L'HERBAGER
catif, entre deux journalistes, qui ne comprenaient pas très bien :
— Quel rébus ! je voudrais bien avoir la clef !
— Moi aussi, je m'en servirais pour siffler. Jugement trop sévère, à mon sens, car, après
tout, quelques-unes des choristes de Compère Guilleri exhibent des frimousses drôlettes dont ['examen fait oublier le libretto, facilement. Et Mmo Suzanne de Lys, encore qu'elle chante pres^ que aussi taux que Mily-Meyer (mais elle ferme les veux pour ne pas s'en apercevoir,) a ravi le clan de ses fanatiques, inconsolables, dès qu'elle quittait la scène, comme autant de Calypsos, du départ de Lys.
Les décors, sans faire oublier ceux de Lohengrin, ont été brossés avec du goût et des couleurs un peu voyantes.
19 septembre. — Vous prenez votre valise,. une tasse de chocolat au buffet de la gare Montperno, et le train de 7 heures du matin pour Sainte- Gauburge ; là, au lieu d'attendre pendant une heure et demie le chemin de fer qui va sur Mesnil- MaCuger, vous franchissez, pedibus cum jambonis, les () kilomètres qui vous séparent d'Echauffour, 1,410 habitants, et 1,409 seulement quand l'exaubergiste Harel éprouve le besoin de venir se faire siffler à l'( )déon. C'est là qu'il vit : fière tournure, blond, moustachu comme Lapommeraye, deux yeux bleu faïence, l'encolure puissante, un petit taureau. Fait dc> vers sous lui. Le diable m'est témoin que j'aurais eu grande joie, pour embêter les moréaseurs (h- l'école romaniaque, à ex ilter VHerbager ; pas plan ! Lutte entre un herbager malthusien et un laboureur prolifique (c'est p'teutêt' ben le contraire); blâme infligé à l'émigration rurale ; dangers de la grand'ville ; éloges de la culture intensive. Voici quelques alexandnns parmi les meilleurs :
Le laboureur ici menace l'herbager.
. votre fils e»t mort, il faudrait partager. » Partager ! Vous aimez les biens que ion an Nous o'avon* pas, mmsreur, pris la même devi Monsieur, vous m obligez à vous dire en deux mit*: Que je n'ai point gardé mes champ- pour vos marmots; Ta, ta. ta, ta. ta. ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta...
On dirait un laïus bonni par le préfet de l'Orne, à l'occasion du Comice agricole, et versifié par Cariât. Penser que cet ours fut annoncé par les fanfares d'une réclame exubérante et pastillogoudronneuse ! O ces rimes publiques !
Fable.
Porel, Harel, Gréraudel.
Moralité, ?
Cherchez un mot qui rime ; je n'en ai pas sous la plume.
Elle grouille de jolies femmes, la Renaissance ! (Je ne dis pas ça pour cette M"10 Roland que je croyais guillotinée depuis tout près de cent ans.) Au premier acte des Marionnettes de l'année, on nous exhibe un lot de petites puces travailleuses et Florinesques dans des gazes transparentes qui les font plus nues que toutes nues ; à côté de moi, un potache allumé souhaitait une fuite de gazes. Nigaud, va! Ces mignonnes, en grève, réclament la journée de 18 heures, pour que les nuits soient moins longues.
Il y a aussi des couplets de M. Clairville, également déshabillés, puis la commère Gilberte qui souligne de clins d œil à la Talleyrand le machiavélisme des sous-entendus; et cette belle oie grosse, grasse, blonde, placide, — ousqu'est mes marrons ? — dont on bisse vicieusement les strophes érotico-balnéaires : « Mon petit trou pas cher. » Pas cher, soit, mais...