule qu'au petit jour.

Les marchands rient et agacent la grosse servante, qui a fort à faire pour se défendre dus entreprises un peu familières de ces messieurs; mais Golon est habituée à livrer bataille à de pareils rustres; elle distribue un soufflet à l'un, un coup de pied à l'autre; elle pince, elle égraligne, et les inanans ne l'en trouvent que plus séduisante.

Occupe'e ainsi de tous côtés , Golon ne peut que glisser deux mots d'espé-

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