‹ Soir d'automneChapitre 3 sur 4 · LE PORTE · texte numérisé non relu

LE PORTE

Et quoi! faut-il chanter ? quand la clameur humaine

Monte dans un air corrompu ?

Chanter, quand la voix se déchaîne

Ainsi qu'un coursier dans la plaine, Dont le frein s’est rompu ?

Quand elle crie anathème, Qu'elle ment aux aïcux, Quand elle hait dire que j'aime, À sa rage mêler mon thème, Lour dire de lever les yeux ?

O borceau parfumé de sainte poésie !

Collines de l'Hybla, champs féconds d’Tonie ! Les luths résonnaient bien sous votre ciel d'azur, L'air que vous respiriez était limpide et pur. Les sons flottaient au loin sur la mer qui palpite, Un silence profond tenait tout asservi ;

La brise s'endormait dans l’arbro qu'elle agite, L'insecte sa faisait sous l'herbe qui l’abrite, Et le silence était ravi.

La lyre de Sapho chantant Lesbos la blonde Caressait en pleurant la mer des Alcyons ;

Les Cyclades levaient la tête au sein de l'onde, En entendant au loin ces modulations.

Le torrent suspendait sa course vagabonde,

Et la mer d’Icarie et la mer de Myrthos, Courant avec amour, des lèvres de leurs flots, S'en venaient déposer, tribut d’un autre monde, Un baiser sur les-pieds de la blanche Lesbos.

de

Aujourd'hui de tous lieux, de la nature immense S’élève un cri de haine, une sombre rumeur ;

Et ceux qui croient pourtant, pâles, sans espérance, Cachés sous le manteau de leur triste prudence Craignent de dévoiler les pensers de’leur cœur,

L'avare comprend bien que doux ot deux font quutro,

L'autre dans son orguoil sait comme il faut abaltro Et broycr le cœur d’un enfant;

Celui-là sait combien so vend la conscience,

Comme il faut s’effacer quand parle une puissance Pour être demain triomphant;

Mais aucun d'eux ne sait, aucun d'eux ne devine Que dans son cœur, sous la ruine, L’infini puisse s'agiter ; Qu'ils n’auraiont, s'ils voulaient, qu’à frapper leur poi. Pour en faire jaillir une source divine [tine Que rien ne pourrait arrêter.

Oui, je sons sur mon front une célesto empreinto ; Je voudrais que mon cœur respirât sans contrainte Dans l'amour et la liberté.

La mer ni le torrent, rien ne me désaltère ; Quelque chose m'appelle au-delà de la terre, Je crois à l’immortalité !

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