‹ Soirées perduesChapitre 56 sur 116 · TABARANT · texte numérisé non relu

TABARANT

(Je modifie légèrement le dernier vers).

Mais Thérèse se révolte et, comme elle trouve la moralité de Ridoux un peu faible, elle lui fait prendre du fer. Vlan! trois coups de couleaa! Après cette vingince, elle meurt, dans la neige.

On avait beaucoup vanté M"0 Ramazetta, qui n'a pas médiocrement contribué à l'insuccès du drame de M. Oswald, par son exotisme tocard.

24 OCTOBRK. — C'est chez Madame Tola Dorian, — princesse Mestchersky — que je fis la connaissance du révolutionnaire Tabarant. Je me hâte d'ajouter, pour que cette révélation n'expose pas le jeune socialiste aux colères de ses coreligionnaires moins mondains, que la noble îdave, loin d chercher à refréner chez lui les instincts barricadiers, prenait à tâche de les exciter :

Frère, vois donc quel- funéraire* feux

il Qt, sre Dl nuit et iu t mp t<\ Voici venir lu véhémente fête Aux. abuiements de ses tu spins j >yeux !

... lui disait-elle ; je crois même me rappeler — c'était en 1888 — que le jeune Tabarant, convaincu, s'en fut électriser de ses dis( ours des grévistes méridionaux, déjà très braillards , il obtint, à la su te de cette campagne, les félicitations du « Parti » et, aussi, sau! erreur, une condamnation qui 1» décida. h< ur< us< ment poui nous, à préférer M< ' aire . aux • omoal - p< ilitiques . Jl m a lait ■ d'un in r\< ux, aux ve"x

étincelants, aux gestes vifs, à la parole chaude; théories m'ont semblé moins originales que la façon dont il les exposait. Aussi bien, possibilis- . guesdistes, anarchistes visent le même but, n'est ce pas ? l'extermination de la bourgeoisie, lors, malheureuses \ ictime vont es aux immolât i< 1 s socialistes peu non- chaut de sav< ir a qi • us ser ns mang» f Lin port int,

-1 que iet < uismiers lévolutionnaires outiiuient a s'entremanger le nez, frénétiquement : tant

qu'ils se livreront à cette occupation délicate, nous pourrons souffler un peu.

Ai-je besoin d'ajouter que Tabarant est le meilleur fils du monde, serviable et charmant, incapable d'en vouloir à une mouche, fût-elle réactionnaire. Lors de la prochaine Commune, s'il me pince, il me fera fusiller, mais sans aigreur, avec la même courtoisie que Willy — modeste, lieutenant de territoriale — le traverserad'un coup de- sabre à l'occasion ; c'est la vie, cela, et sans cet imprévu galant, elle serait d'une trop odieuse monotonie.

Un ramage de jovialités, aujourd'hui fossiles, emplit la salle àmanger de la maison Vauquer. On est aux prises avec des mets récalcitrants ; et le père Goriot, par vieille habitude de vermicellier soucieux de l'origine des farines, flaire son pain, quand, mystérieusement, Mme Vauquer l'appelle : alors les pensionnaires entrevoient passer derrière la porte vitrée une exquise personne, — sa maîtresse, évidemment, car, à qui fera-t-il croire que c'est là sa fille ? Puis, entre Eugène de Rastignac, Goriot et ses deux filles (Anastasie de Restaud et Delphine de Nucingen), le roman se développe, Vautrin et Bianchon n'étant plus que des personnages épisodiques, la duchesse de Lauçeais, la vicomtesse de Beauséant et MlleTaillefer étant absentes,

Dominé par son pathologique amour paternel, Goriot se laisse dépouiller : il déteste les maris de ses filles, puisque celles-ci se plaignent de leurs maris ; et il est volontiers le complice de leurs amants : pourtant, économe, 'il trouve que le Maxime de Trailles d'Anastasie de Restaud est par trop un bourreau d'argent : il aime bien tenir la chandelle, mais pas la bougie ; aussi adore-t-il le bon Eugène de Rastiffnac, l'amant de Delphine. De saignée en saignée, le voila sans un sou : alors ses filles s'invectivent ; Delphine reproche Maxime à Anastasie ; Anastasie la censure ,

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