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LA DUCHESSE DE BERULLE, BANTI ET BURRHUS

CONSULTATION EN TIlVEUR DE LA^ DUCHESSE DE BERULLE VQVK BAHTI (l)

3 avril 1811.

Le 3 avril rSii, me promenant à Monceaux, je rencontrai l'aimable Ranti, rêvant seul, au milieu des bosquets. Je le trouvai plus pensif qu'à l'ordinaire. Il parut d'abord fdché de me trouver sur son chemin,

(i) Cet page» ont Hi écrites en 1811. Rllei comblent en partie ta lacune qui sépare le 3 mai 1810 da 18 jaiUet 1811 daat U Journal de Stendhal. SUadhal Us relit en 1819. De cela, on a pour marques diittrses notes eoasiinées en marge du manascrît et gu'oa lira ici on bas des pages et la note suivante quifigare sur la coaverlare da cahier : « Relu avec beaucoup d'utililé ot pour la première fois je croîs, huit ans après, le a8 avril 1819, je trouve

mais sortant peu à peu de sa rêverie, il m'en confia le sujet et me priant d'y songer, il me proposa la question suivante :

Dois-je ou ne dois-je pas avoir la duchesse ?

Je lui promis de répondre à sa demande, et,. comme je m'intéresse à lui, je vais essayer de mettre mes raisons par écrit pour les lui communiquer demain. Ainsi :

Bantî doit-il ou ne doit-il pas avoir la duchesse ?

L'âme de M™" de B., dégoûtée des jouissances de vanité que sa fortune lui procure depuis six ans, a besoin de quelque sensation nouvelle et occupante. Elle commence à ne plus trouver de plaisir à faire sa cour ( i ). Ceci n'est pas très sûr, mais ce qui Test, c'est que le goût de la danse commence à lui passer ; probablement, crainte de ne plus danser aussi bien : sa danse est changée, elle marche plutôt qu'elle ne danse, ce qui est absolument contraire à sa manière d'il y a deux

Banti bien singulier, bien faible, bien timide et la pauvre Alexandrine bien malheureuse d'aimer un homme à visions. — ag avril 1819. Mad for Métilde. »

Sous le nom de Bantî, Stendhal se délivre à lai-jnême une con-^ sultation pour savoir s*il doit ou ne doit pas avoir la duchesse de Bérulle.

La duchesse de B,„ est la madame Z,,, du Journal de Stendhal, page 35à : <( Tout cela se termina en six minutes, dit-il, deux mois après, et je Tai eue un an de suite, six fois par semaine. »

(i) La cour do l'Empereur,

sort toujours à minuit ; il y a deux ans, elle parlait sans cesse du plaisir qu'elle y avait, elle dansait 19 k 20 contredanses et en sortait à 4 heures.

C'est une femme de 27 ans, assez d'embonpoint, cheveux châtain foncé, sourcils noirs et très fournis, œil petit et assez ardent, aimant beaucoup le mouvement. Tout annonce un tempérament ardent, du moins c'est l'opinion des personnes qui la connaissent. Ses traits annoncent de la force, de la rondeur et de la gaieté dans le caractère.

Voici maintenant les traits que nous croyons, ainsi que Banti, discerner dans ce caractère.

Elle a été élevée dès sa plus tendre enfance dans les liens de la méthode la plus exactement observée, d'une méthode qui n'a jamais souffert d'exceptions. Elle a été élevée par une mère ressemblant beaucoup ù Mathilde de Delphine. Cette mère est actuellement une grande femme sèche de 55 ans. « Vous tireriez plutôt du sentiment et de l'esprit du bois de mon fauteuil, que de M"" Mathîlde », disait le comte C. de R. ; c'est en effet une femme de fort peu d'esprit, voyant mourir sans sourciller tout ce qui l'entoure, accomplissant toujours ses devoirs à l'heure dite, ne s' ennuyant jamais, ayant toujours une figure riante, mais qui n'offre pas la moindre apparence du sen^ment. Pour elle, les mots de bonheur ou de malheur provenant des affections n'existent pas, elle appelle folie tout ce qui

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fait notre bonheur ou notre malheur, et on sent qu'elle l'appelle folie parce qu'elle le croit folie (i).

Sa fille et elle sont des femmes aussi peu dissimulées que le monde le comporte.

Voilà la femme qui a élevé la Duchesse sans tendresse et sous Tempire des règles les plus strictement observées. Une religion sèche et dogmatique est la règle inaltérable des actions de la mère. Elle ne va jamais au spectacle, s'est brouillée à jamais avec une de ses sœurs qui a divorcé.

J'ai eu toutes les peines du monde à tirer ces faits de Banti, qui paraît sentir une vive amitié pour la mère et une reconnaissance mêlée de beaucoup d'amour pour la fille. Il voit tous ces faits du beau côté, et je lui faisais de la peine par mes questions qui lui découvraient, malgré lui, ce qu'elles pouvaient avoir de moins louable. Je ne l'ai amené à me les détailler qu'en le poursuivant quatre heures durant par mes raisonnements (2).

La mère jeûne tout le carême, elle passe sa vie à lire des livres de piété à des heures réglées que rien ne lui fait changer, à faire des visites à ses filles et à quelques connaisancesy et à faire le soir deux ou trois parties de vyrhist ou de boston où elle se trompe en donnant, quoiqu'elle donne depuis quarante ans.

(i) Vrai. Relu pour la seconde fois peut-être, 8 ans après, le 38 avril 18 19.

(a) Cet alinéa a été barré en 1819 par Stendhal,

qu'elle s'est faîte le matin, c'est son bonheur. Elle prétend qu'elle n'aime pas le monde, que c'est son mari qui l'aime ; elle reçoit le .... de chaque semaine ; elle a huit ou dix parties composées de gens qui veulent faire leur cour au duc et à la duchesse.-

Son mari, d'nn caractère très sanguin, a été le plus

aimable, le plus gai, le plus f. des hommes: il était

financier riche et aurait été fermier g'' sans la révolution. 11 est entièrement éteint et a l'hilarité de l'enfance (radote gaiement). Ce mari n'a jamais causé à sa femme d'autre chagrin que d'e r ses femmes de chambre.

Sa famille et lui passaient quatre mois de l'année à la ville et huit mois à la campagne. C'est là que la mère élevait ses filles dans les règles strictes dont j'ai parlé. Le père les aimait, était gai avec elles et ne se mêlait pas de leur éducation. On dit qu'il les embrassait, et il les embrasse encore, avec volupté.

CARiLCrEKE DE LA DUCHESSE

1° Religion.

Le trait marquant du caractère de la Duchesse est d'accomplir sur-le-champ et sans nulle peine tout ce qui est commandé par le devoir : ainsi, aller tous les jours chez une soevir Doalade, faire régulièrement des

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visites à des parents ennuyeux, sont pour elle des choses toutes simples.

Elle a beaucoup de religion, disent tous ses amis. Cette religion nous paraît une suite des habitudes que son éducation lui a fait contracter et d'où cependant elle est un peu tirée par là force des circonstances où elle se trouve. Ainsi cette religion nous paraît un mur qui n'a pas de fondement et que la première volée de canon peut faire crouler. Elle aimait le bal et elle a bien vite pris son parti sur ce point, elle y va pendant tout le carême ; il nous semble donc qu'elle peut faire beaucoup d'actions contraires à la religion, mais sans renoncer à ses pratiques, sans même renoncer à en parler. C'est une religion qui n'a rien de moral.

Son mari plaisante continuellement sur la religion, toutes les fois qu'il se laisse aller au penchant naturel de son esprit qui est la plaisanterie qui fait sourire parce quelle rappelle une circonstance de notre vie ou ce que nous savons. Cette plaisanterie est sans pointe et sans finesse. C'est le sourire produit par une citation,/ un vers sérieux appliqué à une circonstance plaisante, etc.,

2** Aptitude de son âme à une passion.

Cette aptitude n'est pas fort grande, la rêverie mélancoUque lui est tout à fait inconnue ; son activité l'en a éloignée jusqu'ici : il est probable qu'une passion

étant pour elle une chose nouvelle l'intéresserait beaucoup. Je suis parvenu à produire en elle un peu de rêverie sur l'amour, par la lecture des romans.

Il me semble que M"" de B. commence à être susceptible d'ennui, probablement elle commence à avoir l'idée d'un bonheur supérieur au sien. Cet état a été amené par les circonstances, ainsi que nous l'avons dit, et beaucoup par Valmont qui lui a fait goûter des romans. Ge qu'il y a de certain, c'est qu'elle énonce des maximes sur le bonheur qui étaient loin de son caractère il y a quelques années. En général, quand elle parle, elle a un peu l'air de réciter sa leçon. Cet air était frappant il y a quelques années lorsqu'elle parlait de romans, d'amour, de bonheur. Actuellement, au contraire, elle a un petit aie rêveur.

3° Comment prend-elle le bonheur et le malheur ?

Le malheur par un accès de larmes : elle fait des visites et deux heures après il n'y parait plus. On sent que son éducation l'a entièrement éloignée du genre sentimental de s'exagérer ses malheurs et de les exagérer aux autres. Elle y pense très peu, elle n'y pense que lorsqu'elle pleure. Dans les grandes occasions, elle pleure deux ou trois jours de suite, naturellement, sans aucune feinte, comme on est malade.

Le bonheur augmente son activité et l'aisance de son esprit : nous croyons qu'il n'y a pas de bonheur

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capable de la faire pleurer. (Les faits nous manquent làdessus..)

Avril 1811.

4** Quelles sont ses maximes relativement au bonheur et jusquà quel point peut-on croire quelle suivrait ses maximes ?

Ses maximes, qu'elle répétait beaucoup (d'une manière pédante) il y a quelques années, sont qu'on ne peul trouver de bonheur que dans la sagesse et la pratique de la religion. Elle a vu, sans se Tavouer peutêtre à elle-même, que ce qui rendait heureux était de s'occuper fortement de quelque chose, et, comme les femmes sont environnées d'une atmosphère d'amour par les romans, les romances, la musique, le spectacle, les anecdotes, les plaisanteries des hommes, nous pensons qu'elle croit (toujours sans bien se l'avouer à elle-même) que le bonheur est dans l'amour. Cette croyance est encore fortifiée par la curiosité, puisqu'il est probable qu'elle n'a jamais éprouvé l'amour ; il nous semble qu'elle arrive seulement à la puberté (f..... avec plaisir d'âme et plaîsir des sens réunis, jusqu'ici elle n'a guère eu que le plaisir des sens).

Ainsi, nous pensons qu'elle ne suivrait pas du tout SCS maximes.

5° En admettant qu'elle eût an amant, qu'exi^netttlle de lui ?

Prudence et cODstance. Les faits nous manquent entièrement.

fi" Quelle influence son mari aurail-ît sur le combat livré avant la prise de l'amant, c'est-à-dire les devoirs conjugaux seraient-ils d'un grand poids dans la balance ? Quelle idée aurait-elle de Banti manquant à la reconnaissance envers le Duc ? et d'abord verrait-elle que Banti manque à la reconnaissance''

11 nous semble que les combats ne seraient pae si partiels ; il y en aurait un livré entre l'amour et tous les liens retenants. Nous ne croyons pas qu'on puisse attendre qu'elle se donne : elle sera emportée dans «n moment de trouble, à la campagne, l'été, à huit heures du soir, deux heures après un bon diner où elle aura beaucoup parlé. Elle croit Banti un homme qui a éprouvé et inspire les sentiments les plus violents, «t qu'aucun sentiment, de crainte ou de devoirs quelconques, ne peut arrêter dans la satisfaction de ses passions. Elle n'opposera point à Banti les liens de la reconnaissace, ce n'est point une femme à mettre tant d'esprit dans sa défaite, et, une fois qu'elle se sera avoué son amour pour Banti, elle sentira qu'il faut que cet

amour marche aux conditions du caractère de cet amant impétueux.

7** Gardera-t-elle longtemps Banti ?

Trop longtemps : par la position de sa société, Banti est le seul amant qu'elle puisse avoir. Banti a été amené à cette situation par les droits de sa naissance et par quatre ans de soins.

Serait-elle jalouse ?

Nous pensons qu'oui. Elle se dirait : a Banti a eu beaucoup de femmes, il est fait pour en avoir, il en a l'habitude et moi j'ai 27 ans et six enfants (i). »

8° Une'fois t amant pris, n aurait-elle pas des remords qui augmenteraient sa passion et la difficulté de la quitter ? Haïrait-elle V amant qui la quitterait ? Comment le haïrait-elle ? à quel degré ? ou bien, en conserverait-elle un tendre souvenir ?

Les remords sont probables, surtout si l'amant lui fait des infidélités.

(i) Si jamais M°»« de Béralle surprend cette consultation, Teffet sera probablement de la rendre sage à jamais, en lui inspirant une méfiance extrême pour tous les hommes. (Moyen à employer par un mari.)

susceptible de haine, ce qui est bien peu. Sa haine consiste à ne pas parier des personnes haies. Dans ce cas, elle serait augmentée par la crainte de l'indiscrétion de l'amant. Il y a des gens dont elle dit ouvertement et avec vérité, qu'elle ne les aime pas, par exemple, les fats.

Elle n'aime pas Pacé, qui s'est permis des sarcasmes contre her mothec.

Elle est jalouse of Pacé's wife ; mais tous ses sentiments haineux ont très peu de consistance : elle plaisante toujours très gaiement wilh Pacé.

9° Conjectures sar têtal actuel des idées de M. de Béralle au sujet des rapports de Banti avec M"^ de B.

L'intimité qu'il commence à accorder à Banti semble prouver qu'il n'a aucune espèce de soupçons. Il regarde sa femme comme éprouvée, il a eu des craintes et depuis il ne lui a connu aucune faute.

10° De quoi M"' de B. rit-elle aux éclats ?

Il" Quel genre d'empire a-t-elle sur M. de Bérulle? Est-ce par Jinesse qu'elle l'amène à son but ou par

gaieté remportant naturellement? Se fait-elle un caractère pour lai ? En a-t-elle une haute idée ? Y a-t-H

de la tendresse dans ses manières avec lui ? Quelles attentions a-t-eUe pour lui ? En rit-elle en son absences?

Lorsqu'elle est entrée dans la famille, elle a eu pour anlagoniste sa belle-mère, qui a toutes les idées étroites des bouFgeoises d'une petite ville, fortifiées par une vie passée exactement dans les pratiques d'une religion sèche. Elle a élevé ses filles sans jamais les caresser et sans jamais rire avec elles, mais elle a fait trente ans de suite les honneurs d'une grande maison où se trouvaient souvent de grands seigneurs. M"® de B. entrant dans eette famille a eu pour antagoniste ce caractère dont les petites idées étaient d accord avec la timidité de son mari. Elle a eu recours à sa conseillère naturelle, sa mère, et là peut-être a commencé leur intimité, car il paraît que dans toute sa jeunesse, M"**" de B. a été vue avec une espèce d'aversion par sa mère. Elle dit quelquefois que sa jeunesse n'a pas été heureuse, de manière que je suis convaincu que dans ses entretiens si souvent répétés avec her mother, the husband est toujours regardé comme un homme qu'il s'agit de mener et dont il faut disputer les actions à l'influence de sa mère et de sa propre timidité. Cette manière de voir un homme, passée en habitude, exclut toute sympathie d'amour (i).

{i)' Ea marge de cet alinéa^ on lit de la main de Colomb et au crayon : M'"^ Z.

Sa femme l'a toujours regardé comme un homme trop âgé, et il avait la simplicité bourgeoise et inlovelacieanc de le lui répéter dix fois par jour en l'embrassant. 11 frémissait à chaque instant de la journée de la crainte que sa femme ne fût pas sage, The mother of the wife s'est facilement aperçue de cetie crainte et s'en est servie pour le mener. Ainsi on lui a parlé des égards, des plaisirs qu'il fallait accorder à une jeune femme pour qu'elle n'en cherchât pas de dangereux, etc. L'habitude est contractée maintenant, la crainte d'être alBché par sa femme a cessé et il ne reste plus que celle d'être boudé, d'avoir des scènes intérieures lorsqu'il vient de travailler 12 ou i5 heures de suite (i). Il peut s'excuser facilement pour les choses de la maison et de la société en les regardant comme au-dessous de lui et se consolant par la pensée des grandes affaires dont il s'occupe tous les jours, et cependant il nous semble évident qu'elle ferait employer un général de brigade que the husband croirait inhabile (a).

The husband a horreur de tout ce gui sent trop le grand seigneur, des livrées, des chevaux, des voitures. Voici comment nous expliquons cette horreur.

Il a été un jeune philosophe du xvui" siècle jusqu'à 26 ou 27 ans, mais sans profondeur et sans mélancolie ,

(i) C'est-k-dire do bo Bcher n ou i5 heures el c'est ce qui la fait actuellement exiler aux volont6s de ti femme. (3) Elle cache fort bien son empire.

l\0 SOinÉES DU STENDHAL CLUB

et toujours avec une timidité d'esprit venant de la timidité du caractère.

Cette timidité a été fortifiée par sa prison en (i) Angleterre et par le voisinage de la mort. Tout cela a produit chez lui une horreur du faste, sa femme au contraire le voit avec plaisir. Elle est parvenue à avoir raison là-dessus : ce n'est pas en lui le chagrin de se séparer des écus, il a conservé de son éducation philosophique la générosité ; il envoie très hien lo louis à une femme malheureuse.

Ainsi, c'est par un calcul suivi rondement que M™® de B. l'emporte sur son mari. Elle est incapable de se faire un caractère.

Elle a une haute idée de son mari dans les fonctions qu'il remplit auprès de Sa Majesté (2), mais elle croit qu'il manque de finesse et d'élégance, et on n'a jamais une bien grande idée de l'esprit d'un homme qu'on mène.

Ils sont toujours en public sur le ton plaisant, cette plaisanterie n'a ni force ni finesse. Les objets ordinaires en sont la jalousie, rentrer tard, rentrer accompagnée par de jeunes princes, the husband ayant fait une partie avec de jeunes femmes. Leur ton est celui

(i) En marge da manuscrit, îci^ une noie de Colomb au crayon : pour détourner. Stendhal n'a donc écrit cette invention des pon tons et d*une mort entrevue que pour donner le change sur la per» sonne, objet de cette dissection anatomique,

(2) Cet alinéa a été barré à partir de ce mot.

part, comme de lui donner de petits coups sur le arse, en passant tes portes.

Lorsqu'il se fâche eu revenant de travailler, elle fait tous ses efforts pour le calmer ; là tout est troîd et raisonnable.

Il paraît qu'elle en rit, quand l'occasion s'en présente, avec sa mère, mais elle ne voit pas son mari tout à fait d'en haut, elle le regarde, a peur de sa colère, et elle répond à un conseil qu'elle trouve utile : « Oui, oui, c'est bien aisé à dire, mais moi j'aime ma paix. >

12° Tendresse maternelle.

Elle aime ses enfants froidement et raisonnablement et comme pour remplir tous ses devoirs, elle les a sans cesse avec elle ; ils l'ennuient par leur tapage, leurs demandes, leurs questions, etc.

Elle me disait qu'elle ne voulait pas s'attacher au comte Alfred, son fils aîné, parce que « ces attachements si vifs portent malheur ». Là-dessus elle raconta le véritable trait {ou plutôt ce qui passe à ses yeux pour un très grand trait) de mère, qu'elle fit à la mort de son fils aîné. Elle s'élança de son Ut toute nue, traversa plusieurs pièces où elle pouvait rencontrer des domestiques, et alla se jeter sur le corps de ce pauvre petit enfant auquel on avait oublié de fermer les yeux.

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