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n qu'on ne résisterait pas long-temps. — » Monsieur le baron , Joseph fuyait Puti- » phar , et ce n'e'tait pas par crainte de » succomber. — Monsieur Me'nard , Joseph » a fini par se laisser séduire , puisque sa » poste'rite' a peuple' le pays de Chanaan. »
Tout en discutant , ces messieurs sont arrives à Vizille. Ils s'informent de Frëde'ric dans le village ; mais les habitans , occupe's de leurs travaux , ont peu fait attention au jeune homme, qui n'a dîné que deux fois à l'auberge ; car nous avons vu qu'il dînait dans le bois avec les provisions que sœur Anne lui apportait. On a bien aperçu plusieurs fois le jeune voyageur , mais on n'a pas remarqué de quel côté il tournait ses pas , ni ce qu'il venait faire dans le village.
Dubourg et son compagnon sortent de Vizille sans être plus avancés. « Tout est » perdu ! » s'écrie de temps à autre M. Ménard , « mon élève aura été mangé par » les loups , ou tué par les voleurs , ou >♦ sera tombé dans quelque précipice en
)> regardant un coucher du soleil ! ... Pauvre i> Fre'de'ric ! si doux, si aimable, si instruit !.. » Je n'ai donc plus qu'à te pleurer!.... 5» Qualis populea mœrens Philomela sub » wnbrâ amissos queritur fœtus !...
» — Eh ! non , monsieur Me'nard , Frë- )> de'ric n'a été ni tué ni mangé!... Il n'est )» pas question de ressembler à Philomèle 3) pleurant ses petits , mais il s'agit de savoir » où le jeune homme a porté ses pas... Eh » mais... tenez! voici, je crois, un animal » qui pourra nous donner de ses nou- » velles. »
Les voyageurs , en sortant du village , étaient descendus dans la vallée , et se trouvaient alors devant la lisière du bois ; le cheval de Frédéric errait à l'aventure dans les sentiers qui touchaient à la vallée.
«i C'est un cheval , dit M. Ménard. — » Je le reconnais à cette tache blanche , » pour l'avoir vu dans la cour de notre » auberge ; c'est le cheval de Frédéric. — )» Et il est seul... sans cavalier!... Nouvelle » preuve , monsieur le baron , que le jeune
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» homme est victime de son imprudence ; 1» le cheval aura jeté' son maître par terre!.. » mon élève est mort!... il aura voulu gra- » \ir desmontagnes \... JYox eratl... il n'aura » pas vu à ses pieds... tout est perdu !
i> — Je crois plutôt que Fre'de'ric est dans » ce bois , et qu'il a quitte' son cheval afin )» de s'y promener à son aise... Faisons-en n autant pour le chercher... mais soyons » plus sages que lui , et attachons nos che- :> vaux à l'un de ces sapins. »
Dubourg et son compagnon mettent pied à terre et entrent dans le bois , M. Ménard tenant déjà son mouchoir sur ses yeux , parce qu'il croit Fre'de'ric mort ou blesse' , et Dubourg marchant en avant , et regardant attentivement autour de lui.
Bientôt ce dernier revient vers M. Mënard d'un air joyeux , et , lui de'signant du doigt un tertre de gazon : <t Tenez, lui dit-il, » regardez si mes pressentimens me trom- 3) paient ; voilà la merveille que Frédéric )» vient admirer. »
M. Ménard suit l'indication du doigt de