‹ Soirées de Walter Scott à Paris (volume 2)Chapitre 2 sur 17 · SUR MONSIEUR JACOB · texte numérisé non relu

SUR MONSIEUR JACOB

qui ne ressemble pas mal à des caractères sams= krits. Mais on aime à sedislin^^uer du vulgaire , et le bon M. Lacurne de Sainte-Palaye , me ré= pétait souvent : « Notre moyen â^e aurait pour nous la moitié moins d'attraits, s'il était plus connu; mais, Dieu merci, c'est une mine qm ne sera pas épuisée de long-temps. » Et voda cpic l'on commence maintenant à exploiter la mine. Je l'avouerai à ma honte , je préfère Rabelais à Homère, et les vieux romans de Lancelot et du Renard me semblent de l'Arioste , ou mieux encore. Les tensons des troubadours se rappro= chent souvent de la fadeur fleurie et galante de MM. les chevaliers Dorât , Bertin , Parny , qui n'étaient rien moins que de l'ancienne chevale= rie • mais en revanche , les trouvères de la langue d'o/7, trop dédaignés qu'ils sont, me semblent de vrais poètes dans leurs lais, où la naïveté s'unit à l'imagination. Rutebeuf m'agrée autant qu'un classique du grand siècle.

Mais je le dirai à qui voudra l'entendre, Ra= bêlais pour moi est tout, et je chéris jusqu à ses défauts. L'habitude rend aveugle , et voilà bien des années que je le relis, quoiqu'd soit tout en= tier dans ma mémoire; c'est delà passion , si vous voulez , mais à l'exemple du cardinal

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DubcUay , j'ai un singulier mépris pour qui» conque n'a pas lu le Livre.

Il est impossible que cet amour des anciens n'empiète pas sur celui des modernes ; j'estime, j'admire même un auteur récent, mais avec telles restrictions qui me conviennent. J'oppose toujours ceux-ci à ceux-là, Rabelais à tous; Froissard et Monstrelet à MM. Vertot et Anque= til ; Pierre Blanchet, auteur de la Farce de Pa= ie/m, àRegnard ; Robert Wace, à M. le comte de Tressan ; Clément Marot , à La Fontaine; ainsi des autres. A dire vrai , les points de comparai» son me manquent souvent , et pour ne pas don= ner tort à mes vieux écrivains, je suis forcé d'oublier quelques-uns des nouveaux. Molière et M. de Voltaire sont difficiles à détrôner; mais je me console en faisant entrer bon gré mal gré , dans mon parti, Montaigne et le grand Corneille.

J'ai de précieux manuscrits sur vélin, avec des lettres d'or et des miniatures d'un fini achevé. Je citerai , entre autres , un in-folio , contenant \2l Légende dorée deYoragine, lequel a exigé dix ans de travail de la part du copiste ; et la vie d'un homme est si courte l

En un mot, je suis aussi savant qu*on peut l'être sur cette matière , et si Alain Chartier ou

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