‹ Soirées du Faubourg Saint-Germain [causeries du beau monde]Chapitre 4 sur 7 · ROG. M · texte numérisé non relu

ROG. M

a Ceux qui m'aiment me pardonneront de n'avoir pas fait ce sacrifice pendant ma vie; mon mari vivait , et je ne pouvais disposer que de la moi lié de mes biens. »

Depuis huit ans , la vieille gouvernante ne bougeait plus de son grenier. Insouciante comme la tombe, Sarah laissait moisir les meubles. Ses provisions étaient déposées dans un panier qu'elle remontait de la rue au bout d'une corde. Quand le panier ne descendrait plus , Sarah serait morte; l'hôtel passerait aux hospices ; car Sarah en est sortie. De rien elle retournera à rien. Tous les trois jours, un seul être la visitait. Rog, non le Rog d'autrefois, vif quoique laid , généreux quoique sale; mais Rog, hideux de vieillesse et de débauche , payant les égaremens de sa jeunesse par une oreille laissée entre les dents des dogues de bouchers. Il grattait, et on

Page 1