‹ Soirées perduesChapitre 3 sur 116 · LA PRINCESSE MALEINE II · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE MALEINE II

chée sur l'épaule comme Alexandre le Grand, un drapeau tricolore, et quelque chose (je ne dis pas quoi) de Félicia Mallet. Puis, l'aimable Bob, cinq centimètres de jambes et le cou tout de suite ;

guis Valti qui sera, dans un mois, plus grosse que • umaine. L'indolente et gracieuse Anna Thibaud se trouvait sur le programme, non sur la scène : j'aurais préféré le contraire.

De la bonne humeur, pas de prétentions, des plaisanteries un peu salées , des brocards trop lourds contre les séminaristes incorporés, à dessein de dilater les rates libres-penseuses, une troupe batifolarde de figurantes dûment décolletées, voilà, je pense, de quoi justifier le succès de Paris sans Paris .

Mais pourquoi diable M. Battaille conserve-t-il une figure immuablement funèbre ? Serait-ce parce qu'on n'applaudit guère que les mots de son collaborateur ?

Le Directeur du Théâtre-Libre ne parle plus de représenter la Princesse Maleine. C'est grand dommage.

Dans ce drame shakespearo-fumiste, M. Maurice Maeterlinck, proclamé le plus haut génie du siècle par Mirbeau, qui la connaît, avait accumulé à plaisir tous les éléments d'un stellaire succès !

Qu'on se rappelle la dernière scène du deuxième acte : Hjalmar . A quoi songez-vous ? — Uglyane Je suis triste. — Hjalmar. Vous êtes triste? A quoi songez-vous, Uglyane ? — Uglyane. Je songe à la princesse Maleine. — Hjalmar. Vous la connaissez la princesse Maleine ? — Uglyane. Je suis la princesse Maleine. — Hjalmar. Quoi ? — lyane. Je suis la princesse Maleine. — Hjalmar. \ ous n'êtes pas Uglyane ? — Uglyane. Je suis la princesse Maleine... etc., etc.

peut durer un on, deux ans, Ça peut durer tout l'tem]

Cette littérature romanticomateuse a inspiré à un jeune dramaturge certain dialogue macterlincocasse qui, cet hiver, fera fureur dans tous les salons ou l'on pose. Le voici :

— , Est-ce que vous pensez qu'il y a là un peu de talent ?

— Oui ! Il me semble qu'il y a là un peu de talent. ..

— Est-ce que vous pensez qu'il y a un peu de folie ?

— Oui ! je crois qu'il y a un peu de folie.

— Pourquoi dites-vous qu'il y a un peu de talent ?

— Est-ce que j'ai dit qu'il y avait un peu de talent ?

— Mais oui. Vous avez dit qu'il y avait un peu de talent.

— C'est que j'ai dit ce que je ne voulais pas dire.

— Alors, vous êtes certain qu'il n'y a pas un peu de talent ?

— Il y a peut-être un peu de talent. . .

— Et un peu de folie ?

— Et un peu de folie !

— Est-ce que vous ne sentez pas comme un petit frisson en lisant?

— Il me semble que j'ai senti un petit fri-sson en lisant...

— Est ce parce qu'il y a un peu de talent ?

— Etes-vous sûr d'avoir eu un petit frisson en lisant ?

— Il me semble que j'ai eu un petit frisson.

— C'est peut-être parce qu'il y. a un peu de folie...

— Et un peu de talent...

— Oui... Et un peu de talent. ..

— Est-ce que vous croyez que l'auteur se f...iche de nous ?

— Il se pourrait bien que l'auteur se f ... icliât de nous...

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