‹ Soirées perduesChapitre 28 sur 116 · LES FOLIES AMOUREUSES · texte numérisé non relu

LES FOLIES AMOUREUSES

disent comme ils peuvent et insinuent que l'auteur a peut-être bien adouci quelques passages. — Jamais de la vie, mes vénérables ; il les aurait accentués, plutôt !

Attendons avec confiance le théâtre de l'avenir, puisque les brutalités de la Visite de Noces nous semblent timides, puisque notre coprophilie ne se contente plus, insatiable, de M. Paul Alexis ; espérons ! voici venir les gosses annoncés par des Hermès, les gosses issus des fétides bourgeois de

-aie temps. Ce qu'ils feront, le dernier feuilleton de <s Là-Bas » le prédit : « Ils feront comme leurs pères comme leurs mères ; ils s'empliront les tripes... et ils se vidangeront l'âme par le basventre ! v>

M. Jules Lemaître se crée beaucoup d'ennemis, et c'est bien sa faute. Tous les journalistes de quelque autorité se sont accordés à prédire que Mariage Blanc serait joué trois fois. Or, on a refusé du monde, le soir de la quinzième représentation. L'engouement du public se peut excuser, d'autant plus que les acteurs, aujourd'hui sûrs de leur- rôles, ont fait d'immenses progrès, surtout Mlle Marsy. Mais la conduite de l'auteur est inqualifiable. En ne retirant pas sa pièce, ce petit monsii ur manque de respect à la Critique. Elle le lui fera bien voirquandon reprendra Révoltée.

Nous allons, de nouveau, assister à ces déli-

3 passes d'armes entre les champions de

gnard et ceux qui tiennent le pitre des Folies

Amoureuses pour un pauvre écrivain... Attendons

sans impatience. Et, dès aujourd'hui, proclamons

la musique dirigée par M. Danbé, écrite par

M. Emile Pessard, est alerte et pimpante, allante

et pimperte.

18 AVRIL. — Au risque de me faire conspuer par Charles Bonnier, intransigeant sans défaillance, je confesse que le dernier concert donné par la Société nationale de musique, « au pied de la Montagne des Martyrs » m'a semblé pourvu d'intérêt.

La première audition « en France » du magnifique quatuor en ré de Vincent d'Indy avait attiré une foule compacte. Plus de cent personnes debout. Beaucoup de monde dans l'écurie des pianos qui précède la salle de concert, les trois portes restées ouvertes ; courants d'air, pieds écras Toute la lyre. Avec des formes, je ne puis m'empêcher d'insinuer que cette œuvre a été cochon 1 déplorablement : la bonne volonté ne suffit pas, et, sauf Liégeois dont le violoncelle marche bi< ce quatuor d'instrumentistes ne vaut pas tripette. | En raison de cette exécution, plutôt infecte, on a peu compris le premier morceau, pourtant splen- • dide : après une grandiose introduction contenant i en germe l'idée mère du quatuor, qui se développe I surtout dans l'andante, fleurit le véritable thème du premier morceau, suivi d'un second plein de j chaleur et de charme qui rappelle un peu la nature de la deuxième idée de la Mort de Wallcnstein ; développement merveilleux, sonorités inentendues ; épatant, je vous dis. Pour être complet, je signale aussi, esquissé dans ce premier morceau— préface et synthèse de l'œuvre — le thème du finale.

Après l'andante, frémissant d'émotion contenue, après les éblouissements du scherzo, après un récitatif original où repassent les thèmes du premier morceau et de l'andante, éclate la gaieté di finale, où, peut-être, j'aimerais un peu moins qu« le reste certain petit développement en triolets.., Mais quelles merveilles surgissent, dans la péroraison ! Le thème de l'andante hésite, cherche se faire jour, puis, grandiosement, fait irruption, flamboie.

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