‹ Soirées perduesChapitre 52 sur 116 · LE ROI DAGOBERT · texte numérisé non relu

LE ROI DAGOBERT

tante Portai ; lés deux secrétaires de Numa, l'un ponctuel et réservé, l'autre exubérant et généreux,

qui s'assied les jambes raides, pour empêcher son pantalon de taire des plis aux genoux. Tous ces pantins, et j'en oublie, le général commandant la place, le maire et le sieur Bachellerv, cafetier, père dune jolie coquinasse de fille, tous défilent sous une tente (si vaste qu'on pourrait l'appeler la tente Portai), et l'on se rappelle les descriptions de fêtes provençales, vous vous souvenez ?

— Les gradins brûlés du vieil amphithéâtre, le soleil tuant, aveuglant, la flamme, la poussière, l'odeur de poudre, les ophtalmies, les insolations, les lièvres pernicieuses, tous les dangers, toutes les tortures de ce qu'on appelle là-bas une fête de jour....

Pour que l'illusion fût complète, M. Koning aurait dû semer dans les couloirs quelques débris de brandade de morue, et placer un peu de bouillabaisse sous les fauteuils d'orchestre. Comme dit Vanderem : le coup d'ail eut été charmant...

En somme, malgré l'indéniable talent de M. Alphonse Daudet, l'œuvre de ce Zola des familles laisse une impression d'inachevé, d'in-

mplet. On attendait beaucoup, on part mécontent de voir que 1 auteur, esquivant les difficultés «1 la peinture (encore à faire) du monde politique de Versailles, a passé à côté du véritable sujet, et, pour tout dire, nous a posé un...

Au fait, rappelez-vous l'épigraphe de Numa Roumestan : « Pour la seconde fois, les lapins ont

nquis la Gaule. »

3 OCTOBRE. — Au Xouvi au-Cirque, c'est le Rot Dagobert qui met les cervelles à l'envers. Ballets Folâtres, clowns à cheval à âne, et à vélocipède . chasse à courre pour finir, avec véritable

se jetant dans de 1 eau naturelle, poursuivi

par des chiens pour de bon, sans vouloir avoir aucune relation avec eux.

Bravo, cerf! Il est beau de ne pas vouloir pactiser avec les meutes.

Avant cette pantomime, nautique, on a vigoureusement applaudi les « performing dogs » de M. Parker, dressés à ravir ; parmi eux, signalons un lévrier qui franchit les obstacles guzmaniquement. Le pauvre général ne s'ôta que la vie, ce chien inouï sauta deux mètres cinquante.

9 OCTOBRE. — Vous savez bien, rue de Malte, le théâtre du Château-Marlou, ils l'ont rouvert! Ce serait une erreur de croire que ces choses finiront par des chants et des comptes rendus apothéotiques : la grève des critiques ne va-t-elle pas bientôt éclater, mille dieux!

I Je pense que les auteurs de X Honneur de la

Maison, les sieurs Léon Battu et Maurice Desvignes, sucent depuis quelque temps les asperges

. par le bout que c'est pas vrai ; sans quoi j'éprou-

verais une acre volupté à les rouler dans la boue ; mais leur machine fut représentée en 1853 ou 1854, alors que chacun d'eux devait respirer, au moins depuis vingt-cinq printemps.

Calculons: 1891 — 1853 = 38 auquels j'ajoute 25 X 2 puisqu'ils étaient deusse, ce qui me donne 88. Oui, ils sont bien morts. C'est beau, les math !

Dès lors, rien ne m'empêche de confesser que leur drame est solidement construit, et que quatrevingt-dix pour cent des spectateurs castellaquatiques ont frissonné en voyant un mari tuer l'amant de sa femme pour empêcher un duel sacrilège entre sa victime et le fils de la dite. Voilà pourquoi il sauve l'honneur de la maison. C'est clair comme un vers de Mallarmé.

Interprétation au-dessous de tout éloge ; pourtant, célébrons Deauville, déjà célèbre par ses courses, et dont la gorge vaut celles, plus connues, . de la Reuss.

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