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liait si ce nVlait pas la troupe des démons qui se rassemblait dans ce lieu sacrilège.
Les occasions étaient rares où le mar(|uis de Foix appelait dans son château les seigneurs ses voisins. Jamais ces sortes de fêtes n''avaienl lieu aux approches et U la fin de Tépoque de sa retraite dans la grotte de la montagne. Mais , en d'autres temps , il y avait des circonstances 011 malgré lui il était contraint de leur ouvrir sa maison. Alors éclatait dans loute sa magnificence le faste des princes de Foix. Des milliers de bougies , de torches étincelantes , éclairaient les appartemens tendus de riches tapisseries de soie d''or et d''argent. Les meubles précieux étaient mis en évidence. La salle Ii manger ne désemplissait pas ; les tables se montraient somptueusement garnies de vases de matière rare , de pièces d'orfèvrerie, en un mot , de tout ce qui attestait Tantiquité des aieuls du marquis. Les joueurs d''inslrumens les plus célèbres des con Irées voisines et de Toulouse venaient dans ces grands jours rehausser la pompe de ces ièlv.% par des conccrls d harmonie. Les belles voix,
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si communes dans le Midi, ne mancjuaient pas non plus l\ ces solennités , ou le cheF du lieu se montrait galant , empressé auprès des dames, prodiofuant les bals, les parties dci chasse et les fêtes, de manière a se maintenir au premier rang parmi ses égaux.
Un jour oii il s^agissaitde célébrer le mariage de son petit-fils aîné , jamais réunion n''avait été plus belle, jamais plus de faste et de contentement ne sVitaient rencontrés sous les voûtes de ce château. La nuit étant venue, les jeux n''en furent pas interrompus pour cela, une multitude de luminaires remplacèrent la clarté du soleil ; le concert venait d'hêtre terminé, on causait en attendant le moment de passer dans la salle où le souper était servi : là on savait qu'k Tavance chaque convive avait sa place marquée , celle que Vvù quette lui accordait strictement; il fallait alors si peu de chose pour choquer rorgucil de cette noblesse turbulente et fière , qu%)n avait l>eaucoup de peine à l'amener li rc quelle accédât à un règlement de rang.
Le bruit inusité d un corde chasse ret<MUit
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hors (lu château, niais avec lant de Fracas cju**!! couvrit le luinulle d'une conversation aniinëe : on sere[jarda, on se demanda quel iiaut baron pouvait venir si tard; le maître de la maison se montra un instant embarrassé , néamnoins il ne dit rien et ne fit aucun geste que Ton put interprêter.
Le cor sonna de nouveau , plus aigre , plus éclatant, tonnant pour ainsi dire celte fois. Les dames, par un mouvement involontaire, se rapprochèrent chacune de leur protecteur naturel. Le chevalier Izalguier, dont la fiimille tenait sans contestation la première j)lace dans la ville de Toulouse , s''adressant au marrpiis , lui demanda qui , parmi les voisins, mancjuail à la cérémonie et qui pouvait s^mnoncer aussi arrogamment.
— Je l'ignore, lui fut-il répondu d''un ton sec, je vais envoyer a la dc'couverte et je suivrai bientôt.
Mais la parole expira dans la bouche du inanjuis a la vue du personnage qui entra dans <<• moment. Il était de haute taille , vêtu à la mode du règn(; de Louis \JfI ; ses traits som-
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bres , farouches et hautains l\ la Fois , commandaient la crainte et le respect ; il paraissait marcher avec difficulté et s'appuyait suiune canne de bois dVbène richement g^arnie en or et en rubis : le prix de cet ol)jet parut inestimable aux connaisseurs , son chapeau de feutre fauve a larges bords g^arni d^m point dTZspajpie , était environné d*'un triple cordon de rubis; tout en lui dénotait une haute position sociale et un grand usage du monde ; néanmoins il salua a peine l'assemblée, fendit arrogamment la foule, et parvenu devant le maître de la maison , se contenta de lui dire : Aïe voici! puis il demeura devant lui debout et immobile.
— Pouiquoi venir, repartit 31. de Foix avec une expression non moins impérieuse , ces jours ne vous appartiennent pas?
— Vous êtes dans Terreur, M. le marquis , lui fut-il ironiquement répondu ; le temps est a moi depuis ce matin.
— Il y a erreur.
— De votre pari soit, jc ne le conteste pas, de la mienne il y a droit.
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— Il V a t'rnur, Faul-il le répéter?
— Il n"* y en a pas, je me plais a le redire. Le niarc(uis, aces derniers mots, pâlit.
— Pai donc (ité jouéP
Un sourire insultant Fut la seule réponse de rinconnu qui se mit k dire ensuite :
— \u reste, M. le marquis , on ne compte pas si strictement avec ses amis; une, deux, trois heures de plus ou de moins ne font rien a TafFaire : réchcance venue, le droit assuré, on peut sVn tendre, s'accommoder peut-être. Allons , que ma présence ne trouble point la joie de la compagnie, j''en serais fâché.
En entendant ces phrases obscures, les dernières surtout, les convives s'*imaginèrent que cet étranger avait prêté de grosses sommes au marquis, et cp^il prenait mal son temps pour en réclamer la rentrée ; mais qui était-il P cVtaitce qu''on se demandait avec anxiété, car ^a pn'sence , loin de plaire , répandait dans rassend)K'r mie vague inquit'tude , dWtant plus quM avait prononcé ces dernières pajoles , (pie sans doute il tenait a rendre gra
cieuses, avec l''expression trun homme qui veut envoyer Tunivers k Satan.
On observa que le marquis se sentit un peu soulage de ce qui venait de lui être dit , bien que ses yeux attachés sur son créancier , conservassent une expression indéfinissable d''effroi et de dégoût.
Le maitre-d''hotel , tandis que deux valets de pied ouvraient les battans de la porte principale de la salle a manger, annonça, selon Tusage, que le souper était servi. Le marquis restait comme frappé de la foudre et oubliait de donner la main h la vieille marquise de Rochochouart, a laquelle, la veille et le malin, il avait fait celle politesse comme à la femuKî la plus qualifiée de la réunion : un de ses petits-fils répara son inadvertance.
L''inconnu passa comme les autres dans la salle à manger, suivi li pas lents par le marcpiis auquel il fit signe qu^rne place man([uail pour lui.
— Prenez la mienne, dit M. de Foix , aussi bien
Il s''arrèla au geste iin|)érieu\ cpic Pinconnu 1. .. 18