ADDITION
Lettre GGXLVIII. — Edit. Michel Léyy, II, 277-278.
Lettre adressée à M"^* Romain Colomb. Beyle dit à sa cousine qu'il craint que son cousin ne couve une maladie, il hii conseille d'emmener Colomb à la campagne, et il termine par : « Enfin, consolez-vous. Si vous le perdez, je vous épouserai. » Colomb ajoute — la chose est si grotesque que je prends une loupe
pour mieux voir — « comme nous en sommes contenus TOUS TROIS. »
Brave Colomb ! tu es tout entier dans cette merveilleuse addition et nous te remercions de la joie que tu nous procures.
LETTRES INÉDITES (i)
A M. Renouard, libraire-éditeur à Parh,
Paris, le 3 janvier iSa'B^
Monsieur,
M"** Belloc m*a fait l'éloge des rapports simples et francs que vous avez avec les auteurs dont vous publiez les ouvrages. Dans deux mois j'aurai à placer le manuscrit d'un roman (2), en 3 volumes in-12, écrit à peu près du style de la Vie de Rossini,
(i) Elles ont été copiées par M. Adolphe Paupe, Tauteur de VHistoire des Œuvres de Stendhal, sur les manuscrits appartenant au vicomte de Lovenjoul.
(a) C'était Armance ou quelques schnes d*un salon de Parii en 1827. (R. C.)
a6o SOIRÉES DU STENDHAL CLUB
J*ai cherché, dans ce roman, à peindre les mœurs actuelles, telles qu'elles sont, depuis deux ou trois ans.
Mon premier soin a été de ne pas m'écarter du ton de décence de Marguerite Aymon(i), Enfin, l''on ne devinera pas si Fauteur est ultra ou libéral.
Vous conviendrait-il, Monsieur, de traiter de ce manuscrit ? Je vous prie de me garder le secret ; deux de mes amis se sont chargés de placer cet ouvrage et je ne voudrais pas que les maisons de librairie avec lesquelles ils ont des relations connussent qu'il a été offert à d'autres.
Je suis, etc. (2).
A M, le Baron de Mareste à Paris.
Paris, le... août 1837.
Cher et obligeant ami, c'est en vain que, hier, je me suis rendu de ma personne chez M"* Schiassetti.
(i) Roman en 2 vol. in- 12, de M"* de Cubière, femme da Colonel, (aujourd'hui en i846 lieutenant général) publié en
(3) Copie de Romain Colomb d'une lettre de Beyle, qui devait faire partie de la Correspondance inédile , publiée en i855, et qui fut écartée par Mérimée ; la copie porte de sa main, en tète : supprimer et est biffée en croix. (A. P.)
Ayant aflaire ce matin, je vous adresse :
i** Le passeport à l'étranger de ma sœur.
2* La demande de M"* Bazire-Longueville accompagnée d'un ancien passeport.
Il faudrait, pour ces darnes^ deux passeports pour toute l'Italie, passant par le Simplon ou le mont Cenis.en ayant soin d'inscrire Suzette Rivière, la femme de chambre de ma sœur, qu'elle emmène.
Ces dames iront retirer leurs passeports, se faire voir de vous et signer ; je leur ai promis que vous ne les mangeriez pas, et même les traiteriez avec bonté.
Si le grand homme n** 4 est bien ridicule, en revanche il est bien obligeant. Quoiqu'il eût dans le derrière un lavement d*o/)i«m, pour ses entrailles, je l'ai mené chez Rapiily, garçon très honnête, quoique libre, aux Variétés ; lequel a dit : « J'ai tous mes fonds dans mon Marot, . je ne puis rien faire avant le printemps, d
De là nous sommes venus au Constitutionnel lire la pre* mière brochure de M. de Chateaubriand ; la seconde parait lundi et sera plus étoffée.
Ensuite, j'ai traîné ce pauvre garçon, avec son cly stère, chez M. Âmbroise Tardieu ; il a trouvé M. Béchet fils,
Tardieu a dit : « L'auteur est une bête de n'avoir pas (( fait sa 3* édition en même temps que Rossini{i) ; deux « ou trois cents acheteurs de Rossini sont venus me de- « mander Rome^ Naples et Florence en 1817, »
Buchon a dit à Béchet : « En voulez-vous pour i .aoo fr. ? — Béchet a répondu : « C'est beaucoup, cependant nous
(i) Il s'agit de sa Vie de Rossini. (R. C.)
(( nous arrangerons ; mais mon père n'est pas ici ; il arrive (( le 26 août, voyons-nous le 26. »
Je pense donc qu'il faut attendre le 26,
Peut-être serait-il bien d'écrire à Delaunay : « M, B* « ne revient que le 27 de la campagne ; comme vos con- (( ditions ne sont pas les siennes, il vous rendra réponse c( alors. »
M. Sautelet vous at-il envoyé ses remarques ? Ce soir^ à onze heures, je serai chez M"* Pasta (i).
Choppbt.
A Madame Virginie Ancelot à Paris.
Paris^ ce jeudi... j8a8.
Madame,
Je été à la campane tou ce jour ci : mè com il ni a poin de plézir san compensasion, je nai paz u le boneur de vou rencontré.
(i) Copie de R. Colomb, biffée en croix avec la mention de de Mérimée : supprimer, (A. P.)
Kan Youz auré fini Vane mor(i) seré youz asé bone pour le renYoyé à M. Gonssolin.
n'* 34 rue du bac Agréé mé respec
Chinchilla (2).
A Madame Jules Gaulthier à Paris.
Paris, le 7 janvier iSâ^*
Ma chère et aimable amie, lundi j'ai promis d'être ea ballon. Je serai heureux de paraître chez M""* Yotie sœur un autre jour. Je ne yous blâme en aucune fa^on; mais je trouve que vous vous moquez de votre
très humble serviteur^
TiMOLÉoN Gaillard (3)«
(i) Roman de M. J. Janin ayant pour titre : L*âne mort oa h femme guillotinée, (R, G.)
(a) Copie d'une lettre d'Henri Beyle, par Romain Ccflomb, portant la mention de Mérimée : supprimer.
(3) Copie d une lettre d'Henri Bejle« par R. Colomb, «uppri-
A M, Bonnaire, Directeur de la Revue des Deux Mondes,
à Paris.
Paris, le ai (i) mars i84a.
J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 7 mars. A quelques petits déatils près, j'adhère à toutes vos conditions.
Vous me donnez votre parole d'honneur, de ne changer aucun mot au manuscrit (comme le cœur brisé dans VAbbesse de Castro)»
D'ici à un an, je vous livrerai le manuscrit de deux volumes de Contes et Romans, formant deux volumes comme La Chartreuse de Parme, environ 16 ou 17 feuilles de la Revue,
Ces deux volumes seront payés 5. 000 francs.
mëe par Mérimée et mentionnée ainsi par Colomb dans sa nomenclature de la Correspondance de son ami : Laconisme du mécontentement.
Cf. Lettre de cette correspondante, du a 5 décembre i836. Comment a vécu StendhaU p. i53. (A. P.)
(i) Cette lettre est probablement la dernière que Beyle ait écrite, puisqu'il fut frappé de Tattaque d^apoplexie à laquelle il a succombé, le a3 mars. (R. C.)
Tous les deux mois je vous ferai parvenir une nouvelle, laquelle sera signée : Stendhal, Vous pourrez l'insérer dans la Revue des Deux Mondes, Vous aurez le droit de réunir ces romans en volumes in-8°, tirés à sept cents exemplaires. Après cette édition in-8° vous aurez, en outre, le droit de faire une édition in-i8, format populaire, tirée à 3.000 exemplaires, le tout signé Stendhal,
Ces divers droits seront payés sur-le-champ la somme de quinze cents francs.
A l'insertion de chaque nouvelle, elle sera payée cinq cents francs ; la somme totale de 5.ooo francs sera complétée lors de la publication de l'édition in-S**.
Au moment où paraîtront chacune de ces éditions, vous me ferez remettre douze exemplaires de chacune, ou la somme de 60 francs.
Dans le dessein de corriger les erreurs littéraires, j'aurai le droit, à chaque nouvelle édition, d'effacer une page et d'en ajouter deux ou trois.
Ci-joint ma quittance des quinze cents francs.
Recevez, Monsieur, etc.
H. Beyle.
P, S, — Si vous faites des annonces ou publiez des catalogues, je vous prierai d'y placer les titres des ouvrages de M. de Stendhal (i),
(i) Copie de Romain Colomb portant la mention : supprimer. Outre l'intérêt qui s'attache à cette lettre par sa date, elle confirme la juste appréciation de M. A. Cordier sur Sainte-Beuve à regard des rapports de Balzac avec Stendhal.
Cf. Comment a vécu Stendhal, pp. 173-175. (A. P.)