‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 83 sur 246 · CHAPITRE VI. I7I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. I7I

» adore...; mais alors que l'on croit lui » plaire, que l'on compte sur son cœur, »sur ses sermens..., alors arrive un » jeune Adonis qui la séduit, un beau » guerrier qui lui tourne la télé, un «bel esprit qui la charme..., et cette «femme, jusqu'alors fidèle, vous trahit » au moment où vous comptiez le plus » sur son amour. Hélas! il ne dépend » souvent que d'une légère circons- » tance, ce bonheur de tout notre » avenir , dont l'édifice s'écroule comme » un château de cartes ! — Monsieur de » Monlreville parle fort sagement, dit » Ménard, on est souvent fort trompé » dans ses espérances ; combien de fois » n'ai-je point été dîner chez un trai- » teur en renom où le potage était «manqué!... — Un philosophe sup- » porte ces revers, soit en fortune, » en amour, ou en plaisirs, dit Du- » bourg , mais \ï est de ces choses «contre lesquelles toute la philoso-

» plue ne saurait tenir... comme., par » exemple , d'être attaqué sur une » route et assassiné par des brigands.»

Ces mots font frissonner Ménardj sa mine s'alonge, son regard devient iuqniet, et il se retourne vers Dubourg, dont la figure est alors empreinte d'une expression sombre qui n'a rien de rassurant.

« Ces événemens sont en effet bien » fâcheux pour les voyageurs ; on dit , » M, le baron , que l'Italie est fort dan- » gereuse à traverser... Vous qui avez » beaucoup voyagé vous pourrez nous » dire... — Sans doute, M. Ménard » il y a des brigands en Italie...; ce » qu'il y a de différent dans ce pays-là , » c'est que c'est à midi que les routes » sont le pins dangereuses, car c'est » le moment où les voleurs , seuls , » bravent l'ardeur du soleil. Au reste, » s'il v a des voleurs dans les Apennins, » en Allemagne et en Angleterre •

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