‹ Soirées perduesChapitre 26 sur 116 · LA VIERGE AUX MAINS COUPÉES · texte numérisé non relu

LA VIERGE AUX MAINS COUPÉES

Henri Mazel, diable retraité dans son Ermitage, méridional sans exubérance, binocle malicieux, m'a défini Pierre Quillard « le trait d'union entre le talent plastique d'Ephraïm Mikhaël et la manière rêveuse d'Henri de Régnier. « Le grand Ri macle, d'autre part — dutalent et des cheveux — lare la poésie de la Gloire au Verbe » magnifiée, éclatante, mais douce». Vous voyez, je m'informe, je cherche. Et les vers somptueux de la / Yerge aux mai us coupées m' apparaissent chatoyants, enveloppés de rêve et d'éblouissement, faits de flamme subtile et de claire harmonie, d'une infinie roublardise, au surplus, aussi vrai que l'auteur demeure i<>, rue Xollet. — (Non, mais savez, si vous connaissez un chroniqueur plus documenté que Willy, montrez-le, je demande à voir ! |

L sujet, que je sache, n'a pas encore tenté les vaud< villistes: une jeune fille que son père embrasse sur les mains, les lait trancher par le valet de chambre (sublatà causa, tollitur effectus). Mais (lies repoussent, et, comme la vierge aux mains coupées n'est pas d bois, tout me porte à croire qu'elle va commettre des impudicités avec le Roi qui lui promet :

e par del 1 les étendues

Son nom gl h'îi'lues.

!)<•< ancres l'encouraient, des anecs selon le atulle Mendès, prétendant — tout de même <;;i me semble fort, je consulterai un prêtre tiré — que les jouisseuses entrent au Paradis comme au Moulin-Rouge, cependant que gémist à la porte les pucelles, chaste bouquet Dont le brasier du Christ avivé de colons fondrait s% les froides fleurs des soirs polaires ». Uni ne parfum ut pas les hommes avant Dieu Parfumez, mesdames! parfumez!

Réciter le Gnignon ! pourquoi pas le Vase brisé? C'est trop facile, vraiment, de faire acclamer ces claires strophes romantiques, que d'inquiètes retouches n'ont pu obscurcir, pour crier après « Hé ? hé ? la prétendue opacité de Mallarmé »! Quand mes amis se plaignent, retour de Tristan, de ne rien entendre à Wagner, je leur joue le limpide et vibrant « Fruhlingslied » de la Walkiire, et ils courbent la tête, vaincus. Mais moi, je suis un fumiste.

J'aurais préféré que M,lc Camée nous vînt dire le goguenard et libidineux

M'introduire dans ton histoire, C'est en héros effarouch*' S'il a, du talon nu, touché Quelque gazon du territoire,

ou les Lèvres roses que l'on s'obstine à ne pas citer ; curieuse, pourtant, cette goinfre, cette négresse, par le démon secouée, qui <.< veut goûter une enfant naïve aux fruits nouveaux. » O la routine ! Je m'imagine l'auteur écoutant ces strophes saphiques, doucement ému, abaissant ses cils de velours sur ses yeux de chèvre amoureuse, qu'a célébrés François Coppée...

Après le Guignon, fracas de bravos fusant vers le Maître aux gestes de mime sacerdotal. On hurle d'admiration. Heredia-jus-de-réglisse, Dierx chauve et quiet, Verhaeren aux cheveux couleur de faro, Jean Lorrain ironique, Camille Lemonnier dont la moustache d'or fauve se hérisse, MmoTola Dorian crucifiée entre Adolphe Tabarand (socialiste, fumiste, talleyrandiste, etc.) et l'inoffensif Joseph Gayda ; Mario de la Tour Saint Je ne sais plus quoi, l'ex-Boulmichard Joseph Caraguel, Zola des Barthozoul, à qui les jeunes symbolistes s'accordent à trouver du talent — quel est donc ce mystère ??? — le dessinateur verlainien Cazal, si 1830 ! Ajalbert grassouillet, Darien rageur à la

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