A PROPOS DU WAGNÉRISME
d\ Imour. Ce n'est rien encore : et M. Gaudray, les paroles. 11 y a là un séminariste nui avant ae paraître en scelle tire un enfant des flots, ce qui te vernit d'héroïsme et lui permet de se présem en veston. Bientôt il est le fiancé de Marcelle. fille du général Rouvray. La bouffonnerie d< s discussions de Rouvray et de Marcelle, pour n'être pas prévue par l'auteur, n'en est pas moins délectable, au contraire. Rouvray tient pour la matière et veut coller Marcelle en lui lisant les Parerga und Paralipomena; Marcelle tient pour les petits oiseaux, et elle est inexpugnable.
A ces deux dernières œuvres qui valent par le matelassé de leurs idées, le toc de leur langage et le moisi de leur sentimentalisme, on eût voulu joindre, pour les admirer toutes, Clématite, japonnerie en v< rs de M. Louis Artus, et en musique M. Albert Renaud. Mais M. Galipaux, qui devait incarner Ticn-Tchin était indisposé.
Le tout au Théâtre d'Application.
10 JUIN. — A présent que les invalides Barbedette et autres Commettant du Ménestrel ont cessé de dénigrer d'Indy, voici l'extrême gauche du wagnérisme intransigeant qui se lève. Et Charles Bonnier tonitrue : « Quel persounage étrange et complexe, ce Wallenstein! Schiller, quoique Allemand et protestant, ne peut s'empêcher de l'admirer dans sa grandeur féroce de chef de bandes. Michelet voit en lui le condottiere de grande allure. .MM. Vincent d'Indy, ses amis, son chef d'orchestre, le public des concerts voient dans le duc de Friecfiand un sujet à /, motiven. Etant donné que la musique, comme chacun sait, est un art essentiellement documentaire et précis, ce sera elle que l'on chargera du soin d'exprimer et d'expliquer la complexité du duc de Friedland. Ces réflexions nous venaien£à l'esprit en feuilletant, sur les quais, un petit volume de leit-motiveny ou motifs conducteurs, nous
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rendant compte de la pensée secrète (cette fameuse pensée secrète qui a tant troublé les historiens!) de Wallenstein, de sa politique. Puis vient l'influence des astres, et toute la batterie de cuisine des motifs.
Nous ne pouvions nous empêcher de penser comment les voyages forment la jeunesse; peutêtre les plus vieux d'entre ces ieunes musiciens ont-ils été trois, quatre fois à Bayreuth, et déjà ils dépassent Wagner. Celui-ci avait, en Allemand qu'il était, une conception très vague d'une mélodie « dont la résonnance caractéristique dans l'orchestre provoque en nous une sensation qui nous complète une situation, nous donne la plus haute compréhension d'une situation par l'indication des motifs, qui sont déjà, il est vrai, contenus dans cette situation, mais ne peuvent seré\ 1er dans les moments d'action dramatique représentée : en un mot, cette sensation est en nous comme une pensée, mais en elle-même est plus qu'une pensée; elle réalise ce que cette pensée renferme de sentiment ». — On le voit, ceci était bien loin de la nouvelle école psychologique de musique. Ceci nous explique pourquoi les jeunes musiciens ont abandonné les sujets mythiques et des personnages peu complexes comme Wotan ou Parsifal pour se rapprocher de l'histoire moderne !
Il ne se produit plus une œuvre maintenant sans une petite garnison de motifs conducteurs renfermés dans son sein. Il semble même que le bâton d'un célèbre chef d'orchestre a des affinités électives avec ces motifs jeune-France tandis qu'il avait toujours eu une certaine antipathie pour les leit-motiven de Wagner, autant que nous puissions nous en rappeler.
Cependant, comme il faut avoir pitié malgré tout du public, qui n'en est encore qu'à Wagner et encore, les jeunes musiciens français se plaisent, dans de charmantes improvisations, nommées