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AU DAHOMEY

Aussi, il y en a, des figurants! dans ies dessous! dans les combles! partout! Si j'étais méchant, j'insinuerais qu'il y a plus de monde sur la scène que dans la -aile, mais je ne suis pas méchant.

Le premier tableau est dû — les autres aussi, d'ailleurs — à M. Jambon, un décorateur très ité, dont le nom appétissant s'étale souvint sur hs a llielies portées par les hommes-sandwich (je ne sais si je me fais bien comprendre). Il représente le Pont du Tibet, paquebot affecté au transport de l'infanterie de marine envoyée à Kotonou, — un pays où il y a du Koton ; le grand mât se perd dans les frises comme le vaisseau de X Africaine, mais les passagers ne profitent pas de cette similitude pour chanter des airs de Meyerbeer. Je- leur en saurai gré toute ma vie.

Deuxième tableau : Les rives de VOuetné; une factorerie (ma voisine croyait qu'on allait nous montrer des facteurs dans une succursale de l'Hôtel des Postes), on y a bien installé des postes, mais militaires ; bananiers, arbres à pain, et palmiers presque aussi beaux que ceux dont s'enorgueillissait le jardin Mabille — ô ma jeunesse! — au temps où je faisais mon droit de travers.

Troisième tableau : Les docks, où nous revoyons encore le colonel... Docks; enfilade de hangars, ballots apportés par des nègres que l'on voit aller et venir au fond de la scène, et qui ne sont pas, je \011s le dis en confidence, les seuls points noirs de la pièce.

Quatrième tableau : La surprise de Dogba. Une vue de brousse (rien de l'odieux politicien socialiste). La colonne expéditionnaire sommeille sous la garde de Friquet-Pougaud, fusillier macrostome. Li - noirs se jettent sur notre infanterie de marine qui recule ; le commandant Faurax tombe frappé à mort, on lui porte les armes ; la légion étrang< re refoule les amazones, la victoire est à nous. Vive la France! Les patriote s du poulailler iltent.

Cinquième tableau : L'assaut de Kana ou, malgré ce nom, les nègres ne sont pas à la noce. Be-

hanzin sur un trône bleu ciel, des faux dieux, des fétreheurs, des amazones en maillots cachou qui hurlent comme des choristes de l'Opéra, M : José Laurent, première danseuse, qui gigotte éperdument, un prisonnier français qu'on jugule en dansant, et une quantité de huttes toutes petites, véritable symphonie en huttes mineures.

Sixième tableau -.L'ambulance, trois lits à droite, trois lits à gauche. Soins éclairés. Glorieux blessés. Odeurs de phénol. Le colonel reconnaît son lils Jacques qu'il décore entre tous après cette bataille, pour sa grande bravoure et pour sa haute taille.

Septième tableau : Behanzin. Le roitelet nègre est dans le marasme et dans une salle de son palais qui, avec sa décoration de.tétcs de mort et de tibias, ressemble à un cabinet de somnambule.

Huitième tableau : L incendie. En sa fureur, le Rostopchine noir met le feu à sa capitale d'Abomey. Alors elle brûle, ce qui la distingue des londrès de la régie. Cette acte abpmeynable n'empêche pas nos troupes de prendre possession de la ville. Le colonel les félicite et promet à chaque soldat un quart de vin. Comme ils le boiront sur, les Ruines, je pense que ce sera du Volney.

15 DÉCEMBRE. — Un journal du soir prétend que le scénario de la Souricière fut élaboré à Aix-les- Bains. Je le croirais difficilement, ces eaux reconstituantes ne me semblent pas avoir fortifié la constitution du vaudeville anémique de M. Brisson. D'ailleurs, l'impeccable Auguste Germaii établit irréfutablement que la pièce naquit à Pornichet, assertion dont la vérité est d'autant plus certaine qu'il se trouve un fort contingent de mots incompréhensibles, assurément bas-bretons, dans les répliques lancées par MM. Dupuis, Coopcr et le souffleur. (Ce dernier a un rôle des plus impor-

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