AMNE
quand on ne le satisfait pas. D'un autre côté, il a reçu du directeur l'argent pour lui et pour Me'nard , et, puisque Me'nard est parti, comment tenir leur promesse?
Pendant qu^il se consulte, un bruit confus se fait entendre dans la rue. Dubourg court à la fenêtre ; il aperçoit Floridor qui arrive avec plusieurs spectateurs qui jurent et font tapage , en disant qu'il faut que les deux Polonais jouent ou qu'ils les rosseront ; et Floridor crie : «t Ils joueront, messieurs, )» ils joueront;... je les ai payés d'avance. )>
Dubourg voit le danger qui le menace ; il balance s'il rendra l'argent, s'il s'excusera sur le départ de son collègue , ou s'il laissera le directeur s'arranger avec le public. Ce dernier parti lui plaît davantage ; même en rendant l'argent, il craint d'être rossé , et d'ailleurs il trouve que la manière dont il a joué Hippolyte valait bien ce qu'il a reçu. Courant aussitôt vers une autre fenêtre de la chambre qui donne sur des champs, Dubourg, qui entend tout le monde entrer clans la cour, n'hésite plus ;
il saute , tombe sur de l'oseille , se relève , tortille son manteau autour de son corps , et court à travers les champs , comme si toute la ville e'tait sur ses pas. ^
Le comte et Mënard arrivent en peu de temps à Grenoble, et descendent à l'auberge où les trois voyageurs avaient habite , et que le comte s'est fait indiquer par le précepteur ; car , pendant la route , M. de Montreville ayant encore questionne' Me'nard au sujet de son tils , les réponses qu'il en obtient lui font aisément comprendre que c'est une amourette qui retient Frédéric dans les environs , et le comte est un peu plus tranquille , ne doutant pas que sa présence ne suffise pour ramener son fils à la raison.
En arrivant dans l'auberge , Ménard a une scène avec le maître de la maison pour un char-à-banc que celui-ci a prêté. Cet homme parle aussi de Dubourg , en disant qu'un créancier du prétendu baron Potoski est venu le chercher à Grenoble , et court après lui pour le faire arrêter.