CHAPITRE VI
» ment ! — Ah ! il fallait bien trouver » un mensonge pour Ja berline. — - Et » il fallait pour cela l'enfermer avec » mademoiselle Goion !... mauvais su- » jet ! ... — Allons , ne fais pas tant le » Caton ! si mademoiselle Goton avait » eu des yeux mélancoliques et une » tournure sentimentale tu aurais mené » paître les vaches avec elle ! — - Mais » au moins , je t'en prie , ne fais plus » autant de gasconnades à ce bon Me- » nard , qui te croit sur parole.. , car, 3i pour lui ôier le moindre soupçon , » j'ai eu soin de lui dite que je con- » naissais beaucoup ta famille et que » tu étais fort considéré à Paris. — » Tu as très-bien l'ait ; je ne lui dis » que ce que je crois nécessaire pour » soutenir mon personnage; tu ne veux » pas te souvenir que je me suis fait » seigneur polonais ! — C'est pour » cela que tu ne lui parles que de la » Bretagne ! »
Les voyageurs sont remontés en voiture. Avant d'arriver à la ville , dans laquelle ils doivent coucher , ils ont à traverser un bois très-épais , et Dubourg , qui a son projet , commence par donner un tour sérieux à la conversation , car il sait fort bien que la disposition d'esprit grossit ou diminue les objets, et que, dans le monde, comme au théâtre , il faut savoir amener et préparer ses événemens , pour qu'ils fassent plus d'effet.
«Je ne connais rien au-dessus du » plaisir de voyager, dit Dubourg , » pourquoi faut-il qu'il soit souvent » troublé par la pensée que quelques » événemens fâcheux peuvent déranger » tous nos projets !... — Il en est ainsi » de toutes les jouissances de la vie , » dit Frédéric ; en connaissez-vous sur » lesquelles on puisse compter pour le » lendemain !.. C'est un grand bonheur » d'être aimé d'une femme que l'on