‹ Soirées perduesChapitre 74 sur 116 · ARTICLE DE PARIS · texte numérisé non relu

ARTICLE DE PARIS

pas déjà un choix si bète ; qui va dans le monde loit munir d'un Sancho, habitué à voir des cochonneries.

Puis, c'est les noces de Gamache, (ô la jolie fiancée qu'l [élène Gérard !) servant de prétexte à un magnifique défilé auprès duquel celui des Thermopyles est peu de chose.

vous pensez bien que les metteurs en scène du Nouveau-Cirque n'auraient en garde d'oublier le cheval de bois, bourré de pétards qui jette à terre le pauvre Don Quichotte, indice d'un esprit plus artificieux que magnanime, en dépit -du vers célèbre de Belmontet. J'ajoute que « l'ou- \ Teuse du Cirque d'Eté, NN a pouffé de rire en voyant, sur le programme, le cheval de l'amoureux désigné sous le nom de Chevillard.

17 mars. — Oui, je le dis bien haut, il m'est doux d'écrire un article, de Paris, sur la pièce (de ce nom) que viennent de représenter aux Menus- Plaisirs, MM. Boucheron et Audran.

Ln portrait du librettiste semble inutile;, la physionomie du père de Miss Hclyctt est si connue! Une figure rasée de cardinal narquois, comme en peint M. Yibert dans ses tableaux, si médiocres, qu'il vend si cher : derrière un binocle inamovible, deux yeux malins; aimable embonpoint; tel est Maxime Boucheron. Avis aux dames!

Son compositeur habituel, Audran, est un petit maigriot, trottinant, malade imaginaire. Comme il est musicien, il demeure rue Guillaume-Tell.

Leur Article de Paris devait se jouer aux Bouffes-Parisiens, mais la petite Américaine retroussée refusant de quitter l'affiche de cet heureux théâtre, les auteurs portèrent la pièce que nous venons d'applaudir au directeur des Menus- Plaisir^ M. de Lagoanère, pour le récompenser d'avoir reçu, quand il dirigeait les Bouffes, cette indestructible Miss Hclyeït, dont il n'eut pas le temps de profiter.

Imbibé d'une reconnaissance imperpétueuse, comme dirait notre sympathique contrère Boquillon, le directeur des Menus-Plaisir- monta ces trois actes avec un luxe aussi oriental que la matrone des fez : hôtel éblouissant de peluche et d'or; fourneau économique, etc., et il dépensa des sommes invraisemblables, en homme qui ne craint pas d'échec, pour le décor représentant la maison de commission Lebadois, rue de l'Echiquier.

Apprentis flâneurs, fleuristes coquines, trottins au nez audacieux, placiers séducteurs, modistes à la jambe conquérante, c'est le quartier Saint-Denis, où l'acheteur est crânement invité par la jo-. lie Méaly à se rendre compte par lui-même. Heureux acheteur !

Mettez en main, si ça vous tente; C'est un peu cher, mai? c'est exquis.

Voyez, messieurs, voyez la vente!

Voyez l'Article de Paris.

Cette accorte personne a une frimousse éveillée. un amoureux (Pierre) avec lequel elle chante un duo qui deviendra populaire, « aussi sûr que 2 et 2 font 4 », et un porteur de boîtes répondant au doux nom de Séraphin, qui, pendant qu'il déjeune, lit le Siècle. Imprudent Séraphin! c'est risquer de mourir d'une indigestion de moules.

Ce Pierre donne dans l'œil de la miniature de fillette (Netty) procréée par le père Lebadois ( Vandenne), avec celui qui ressemble douloureusement à feu Edgard, le regretté chimpanzé que pleure le Jardin d'Acclimatation.

Cette gamine fait demander la main du beau Pierre, l'obtient, etja pauvre Méaly, plaquée, jure de tirer une vengeance féroce...

Oh ! ça ne traîne pas! en un mois, elle ruine son patron Lebadois, beau-père de l'infidèle Pierre, au point que ce lâcheur doit, la dot de sa femme croquée, avaler, pour ne pas mourir de faim, une soupe gratuite aux « Fourneaux de charité » fon- ' dés par Rose.

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