SOIRÉES OB WALTEE SCOTT
sa maîtresse , qui ne fit pas semblant.de le voir ; et , piqué de cela, écrivit de gentib reproches sur un papier qu'il roula dan/s uAe pâte odorante , nonobstant les signes dé la dame ; il visa si juste avec sa sarbacane que la dragée tomba dans Pappartement , au grand efiroi de madame deBeaufremont , dont le mari aussitôt avança la tête à la croisée pour observer qui c'était. Mais bien que la colère apparût sur tous ses traits , il ne dit rien et ne fit rien non plus , sinon que le lendemain , ayant été au Louvre , il se plaignit au roi de l'audace du mignon , sans qu'on lui promit droit et justice. Le soir même ^ il se posta près des Tuileries et attendit Camille qui s'en allait en mascarade : « Monseigneur, lui dit-il si tranquillement qu'il semblait de bonne humeur, hier n'envoyàtes-vous pas chez moi une dragée? » £t comme l'autre hésitait à répondre ,' il ajouta : « Je ne suis pas homme à vous faire tort, et veux vous la rendre. » A ces mots , il lui tira à bout portant un coup de pistolet qui l'étendit mort , de sorte que le sourire lui restait encore à la bouche. Le roi laissa cette affaire s'assoupir d'elle-même^ crainte des suites.
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