‹ Soirées perduesChapitre 27 sur 116 · JUANITA · texte numérisé non relu

JUANITA

façon de Biribi mon ami, Bernard Lazare sémite talentueux fécond en paraboles, Ferdinand Hérold qui n'aime point l'Ouvreuse du Cirque-d'Eté, le chevalier Maurice1 Apollodore du Plessis dont le front juste est bienvenu, l'irascible Wallon Albert Mockel massacreur deRenéGhil, et tant d'autres !

Sous l'inspiration d'Edouard Dubus, bus, bus, qui s'avance, bus qui s'avance, on siffle férocement la malpropre et dennerydicule Prostituée de Frédéric de Chirac. L'auteur vient de m'écrire qu'il n'a rien de commun avec son homonyme, de Y Egalité, dont on n'a pas oublié les paternelles tenaresses. Je l'en félicite sans ambages. Je complimente également le socialiste Chirac de n'avoir point écrit Prostituée.

4 AVRIL. — En 1796, dans la ville de Saint-Sébastien (Folies-Dramatiques), habitée par des Basqut s aux costumes andalous, le populaire, las du joug anglais, murmure, s'agite, lait appel aux incorrigibles commis-voyageurs en révolution qu'ont toujours été les Français. Malgré l'opposition des classes dirigeantes, le soldat Belamour parvient à faire pénétrer dans la ville, déguisés en pèlerins passionnés, trois cents compatriotes qui refoulent tes fils, perfide Albion ! Le gaillard, sous la perruque blonde de Juanita, flirte avec un alcade fourbu, dont il amuse la femme quand il a repris son uniforme... Ces équivoques fumisteries amusent, relevées par l'alerte musique viennoise du capelimeisterlein Suppé, qui se disait ('levé de Donizetti. Y a pas de d'quoi se vanter ! Décors exquis de Cornil. Marguerite Ugalde, crâné et délurée, Gobin poussif, Zelo- Durand si province, Darcour qui finira par chanter juste, font de leur mieux. Le roi de ces gaîtés, st Guyon, l'inimitable colonel anglais, sourd, borgne, bègue, boiteux et boulangiste.

Aussi fantaisiste que ce valet emmarquisé dont le désir était de mettre en madrigaux t< ute l'Histoire romaine, M. Paul Milliet la réduit en pantomimes. C'est Néron qui écope. La direction de l'Hippodrome a demandé quelque musique à MM. Lalo et Xavier Leroux, qui ont « établi » une partition très suffisante avec des fragments de rïesçue, un chœur du Roi d'Vs, une romance souvent chantée par Mme Lalo, la Fenaison, l'Hymne russe et un certain nombre d'airs neuve aux, honorables. Nous voyons le miracle d'une croix flamboyante revigorer les chrétiens que consternait le généreux fils de Lycisca mis à mort ; nous voyons des dames en galant costume se démener allègrement, mais nous ne voyons pas les lions promis. Ils ont mordu dans leur belluaire, qui se saupoudre d'iodoforme, très embêté.

En revanche, la ménagerie du Nouveau-Cirque enthousiasme les potaches et leurs familles. Ces fauves obtempérants montent en tricycle, franchissent des écharpes, donnent la patte, font tout ce qui ne concerne pas leur état et finissent par traîner le dompteur autour de la piste, dans une brouette étonnée ; le courrier de lions, quoi !

il AVRIL. — Quand parut la Visite de Noces, — tu n'étais pas née, mignonne, — la vertu de la Critique s'alarma. M. Francisque Sarcey rougit avec plus d'intensité que ses confrères, et publia des protestations si cramoisies que l'auteur, in quiet, dut élaborer une défense, spirituelle, paradoxale, et prétentieuse aussi, à dessein de prouver qu'il fallait plonger un acier hardi dans les gangrènes, au li'eu d'user des émoll'ients, etc., etc. Le coup du bistouri moralisateur, quoi !

Le théâtre, aujourd hui. plus avancé, sent fort mauvais. Et les jeunes s'ébaubissent : «Comment! tas de vieilles rosières, c'est cette panade qui vous prenait à la gorge, autrefois ? » si bien que les ancêtres, en flagrant délit de pudibonderie, s'ex-

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