‹ Soirées perduesChapitre 105 sur 116 · LA SOURICIÈRE · texte numérisé non relu

LA SOURICIÈRE

tants et une diction parfaite. C'est lui qu'on entend le mieux.)

D'ailleurs, qu'importe la localité où. se perpètrent 1 s œuvres d'art Le pétomane n'a-t-il pas un succès fou bien qu'il prépare ses effets à Paris, tout bonnement, et non comme on pourrait le croire, à Cuba?

La Souricière date de trois ans déjà; elle fut reçue par M. Bertrand qui depuis... mais alors il était directeur des Variétés, pas décoré, non, mais si heureux, si tranquille au milieu de sa bonne troupe, qu'il ne songeait guère à quitter pour aller. sous prétexte d'étudier la mise en ne des Maîtres Chanteurs^ dormir de pénible s imeils dans les stalles inconfortables du théâtre îith. N pas non, cher monsieur,

je vous ai vu. Je vous ai même entendu, car vous liez comme un corttrabass-tuba.

Si ces troi ; dentaires ont attendu long-

irs directoriaux, ce n'est pas >eur aux Variétés du directeur actuel de l'Opéra, n'eût confiance en leur mérite — il n tant de flair — c'est tout bon-

îent parce que M. Bertrand, en lui passant la in (dans les cheveux), lui avait légué un stock

i à 1 coule r, entre autres

longue et lourde odyssée

d'un cord u volcanique et aphrodisiaque,

expert à allumer ses fourneaux et se \ patrons,

mais non la curiositc du public.

J'ai un ; onze mois qui marche

n'ont discus rent

et leu les in-

pleurs ( t des grincements nièré manifi : lirait,

du r 1 ■ {' nner que les esprits irréfléchis, puisque la pièce se pass< un cabi- . 1 l l'on affirme qu'un comédien

e à l'un é

auteurs, M. Albert Carré : « Je vous ai quelque part », reçut sans tarder au même endroit, quelque part, ce qu'en termes de vénerie on appelle les honneurs du pied.

Providence-Hôtel, de Londres, est une véritable « souricière ». L'honnête dentiste Boulistin, un peu trop lesté de coktails, pénètre sans s'en douter dans la chambre à coucher de Miss Stockson ; procès; condamnation; il épouse, le malheureux! Et il la ramène piteusement (flanquée de Mistress sa belle-mère) à Auteuil, où il reconnaît que sa femme virtuelle est la fiancée de son ami et associé Poker. Dès lors, comme rien d'irréparable ne s'était passé, on rompt, Miss Stockson (c'est Lavigne^ est conduite à l'autel par celui qu'elle aime, et Boulistin-Dupuis peut tomber dans les bras d'Henriette, la belle Lender, dont il est féru.

Tout le premier acte se déroule dans le local où le sieur Boulistin s'amuse à farfouiller les mâchoires de ses contemporains. J'eus la bonne fortune, d'avoir, hier soir, pour voisin de fauteuil, M. Crignier, président de l'Association odontotechnique, homme a'ffable qui, voyant mon ignorance des diverses opérations auxquelles se livrait, sur la scène, le dentiste Dupuis, voulut bien m'en donner la clef (de Garengeot).

— Voyez-vous, me dit l'exquis stomatologiste, ce Dupuis agit comme un âne. Conçoit-on qu'au lieu de traiter avec une rapide énergie la charmante Henriette pour son abcès des sinus...

— ... ? fis-je, en arrondissant les yeux.

— Oh! des sinus maxillaires; conçoit-on, dis-je, qu'il lui engouffre d'inutiles antiseptiques dans l'antre d'Hygmore ?

— C'est bien vrai, mon cher président. (Du diable, si je me doutais que Mlle Lender possédât un antre d'Hygmore!) Et ce client en chapeau gris, dont le rôle, destiné à Lassouche, est confié

Page 1