PRATIQUE DU SACREMENT DE PENITENCE
La première chose à faire pour se disposer à recevoir le sacrement de Pénitence, c'est d'examiner sa conscience. Mais si vous voulez examiner sérieusement votre conscience, mes bons amis, vous avez trois choses à faire : 1° vous retirer à l'écart pour ne pas être distrait ; S'' implorer les lumières du Saint-Esprit pour connaître le nombre et la gravité de vos péchés ; 3° interroger vos souvenirs et les témoins de vos actions.
Votre examen de conscience terminé, il faut exciter dans votre cœur une véritable contrition ; et pour y parvenir, vous devez : 1° la demander à Dieu, parce que la contrition doit être un effet de sa grâce ; et 2° réfléchir sur les motifs d'une véritable contrition.
Que ferez-vous pour vous exciter h la contrition ? — Je ferai un pèlerinage. — Va-t-on chercher la contrition comme une marchandise sur un marché ? — Non ; cependant on peut la rapporter du pèlerinage dont je parle. — Où donc irez-vous ? — Je descendrai en enfer et j'en ferai le tour ; je monterai au ciel, et je visiterai le paradis, et j'irai à Jérusalem, sur la montagne du Calvaire.
Pourquoi descendrez-vous en enfer ?— Pour y considérer les tourments qu'y soutirent les damnés. — Que verrez-vous donc ? — Des âmes plongées dans un étang de feu, tourmentées par des supplices horribles, et enfermées dans ces affreux cachots pour y souffrir pendant toute l'éternité. Je verrai ma place marquée à côté d'elles depuis que j'ai commis un péché mortel ; je verrai le feu qui les dévore, j'entendrai leurs cris déchirants et leurs plaintes lamentables.
Que vous diront ces damnés, lorsqu'ils verront un vivant parcourir leur sombre demeure ? — Ils m'exhorteront à faire tout ce qui dépend de moi pour ne point partager leur malheureux sort. « Que vous êtes heureux, diront-ils, d'être encore sur la terre ! Au moins vous pouvez encore vous préserver du malheur qui nous accable. Ah ! si Dieu nous permettait de retourner dans le monde pour y faire pénitence de nos péchés, il n'y aurait rien de trop pénible pour nous, fallût-il faire pénitence pendant un million d'années, jeûner tous les jours au pain et à l'eau, nous déchirer tous les membres avec des instruments de pénitence ; fallût-il souff"rir autant que tous les solitaires et les martyrs, nous accepterions tout pour échapper aux flammes qui nous dévorent sans nous consumer. Si vous n'êtes pas encore aujourd'hui avec nous, c'est par un pur effet de la miséricorde de Dieu, car vous l'avez offensé comme nous, et peut-être plus que beaucoup d'entre nous. Et vous pouvez encore vous sauver; il vous suffit d'accuser vos péchés, d'en concevoir un vrai repentir et d'en faire une sincère pénitence. Pourriez-vous balancer un instant ? — Que répondriez-vous à cette exhortation ? — Je n'aurais rien à répliquer. Je me jetterais à genoux et je supplierais le Dieu de toute miséricorde d'avoir pitié de moi et de me pardonner.
Après avoir fait une visite aux réprouvés, vous en
ferez une autre aux élas ; vous monterez au ciel ; mais qu'y verrez-vous ? — Je verrai d'abord Jésus- Clirist au milieu du paradis, tout resplendissant de lumière et assis sur un trône d'une magnificence divine. Un peu au-dessous de lui et à sa droite, je contemplerai l'auguste Marie, sa mère, plus belle que la lune et plus brillante que le soleil. Je verrai les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges ; je verrai tous les anges et tous les saints louant et adorant le Très- Haut.
Que vous diront les anges et les saints ? — Il me semble qu'ils me raconteront le bonheur infini dont ils jouissent. « Il nous est impossible, me diront-ils, de vous faire comprendre notre félicité. Supposez que tous les bonheurs et tous les plaisirs dont peuvent jouir les mortels se trouvent réunis dans votre cœur, ce ne serait là quime ombre grossière des jouissances dont nous sommes enivrés. Notre bonheur est celui de Dieu, et dès lors qu'il peut satisfaire un être infiniment parfait, il vous est facile de concevoir qu'il est au-dessus de toute pensée et de toute conception. Notre intelligence étant substantiellement unie à l'intelligence de Dieu, nous voyons clairement tous les mystères de la nature et de la grâce que nous avons crus sur la terre ; et la contemplation de l'essence divine, de l'adorable Trinité, des perfections infinies de Dieu, de toutes les vérités de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel nous jette dans un ravissement continuel. Notre cœur est tellement uni au cœur de Dieu, que nous éprouvons les mêmes jouissances que lui.
Nous avons mené sur la terre, il est vrai, une vie rude, laborieuse, pénitente ; nous avons été calomniés, persécutés et mis à mort, après avoir souifert des tourments inouïs inventés par l'enfer; mais tout cela n'est rien ; et si Dieu nous obligeait d'en souffrir un million
de fois plus, nous embrasserions les peines et les tourments avec joie pour gagner le ciel.
Cependant ce beau ciel, vous l'avez perdu par votre faute, La place qui vous était destinée sera donnée à un autre si vous ne vous hâtez de faire pénitence. Mais ne perdez pas de temps ; car peut-être demain on sonnera vos funérailles et votre âme descendra dans les enfers. Il vous est si facile de recouvrer vos droits et de vous sauver. Avouez vos fautes et expiez -les. Qu'attendez-vous f Voyez-vous ces bienheureux ; il en est beaucoup qui ont offensé Dieu plus que vous; ils ont éprouvé des tentations plus violentes que celles qui vous agitent, mais avec la grâce de Dieu et un peu de bonne volonté ils se sont convertis et ont triomphé des tentations. Courage donc ! Mais si vous aviez tout perdu, vos biens et les personnes qui vous sont les plus chères, vous verseriez des torrents de larmes, et voilà que vous avez perdu Dieu, la compagnie des anges et des saints, et vous y êtes insensible, et votre cœur ne se fond pas en larmes ! »
Du ciel vous irez au Calvaire, et qu'y verrez-vous ? — Je me présenterai au pied de la Croix, au moment où Notre-Seigneur était sur le point de mourir, et il me semblera m'adresser ces touchants reproches : « 0 mon fils, ô mon enfant, vois ce que je souffre par amour pour toi. C'est pour te sauver, c'est pour expier tes péchés que je suis venu au monde dans une étable, que j'ai vécu pauvre, que j'ai gagné mon pain à la sueur de mon front, que j'ai jeûné dans le désert, que j'ai prêché ma doctrine, que j'ai été calomnié, insulté, conspué, flagellé, couronné d'épines et attaché sur cette croix. Toutes les fois que tu as commis un péché mortel, tu m'as crucifié de nouveau, tu as renouvelé toutes les souffrances de ma passion : Veux-tu donc continuer ? Auras-tu la cruauté de m'enfoncer de nouveau cette
couronne d'épines sur la tête, ces clous dans mes pieds et dans mes mains, cette lance dans mon côté ? Cependant je veux te pardonner. Vois donc, j'ai les bras étendus pour te recevoir, la tête penchée pour te donner le baiser de paix ; le refuseras-tu encore ? 0 mon enfant, sauve ton âme, puisqu'elle m'a coûté si cher ! »
Que répondrez-vous à Jésus-Christ ? — Je me jetterai à ses pieds, et, comme Madeleine, je les arroserai de mes larmes, et je lui dirai : « 0 bon Jésus, ô mon aimable Sauveur, ayez pitié d'un infortuné pécheur. Faites-moi la grâce de me repentir sincèrement de mes péchés. J'ai eu le malheur de vous offenser ; je suis le dernier des ingrats. Hélas ! que de fois ne vous ai-je pas crucifié dans mon cœur ? Ah ! brisez-le de repentir, ce cœur pervers. Que n'ai-je des larmes de sang pour pleurer mes fautes passées ! Remplissez mon âme de cette amertume qui a brisé la vôtre au jardin des Oliviers. J'ai été un monstre d'ingratitude ; mais je veux cesser de l'être, aidez-moi ; je veux me convertir, convertissez-moi ; je veux vous réjouir autant que je vous ai attristé Je suis l'enfant prodigue, j'ai centriste le cœur du meilleur des pères ; mais je me lèverai, j'irai à votre ministre et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous; je ne mérite plus d'être appelé votre fils, traitez-moi comme un de vos mercenaires. Non, jamais de ma vie je ne vous offenserai plus, je ne vous désobéirai plus ; fallût-il souffrir tous les tourments, fallût-il mourir, je mourrai mille fois plutôt que de vous offenser de nouveau, et je vous prends à témoin de mes promesses. »
C'est ainsi, mes enfants, qu'il faut vous exciter à la contrition. Toutes les fois que vous vous disposerez à recevoir le sacrement de Pénitence, ne manquez jamais de faire ce pèlerinage en enfer, au ciel et sur le Calvaire ; faites-le avec une foi vive comme si vous voviez
les objets de vos yeux ; et vous en rapporterez une vraie et sincère contrition. C'est ainsi que faisait autrefois Mgr de La Motiie, évêque d'Amiens.
Après vous être excités à la contrition, vous irez à réglise, et en attendant le moment de vous confesser, vous ferez le chemin de la croix, vous demeurerez dans le recueillement et la modestie si convenables à l'action importante que vous allez faire, vous produirez dans votre cœur des actes de confiance en Dieu, d'humilité, de contrition et d'amour. Vous vous approcherez du tribunal avec une sainte frayeur, vous considérerez le confesseur comme Jésus-Christ lui-même qui voit tout ce qui se passe au fond du cœur, et vous lui ferez l'aveu de toutes vos fautes.
Comment se présente-t-on devant le confesseur ?
— On se met à genoux et les mains Jointes aux pieds du confesseur ; ensuite on fait le signe de la croix, en disant : « Bénissez-moi, mon père, parce que f ai péché. » On dit ensuite la première partie du Confiteor.
Pourquoi se met-on à genoux et les mains jointes aux pieds du confesseur ?— Parce qu'une telle posture convient à un coupable qui demande sa grâce ; ainsi fit le lépreux lorsqu'il demanda sa guérison à Jésus-Christ. On aies mains jointes pour montrer qu'on veut satisfaire en cette vie à la justice de Dieu pour ses péchés, afin de n'être pas jeté pieds et mains liés dans l'enfer.
— Pourquoi fait-on le signe de la croix ? — Pour demander à Dieu par Jésus-Christ qu'il chasse le démon qui rend muet et empêche de déclarer tous ses péchés.
Pourquoi le pénitent demande-t-il la bénédiction du confesseur? — Pour obtenir de Dieu la grâce de se confesser comme il convient et de recevoir dignement le sacrement.— Que lui répond le confesseur ?— Il
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lui donne la bénédiction en disant: « Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, afin que vous confessiez avec vérité et intégrité tous vos péchés. »
Où doit se placer le pénitent pour faire sa confession ? — Il doit se placer de manière à n'être pas aperçu du confesseur, et s'approcher assez près pour n'être entendu de personne. — Si quelqu'un entend ce que dit un pénitent, que doit-il faire ?— Il doit s'éloigner pour ne plus entendre, et bien se garder de révéler ce qu'il eiurait entendu, pour ne pas se rendre coupable d'un grand péché contre le secret naturel.
Pourquoi le pénitent confesse-t-il d'abord ses péchés à Dieu ? — Pour imiter la conduite de l'enfant prodigue et celle de David qui confessèrent leurs péchés à Dieu, et pour se rappeler que le confesseur tient vraiment la place de Dieu. — Pourquoi se confesse-t-il ensuite à la sainte Vierge, à saint Michel, à saint Jean-Baptiste, aux apôtres saint Pierre et saint Paul, et à tous les Saints ? — Pour deux raisons : 1° pour implorer leur intercession -. et S'^ pour réparer l'injure qui leur a été faite par le péché, puisque le pénitent, en offensant Dieu, offense aussi les Saints, comme l'injure faite à un père est faite aussi à ses enfants.
Après avoir récité la première partie du Confiteor, que doit faire le pénitent '1 —Il doit dire combien il y a de temps qu'il ne s'est confessé, s'il a reçu labsolution et s'il a fait sa pénitence; ensuite déclarer ses péchés en disant : (<. Mon père, je m'accuse d'avoir, etc.
Je me suppose en présence de mon confesseur, et je déclare mes péchés de la manière suivante, mais retenez bien que ce n'est qu'une supposition pour vous apprendre à vous confesser :
a Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit; ainsi-soil-il. Mon père, bénissez-moi parce que j'ai
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péché. Je me confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie, etc., et à vous, mon père, d'avoir beaucoup offensé Dieu par pensées, par paroles et par actions.
« x\Ion père, je suis venu me confesser il y a trois mois, j'ai fait ma pénitence et j'ai reçu l'absolution, ou bien : Je n'ai pas reçu l'absolution parce que j'avais contracté une mauvaise habitude, ou je conservais de la haine contre mon prochain. Ou bien : j'ai reçu l'absolution, je n'ai pas fait toute ma pénitence ; je devais réciter trois fois les sept psaumes de la pénitence avec les litanies des Saints et je ne les ai récités qu'une fois.
« Sur le premier commandement, mon père, je m'accuse d'avoir manqué à mes prières du matin et du soir, trois fois par semaine ; de les avoir dites en m'habillant, et en marchant deux fois par semaine ; d'avoir eu des distractions volontaires en les disant, à peu près la moitié du temps ; d'avoir oublié mon benedictte et mes grâces, cinq fois par semaine ; de n'avoir pas osé les dire par respect humain, six fois en tout.
« Sur le second commandement, mon père, je m'accuse d'avoir juré le nom de Dieu tout seul, dix fois, et en ajoutant le mot sacré, cinq fois ; d'avoir prononcé des paroles grossières comme f... m... p... dix fois par jour; d'avoir prononcé des malédictions contre les animaux, quinze fois en tout.
« Sur le troisième commandement, mon père, je m'accuse d'avoir manqué une fois à la messe, de ma faute ; et aux vêpres, six fois aussi de ma faute; d'avoir eu des distractions pendant la sainte Messe, à peu près le tiers du temps ; j'étais dissipé, je regardais de côté et d'autre; je m'accuse d'avoir travaillé sans nécessité, une fois pendant deux heures.
« Sur le quatrième commandement, mon père, je
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m'accuse d'avoir désobéi à mes parents, en chose grave deux fois, et en chose légère dix fois ; d'avoir obéi en murmurant; presque toujours ; d'avoir souhaité du mal à mes parents parce qu'ils ne voulaient pas m'accorder ce que je demandais ; de m'être battu avec mes frères et sœurs, quatre fois.
« Je n'ai rien sur le cinquième commandement.
« Sur le sixième commandement , mon père, je m'accuse d'avoir eu des pensées déshonnêtes, six fois par jour, et je m'y suis arrêté volontairement, trois fois ; d'avoir prononcé des paroles déshonnêtes, cinq fois en présence de quatre personnes ; d'avoir regardé une personne qui était déshabillée, une fois; d'avoir lu un mauvais livre, une fois ; d'avoir été au bal, quatre fois ; d'avoir fait des actions déshonnêtes tout seul, deux fois par semaine, etc.
« Je n'ai rien sur le septième commandement.
« Sur le huitième commandement, je m'accuse d'avoir dit un mensonge pour faire punir mon frère, trois mensonges pour excuser ma sœur; et six mensonges pour amuser mes camarades ; d'avoir fait une médisance en chose grave et en présence de trois personnes , dix médisances en chose légère et en présence de cinq personnes.
« Sur le neuvième et dixième commandements, etc.
Il faut continuer de la même manière sur les commandements de l'Église et sur les péchés capitaux (1).
Comment le pénitent f.nira-t-il sa confession :? ~ Il finira par ces paroles : Voilà tous les péchés
1 II est très important de faire répéter souvent cet exercice qui est propre à apprendre aux enfants la manière dont ils doivent se confesser, et toute leur vie ils sauront parfaitement se confesser. C'est un avantage inappréciable pour les pénitents et pour les confesseurs.
dont je me souviens ; j e in en accuse et généralement de tous ceux que j'ai commis ; j'en dem^ande pardon à Dieu et à vous, mon père, la pénitence et l'absolution si vous le jugez à propos. » Pui.s il achèvera le Conjlteor, c est par ma faute, etc.»
Pourquoi le pénitent frappe-t-il trois fois sur sa poitrine ? — Pour exprimer la vivacité de sa douleur et de ses regrets comme fit le publicain. — Que doit faire le pénitent, après avoir achevé le Confiteor? — 11 doit s'exciter en silence à la contrition pendant que le confesseur récite les prières Misereatur et Indulgentiaw., — Que doit faire le pénitent, lorsque le confesseur est en prières ? — Il doit, non pas s'occuper à rechercher s'il n'a rien oublié, mais écouter avec docilité les avis du Confesseur, répondre sincèrement à toutes les questions qu'il lui fait et accepter la pénitence qu'il lui impose.
DE l'absolution ET DE SES EFFETS.
Que reste-t-il à faire lorsque le confesseur a donné ou différé l'absolution ? — On doit se retirer avec modestie, repasser dans son esprit les avis du confesseur, renouveler la résolution d'éviter la^ rechute et faire son action de grâces.
Les parties essentielles du sacrement de Pénitence sont les actes du pénitent, la contrition, la confession et la satisfaction. Mais il n'est pas nécessaire pour recevoir l'absolution, que le pénitent ait satisfait à la
justice de Dieu, il lui suffit d'avoir l'intention d'y satisfaire.
Qu est-ce que Vabsolution ? — L'absolution est une sentence par laquelle le confesseur remet, de la part de Dieu, au pénitent bien disposé, les péchés dont il est coupable.
Pourquoi l'absolution est-elle appelée une sentence ?
— Parce que le confesseur la prononce en qualité de juge. — Sur quoi est fondée cette qualité de juge donnée au confesseur?— Sur ces paroles de Jésus- Christ : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. » — Qu'est-ce à dire que les péchés sont remis ? — Qu'ils sont effacés de telle sorte qu'ils ne subsistent plus. — Pourquoi dites-vous que le confesseur remet les péchés de la part de Dieu ? — Parce qu'il est clair qu'il n'y a que Dieu qui puisse remettre les péchés, et que par conséquent le confesseur ne les remet qu'autant qu'il est revêtu de l'autorité et de la puissance de Dieu.
Le confesseur ne fait-il que déclarer que les péchés sont remis ? — Il les remet véritablement selon la force des paroles de TÉcriture. Jésus-Christ ne dit pas; « Les péchés seront remis à ceux à qui vous déclarerez qu'ils sont remis, mais à ceux à qui vous les remettrez. D'ailleurs, il a donné à saint Pierre, les clés du royaume des cieux : or, on ne donne pas les clés d'un appartement pour déclarer que les portes sont ouvertes, mais pour les ouvrir. Et puisque rien de souillé n'entre dans le royaume des cieux, les pasteurs de l'Église ne peuvent ouvrir les portes du ciel aux pécheurs qu'en leur remettant leurs péchés.
L'absolution ne fait-elle que remettre les péchés ?
— Elle rétablit encore le pénitent dans tous les mérites qu'il avait acquis par ses bonnes œuvres et que le péché
mortel lui avait fait perdre. Un chrétien qui fait des bonnes œuvres en état de grâce pendant trente ans, amasse de grands mérites ; mais il les perd tous par le péché mortel, et labsolation les lui rend, le rétablit dans ses droits et fait revivre toutes ses bonnes œuvres qui étaient mortes.
Quels sont donc les effets de l'absolution? — L'absolution réconcilie le pécheur avec Dieu; elle le sanctifie, elle le fortifie pour ne plus retomber; elle met enfin la paix dans sa conscience.
De même que Jésus-Christ rendait la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la santé aux malades, et la vie dans l'ordre surnaturel.
Que fait le prêtre en donnant l'absolution? — Il impose la main sur le pénitent et prononce en même temps ces paroles : « Que Notre Seigneur Jésus-Christ vous absolve; et moi, je vous absous de tous vos péchés, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »
Sainte Madeleine avait une sœur nommée Marthe et un frère appelé Lazare. Tous trois étaient très-vertueux, et Notre-Seigneur avait pour eux une vive tendresse. Lazare étant tombé malade, ses sœurs en informèrent Jésus-Christ , mais il ne retourna à Béthanie que quatre jours après la mort de Lazare. Marthe courut à sa rencontre et lui dit tout éplorée : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort. » Le Sauveur lui répondit : Marthe, votre frère ressuscitera. — Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera au dernier jour.— Je suis la résurrection et la vie, reprend Jésus-Christ; celui qui croit en moi ne meurt point. Le croyez-vous ? — « Je crois, répond Marthe, que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Marthe avertit sa sœur et Madeleine courut au-devant du Seigneur et
lui tint à peu près le même langage que Marthe.
Jésus, vivement touché demanda où Lazare était inhumé, et on le conduisit h son tombeau. Marthe lui fit observer qu'étant inhumé depuis quatre jours, il devait répandre une mauvaise odeur. Mais Jésus, arrivé près du sépulcre qui était creusé dans un rocher, fit ôter la pierre qui le couvrait et s'écria : Lazare, sortez du tombeau. A l'instant le mort se leva, quoiqu'il ei\t les mains et les pieds liés et la face couverte d'un suaire. Le Sauveur ordonna qu'on le débarrassât de ses liens, et Lazare retourna chez lui et vécut encore plusieurs années.
Cette histoire est l'image de ce que Jésus-Christ opère chaque jour dans l'âme du pécheur par le sacrement de Pénitence. Le chrétien qui se rend coupable de péché mortel est vraiment mort devant Dieu; son âme privée de la vie divine ressemble à un cadavre. Ses frères et ses sœurs, c'est-à-dire tous les fidèles pleurent son malheur et prient pour lui ; et Dieu, touché de compassion, envoie ses ministres pour le ressusciter, pour l'arracher aux horreurs d'un tombeau infect dans lequel il pourrirait. Quel prodige de bonté et de miséricorde!
Comment l'absolution sanctifie-t-elle le pécheur? — En ce qu'au moment où le prêtre prononce les paroles de l'absolution, Dieu répand la grâce sanctifiante dans l'âme du pénilent, et cette grâce le rend juste, saint et digne de la vie éternelle. — Comment l'absolution le fortifie-t-elle? — Elle rend la santé à l'âme malade, elle lui donne une nouvelle énergie, comme une médecine qui guérit le corps, lui donne de la vigueur. — Est-il vrai que l'absolution met la paix dans la conscience du pénitent ? — L'expérience le prouve : tout pécheur qui se confesse, avec des dispositions convenables, de péchés mortels, sent la joie et la paix re-
naître dans son âme au moment où il reçoit l'absolu- {ion. Nous en avons cité des exemples, en voici un autre encore.
Un homme riche des Pays-Bas commit une faute grave, et il en conçut une telle confusion qu'il était déterminé à préférer la mort et la damnation à la honte de s'en confesser. Cependant sa conscience le tourmentait sans cesse. Un jour passant à Anvers, il entendit un prédicateur assurer qu'il n'y avait pas d'obligation d'accuser des péchés oubliés. Il essaya d'oublier le sien, mais en vain. 11 lui était impossible de se fuir luimême, il se livra à toutes sortes de plaisirs ; puis à l'étude des sciences; tout fut inutile.
Cependant il espérait pouvoir effacer son crime par les pratiques les plus austères de la pénitence, sans confession. Il prend un cilice, il se donne de rudes disciplines^ se livre au jeûne, fait d'abondantes aumônes. Il éprouve toujours de cruels remords. Dans son désespoir, il veut mettre fin à ses jours et retourne chez lui pour exécuter dans sa propre maison Taffreuse résolution qu'il vient de prendre. Chemin faisant, il rencontre un religieux de sa connaissance. Après les compliments d'usage, il offre au père de monter dans sa voiture. La conversation s'engage, et tombe par hasard sur la confession. C'était mettre le doigt sur la plaie. Mais il dit au religieux : « Qu'avez-vous besoin de me tenir ce langage, je n'ai aucune envie de me confesser. Si vous pouviez me secourir sans confession, j'accepterais volontiers vos offres. »
L'homme de Dieu, soupçonnant le mauvais état de sa conscience, lui propose plusieurs moyens de soulagement ; mais le malheureux lui avoue qu'il avait résolu de se pendre ; que néanmoins il était déterminé à tout soutfrir, si l'on pouvait le délivrer des remords de conscience, sans l'astreindre à se confesser. Le relideuxlui
promit un secours efficace, s'il voulait suivre ses conseils durant quelques jours. A leur arrivée dans la maison, il l'engage à inviter ses amis à souper et à se divertir avec eux. Le lendemain, il lui présente certains points de méditation pour exciter fortement sa confiance en Tinfinie miséricorde de Dieu. Le jour suivant, il lui donne un examen de conscience, en lui recommandant de noter les péchés qu'il pourrait avoir commis, non pour s'en confesser, mais pour faire un acte de contrition sur chacun d'eux.
Cela étant fait, le père lui propose une partie de promenade dans la forêt voisine et lui demande s'il a bien examiné chaque article. « Pour vous mettre plus en état d'avoir une connaissance plus parfaite de vousmême, je vais vous citer quelques fautes dont l'examen est contenu dans ce livret. » En lui rappelant les forfaits les plus énormes, il tombe enfin sur celui qui lui causait ses longs et cuisants remords de conscience. « La voilà, la voilà, s'écrie-t-il, cette faute maudite dont le souvenir me déchire ! »
« Mon petit livre, dit le religieux, en contient de plus graves encore, venant de confesser celle-là, vous pouvez dire les autres qui vous reviennent à l'esprit. » A ces mots, le pécheur se jette à genoux, ouvre librement son cœur, et après avoir été suffisamment excité à la contrition, il reçoit l'absolution, et en ressent tant de joie que longtemps après il ne cessait de répéter : " De combien d'angoisses la confession m'a délivré ! ô confession, quelle sérénité et quelle joie tu causes à l'âme! »
Le confesseur doit-il donner l'absolution à tous ceux dont il entend la confession? — Non, il ne doit donner l'absolution qu'à ceux qu'il croit être bien disposés, et il doit la différer à ceux dont il doute s'ils le sont suffisamment. — Pourquoi doit-il refuser l'abso-
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lution à ces derniers? — Parce que donner l'absolution à ceux dont la conversion n'est pas moralement certaine, c'est les exposer à commettre des sacrilèges et s'exposer soi-même à profaner les sacrements. — Qui sont ceux dont le confesseur a sujet de douter s'ils sont bien disposés? — Tous ceux qui, étant dans des habitudes criminelles, ne donnent, après de continuelles rechutes, pour garant de leur conversion, que la promesse de ne plus retomber.
A qui le confesseur doit-il refuser l'absolution ? — A ceux qui n'ont aucun regret de leurs péchés, ou qui conservent de l'inimitié, ou qui ne veulent pas rendre le bien d'autrui, ou qui ne travaillent pas à se corriger de leurs mauvaises habitudes, ou qui ignorent les vérités nécessaires au salut.
Est-il à propos que les fidèles aient la connaissance de ces différentes règles? — Oui, afin qu'ils puissent connaître si leurs confesseurs sont des directeurs sages qui sauvent les âmes ou de mauvais guides qui les perdent.— La crainte que le pécheur ne soit surpris par une mort imprévue ne doit-elle pas engager le confesseur à ne pas lui différer l'absolution ?— Non ; car une absolution précipitée, loin d'assurer le salut d'un pénitent, l'expose, au contraire, à avoir une fausse sécurité qui le conduirait à l'impénitence finale.
Qu'est-ce que l'impénitence finale? — C'est un état d'aveuglement d'esprit et d'endurcissement du cœur qui fait que le pécheur meurt sans être converti. — Comment une absolution précipitée peut-elle conduire à l'impénitence finale? — En ce que le pénitent qui la reçoit se persuade faussement que ses péchés lui sont remis, et il ne songe plus Èbs'en confesser, ni à en taire pénitence.
Que doit faire le pénitent pour se rassurer contre la crainte de mourir dans le délai de fabsolution ? — Il
doit s'exciter à de vifs sentiments de repentir et de confiance en la miséricorde divine, et se convertir de tout son cœur. Si la mort le surprend, il n'y a rien à craindre pour lui, il sera sauvé, quand il mourrait avant de recevoir Tobsolution, parce qu'il est moralement certain qu'il a la contrition parfaite.
Que faut-il faire si le confesseur juge à propos de différer V absolution ? — Il faut se soumettre à tout ee que le confesseur ordonne et ne pas le presser^ parce qu'en donnant V absolution contre sa cons' cience, il commettrait un sacrilège.
A qui ressemble le pénitent qui presse son confesseur à lui donner l'absolution ? — Au malade qui veut à toute force que son médecin lui administre un remède, qui, au lieu de le guérir, lui donnera inévitablela mort. — Que doit donc faire le pénitent qui veut se sauver ? — Il doit observer fidèlement tout ce que lui ordonne son confesseur, comme un malade, pour guérir, doit suivre ponctuellement les ordonnances du médecin; et il fera bien de le remercier de ce qu'il lui donne le temps et les moyens de se convertir totalement à Dieu.
Si un pénitent qui n'a pas reçu Vabsolution vient à changer de confesseur, que doit-il faire ? — Il doit recommencer devant le nouveau confesseur toute sa confession depuis la dernière absolution qu'il a reçue.
Pourquoi doit-il recommencer cette confession ? — Parce qu'elle est nulle, puisqu'il n'a pas reçu l'absolution. — Doit-il dire qu'il n'a pas reçu l'absolutio!!? — C'est par là ({u'il doit commencer. — Le confesseur ne doit-il pas toujours croire le pénitent, lorsqu'il promet de ne plus retomber ? — Non, parce que le pénitent se croit souvent bien converti, quoiqu'une le soit pas véritablement. — Et cependant il doit le croire, losqu'il
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accuse ses péchés ? — Oui, parce que le pénitent n'a aucun intérêt à déclarer des péchés qu'il n'a pas commis, tandis que souvent il se trompe sur le fond de ses dispositions intérieures; c'est pourquoi le confesseur doit le soumettre à l'épreuve.
Comment un confesseur connaît-il que les pécheurs sont véritablement convertis ? — Par le changement de leur vie, par les fruits de pénitence qu'ils ont faits, et par leur soumission à observer ce qu'il leur a ordonné.
Dans quels sentiments doit-on recevoir l'absolution "! — On doit recevoir Vahsolution dans les sentiments de la plus profonde humilité, regarda^nt le confesseur comme tenant la place de Jésus-Christ.
Supposons que Jésus-Christ se présente devant vous pour vous guérir d'une maladie désespérée qui vous fait horriblement souifrir, et vous rende la santé ; ou bien que, jeté en prison pour dettes, en proie à des souffrances atroces, il vous ouvre la porte, vous rende la liberté, se charge de payer vos dettes et de vous rendre maître d'une immense fortune, quels seraient vos sentiments à son égard ? — Je ne pourrais trop admirer son infinie bonté, le remercier de la faveur qu'il me fait, et m'humilier devant lui de ce que mon indignité ne l'empêche pas de me faire miséricorde.
Que faut-il faire pendant que le confesseur donne l'absolution ? — // faut faire l'acte de contrition avec une grande douleur de ses péchés et un ferme propos de n'y plus retomber.
Que diriez-vous à Jésus-Christ qui vous rendrait la vie, paierait vos dettes et vous accorderait de très grands trésors, comme nous venons de le supposer? — Je lui témoignerais un très grand repentir de l'avoir offensé, la plus vive reconnaissance pour ses bienfaits, et lui promettrais de ne plus Toffenser jamais.
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Que doit faire le pénitent après avoir reçu VahsO' lution ? — Il doit remercier Dieu de la grâce de V absolution et renouveler ses bonnes intentions.
Une des lois que Dieu avait données au peuple Juif prescrivait à tous ceux qui étaient attaqués de la lèpre de se présenter devant le prêtre et de lui montrer le mal dont ils étaient affectés. Ce prêtre devait examiner soigneusement si c'était une lèpre véritable. Lorsqu'il découvrait que le malade avait tous les caractères du lépreux, il le déclarait solennellement, et dès lors le malade était obligé de rompre tout commerce avec les hommes, de ne porter que des habits déchirés, de ne paraître que la tête nue, de se couvrir la bouche de ses habits, et de crier à tous ceux qu'il rencontrait qu'il avait le malheur d'être lépreux et immonde. Quand il était guéri il devait paraître de nouveau devant le prêtre qui le visitait pour reconnaître si laguérison était réelle, et qui ne le déclarait purifié qu'après l'examen le plus sérieux; alors il était obligé d'offrir les sacrifices prescrits par la loi.
C'était la figure de la confession.
Un jour que le Sauveur descendait d'une montagne, un lépreux courut à sa rencontre, se prosterna devant lui et le pria de le guérir. Jésus étendit la main et lui dit . Soyez guéri. La lèpre disparut à l'instant. Jésus-Christ lui ordonna d'aller se montrer au prêtre et de faire ce que prescrivait la loi de Moïse.
Une autre jour Jésus fut rencontré par dix lépreux, qui le prièrent d'avoir pitié d'eux. Ce bon Sauveur leur dit d'aller se montrer aux prêtres. Ils se mirent en chemin, mais ils n'étaient pas arrivés qu'ils se sentirent guéris. Ils n'en allèrent pas moins se faire visiter par le prêtre, selon l'ordre qu'ils en avaient reçu.
Ce que Dieu exigeait des lépreux, il l'exige des pécheurs, qui sont des lépreux spirituels. Il faut qu'ils
montrent au prêtre la lèpre du péché pour en être guéris.
Cette puissance que Dieu a donnée au prêtre de remettre les péchés lui a toujours concilié le plus grand respect de la part des vrais fidèles. Chaque jour, en hiver, saint Louis entendait l'office à genoux sur le pavé. Toutes les semaines il se confessait, et il avait un tel respect pour son confesseur que, si par hasard une porte ou une fenêtre venait à s'ouvrir, il courait la fermer, disant à son confesseur: « Demeurez ici; vous êtes le père et moi le fils, je dois donc vous servir. »
L'impératrice Constance, femme de Henri IV, dit le cruel, désira entendre Joachim, abbé de Flore en Calabre, mort en 1202, et regardé comme un saint. Comme c'était le Vendredi-Saint, il ne se rendit à sa demande qu'avec une extrême répugnance. En abordant l'impératrice, il lui dit : « Qu'y a-t-il donc. Madame, de si pressé, pour interrompre la solennité de ce jour et tirer de son cloître un solitaire qui doit être absorbé dans la méditation des souffrances de Jésus-Christ ? » L'impératrice, charmée de sa conversation, veut dès ce moment se mettre sous sa conduite et lui faire une confession de toute sa vie. Elle l'introduit dans sa chapelle; là était un trône magnifique, élevé de plusieurs marches pour la princesse, et à côté plus bas, un tabouret pour le confesseur ; l'orgueil avait établi cet usage. Joachim lui dit: « Madame, pensez-vous que vous comparaissez ici en criminelle ? Descendez de ce trône, et faites votre confession dans une posture plus humble, sinon je me retire. » Constance qui avait une grande piété, et qui avait suivi un usage indécent qu'elle avait trouvé établi, s'agenouille sur le pavé, et se confesse avec de grands sentiments de pénitence.
Un homme était tombé dans un crime énorme, et quoique bourrelé de remords, il croupit dix ans dans
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ce déplorable état, n'ayant pas le courage d'aller à confesse. Il voyait l'enfer ouvert sous ses pas et séchait, ne pouvant ni manger, ni boire, ni dormir. Dieu eut cependant pitié de lui et permit qu'il rencontrât un vertueux prêtre qui s'aperçut de son état et l'invita à se confesser. Il le fit et n'eut pas plus tôt reçu l'absolution, qu'il se trouva saisi d'un saint transport qui le mit hors de lui-même. « Qu'avez-vous ? lui dit alors son confesseur. » — « Hélas, répondit-il, que ceux qui croupissent dans le péché sont malheureux ! Je puis vous assurer que j'ai vécu comme dans un enfer, et au moment où vous m'avez absous, j'ai ressenti une consolation si grande, que je ne crois pas en pouvoir ressentir une plus grande en paradis. »
Un jeune homme avait contracté une mauvaise habitude, et malgré ses résolutions, il retombait dans le même péché. Son confesseur lui dit un jour : « Ne connaîtriez-vous pas quelque moyen d'empêcher ces rechutes ? — J'en connais un, mon père, refusez-moi l'absolution, jusqu'à ce que je sois corrigé. » Le confesseur s'empressa de céder au désir du pénitent, et parvint en effet à le tirer du mal en lui refusant l'absolution.
Un prédicateur, exhortant ses auditeurs à se confesser, répétait souvent ces mots : « A tout péché miséricorde, pourvu qu'on s'en repente. » Une personne âgée, ayant la conscience chargée d'un péché commis dans sa jeunesse qu'elle n'avait osé déclarer en confession, va lui demander s'il est bien vrai qu'à tout péché miséricorde, et que, s'il en est ainsi il ait la bonté de l'entendre, parce que depuis cinquante ans, elle est déchirée de remords cuisants ; puis elle fait sa confession avec une grande abondance de larmes. Après avoir reçu l'absolution, elle publiait partout qu'elle éprouvait un bonheur inexprimable.