LE MAGE
tiplient, haletants, et les promesses se précisent, et la mélodie évoque les abords du Gymnase entre onze heures et minuit; je vous recommande le rallentando vs Ce sera comme un baiser! » Très ressifi dit la partition. J' t'écoute!!!
Malgré tout, Zarastra tient bon; enragée de cette résistance, Varedha s'en va, avec sa veste, et le prévient que son Anahita va épouser le roi du pays, un monsieur bien vêtu, coiffé d'une tiare à trois ponts.
Effectivement, on fait une noce, à tout casser. Dans le sanctuaire de la Volupté, au pied d'une statue haute de six mètres — représentant, sauf erreur, M"" Adinv. grandeur nature — se trémoussent des derviches tourneuses qui jadis, adorèrent Dagon, à en juger d'après certaines rémini- 3 de Saint-Saëns et Dalila (toujours drôle, s'pas ?). Tapages scandaleux, la fête de Neuilly et les trompettesdes Meister singer, le marchand de robinet, le vs sarussophone ^N qui beugle comme un Fafner influenzé; on s'enivre avec la liqueur Homa. inventée par Galli de / Intransigeant, que célébra Mireille, vous savez bien « Homa-Galli, ma bien aimée... » Quand tout le monde a son plumet, les portes d'or & Esclamonde s'ouvrent; oi sort d'une niche, Anahita sort d'une autre nielie ; la troisième niche, vous la verrez tout a l'heure, lui vain la pauvrette qui ne veut pas de amant couronné lui chante la berceuse-lame nion touranienne du premier. acte en la finissant, Cette lois, sur un accord majeur, parce qu'il y a
- de lover idem. En vain elle prophétise — ss comme une sibylle N dit le livret qui se souvient des services rendus par M"0 Sanderson — la venue de son peuple vengeur, autant recommander la continence à un gorille en rut. On entend un formidable coup de gong et Le mariage est prononcé. C'est ici qu'intervient la troisième niche.
Elle est bien bonne, la niche que font à leurs vainqueurs du premier acte [es Touraniens
revanchards. Ils bousculent tout, effondrent les escaliers, chambardent le Temple, égorgent le roi, jugulent le grand prêtre, massacrent Varedha et crapsent toute la figuration.
Le bon statisticien Zarastra s'occupe à recenser les cadavres avec un dégoût qui nuit à la cohésion de ses métaphores:
Varedha, les yeux vidée !
La haine rend vivants ?es yeux qu'emplit la mort !
quand il voit entrer Anahita. Ivresse. Frénésie.
« — Quel dommage que tu sois entré dans les ordres ! — Je m'en fiche pas mal ; mon seul Dieu c'est toi ! » Et il le lui prouve en affublant de paroles erotiques l'air religieux de l'acte précédent. Pour ne pas être en reste Anahita ajoute un temps à la phrase d'amour qui n'en comptait que trois au premier acte. On s'empile dans les extases. Patatras, Varedha ressuscite !
Décidée à tout, elle y va de sa petite incantation du feu et, maudissant les amants inquiets, elle supplie la statue de M"'c Adiny de les brûler de plus de feux qu'elle-même n'en sut allumer dans le cœur du Mage : « O flamme agrandie, sois sur eux brandie, et retombe en pluie aux flots crépitants, pour illuminer mes derniers instants ! » La fumée envahit la scène, les flammes escaladent les murailles, puis la statue incandescente s'effondre dans un gouffre embrasé d'où jaillissent des tourbillons d'étincelles. C'est splendide cet incendie. On dirait qu'il a été réglé par M. Carvalho.
Rassurez-vous, Zarastra commande aux éléments ; à sa voix, les vagues ardentes s'écartent pour le laisser passer avec sa dame. Varehda crève de rage, et le rideau tombe pendant que tonne à l'orchestre l'Hymne des Mages. Ouf!
29 MARS . — Une grande salle du faubourg Poissonnière (Théâtre d'Art) bête comme un Carnot en pain d'épice, avec des toiles de pom-