‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 71 sur 246 · CHAPITRE V. )4l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. )4l

» dans un de ces chalets, on sent le fro- » mage pendant huit jours, ce qui est » excellent pour la poitrine. Mais vous » devez avoir besoin de repos, M. Mé- » nard, couchez-vous. Moi , je passerai »la nuit -à e'erire... — M. le baron, je » n'oserai jamais me permettre devant » vous... — Eh pourquoi donc!...Dio- » gène se couchait dans sou tonneau » devant Alexandre, cl Cratès ue se » gênait pas pour montrer son derrière » à ses concitoyens. — C'est vous qui » l'ordonnez, M. le baron ?... — Je ne » vous ordonne pas de me montrer «votre derrière, M. Ménard, mais je » vous engage à vous coucher, comme » si je n'étais pas là. »

La fatigue et le petit vin blanc rendaient à Ménard le sommeil nécessaire; il ne se fait donc pas prier davantage : il passe derrière les rideaux à bouquets et se dispose à se coucher. Pendant ce temps , Dubourg, assis dans un coin de

l[±2 SOEUR ANNE.

3a chambre, devant une table sur laquelle il fait semblant d'examiner des papiers et de prendre des noies, ttend avec impatience que le précepteur soit endormi pour donnerau conducteur de la berline le signal du départ, car il craint que Ménard ne se réveille de bonne heure, et il serait fort embarrassé si sa voiture n'était pas alors loin du village. Ce motif l'engage à presser îe départ du postillon.

La porte de la cour n'est point fermée; Goton seule veille à ce qui se passe, et Dubourg sait le moyen de la rendre discrète.

Depuis près d'un quart d'heure Ménard est passé derrière ses rideaux , Dubourg le croit déjà endormi ; il va descendre, quand il entend quelques plaintes partir du côté du lit : « Vous «sentiriez - vous indisposé, M. Ménnard?» dit-il en approchant des rideaux qu'il entr'ouvre légèrement.

Page 1