LES ORIGINES
Si l'on étudie la genèse des œuvres charitables, des congrégations les plus importantes, les plus prospères, on voit qu'il y en a peu dont les commencements n'aient été pauvres et hésitants. Presque toujours, celui qui a servi d'instrument à la Providence pour la fondation d'une œuvre, œuvre à laquelle la postérité donne son nom, a marché comme à tâtons pendant Ja plus grande partie de sa vie : il s'était préparé à faire une chose et les circonstances (c'est-à-dire la Providence) l'amènent à en faire une autre. Parfois même, ce n'est que tard dans sa vie qu'il entreprend l'œuvre qui semble ensuite pour la postérité avoir été la raison d'être de cette vie; et, dans son œuvre, l'ouvrier s'aperçoit tout à coup que c'est un détail, comme un accessoire de l'idée première et directrice, qui a surtout réussi, qui s'est le mieux développé et est devenu le principal,
presque le tout de l'œuvre. Après cela, ayez foi, si vous le pouvez, en la prévoyance humaine !
Ce tâtonnement, cette misère des débuts n'a certes pas manqué à l'œuvre de la Mère Bergunion et de l'abbé Juge.
Voici, à grands traits, quelle a été la vie de ces deux fondateurs des Sœurs aveugles de Saint-Paul, et les débuts pleins d'hésitations et d'incertitudes de cette congrégation (1).
(1) Voir La Congrégation des Sœurs aveugles de Saint- Paul, pendant son premier demi- siècle : ouvrage publia par la Communauté, sous la direction d'un Père de la Compagnie de Jésus (Librairie Victor Lecoffre, 1903).