CHAPITRE V. l/f
Mais quelle est sa surprise de trouver le pauvre Ménard qui , en chemise , en caleçon et en bonnet de coton, est encore debout contre son lit sur lequel il essaie en vain de monter avec l'aide d'une petite chaise qui ne suffît pas pour élever ses courtes jambes «à la hauteur de son matelas.
« Comment, M. Ménard, vous «n'êtes pas encore couché? — Non, » M. le baron, car voilà dix minutes » que j'essaie en vain de monter dans » mon lit... N'est-ce pas une horreur!... » n'est-ce pas se moquer des voyageurs »(juc de leur faire des couchettes qui » touchent au plafond.. . tout le monde » n'a pas six pieds de haut!... et à » moins d'être un géant... — Allons, » calmez-vous, M. Ménard, que ne » m'appelliez-vous à votre aide? — Ah!
» M. le baron, je n'aurais pas osé me » permettre... — Vous aviez tort, » car enfin vous ne pouvez pas pas-
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» ser la nuit à essayer de grimper dans » votre lit. »
Et sans attendre sa réponse , Dubourg fait monter Ménard sur la chaise; puis, le poussant vigoureusement en plaçant ses deux mains sur certaine rotondité que le précepteur avait de la peine à lever, il se met en devoir de le hisser dans son lit. Sic itur ad astra, dit Dubourg; labor improbus omnia vincitj répond Ménard , en tâchant de saisir son traversin.
aOuf, dit Dubourg... — J'y suis, »M. le baron, » s'écrie Ménard, enchanté d'être enfin couché, a C'pslbien » heureux ! Bonne nuit alors. — Mille » remercîmens, M. le baron ! »
Dubourg, en s 'éloignant du lit, a soin d'ôter la chaise qui était placée tout contre; de cette manière il est certaiu que Ménard ne se lèvera que lorsqu'il le voudra bien. Cette précaution pouvait mettre Ménard dans