‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 85 sur 246 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

El Ménard regardait avec inquiétude à droite et à gauche. La nuit qui commençait à couvrir la terre augmentait encore sa terreur. « Allez ventre à terre, postillon, » crie-t-i! d'une voix altérée à leurconduetcur; maiscelui-ci , auquel Dubour* avait donné le mot , n'en allait pas plus vite. Frédéric ne disait mot et paraissait enseveli dans ses réflexions, et Dubourg avait tiré de sa poche ses pistolets qu'il examinait avec attention , en jetant de temps à autre un coupd'œil dans le bois.

« Parbleu! M. Ménard, » dit Dubourg, en sortant de sa poche un méchant porte-feuille vert, dans lequel il avait mis sa dernière carte de traiteur pour le rendre volumineux , « voici » pour le moment toute ma fortune...

» Les quinze mille francs qui me res- » lent pour voyager sont dans ce porte- » feuille ; mais puisque vous avez eu » la complaisance de vous charger des

«fonds de Frédéric, je pense que vous » voudrez bien aussi èire mon caissier ; » il est inutile que deux personnes » payent dans les auberges : il vaut «mieux que cela ne regarde que » vous. »

. En disant ces mots , il présentait le porte-feuille à Mcnard ; celui-ci le regardait en réfléchissant à ce qu'il devait faire, et , quoique flatté de celte marque de confiance, ne se souciait pas d'accepter.

Dans ce moment un coup de sifflet part et retentit dans le bois...

« Oh! oh !... qu'est-ce que c'est que » cela?» dit Dubourg, en roulant autour de lui des yeux effrayés —

«Nous allons peut-être être attaqués, »M. le baron... — Ma foi, j'en ai «peur. . — Et M. Frédéric qui dort...

» réveillez-le donc... — Ce n'est pas » nécessaire... »

Frédéric écoulait la scène et faisait

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