L'ÉCUEIL
(Cette Rose est une petite gaillarde d'un tempérament si volcanique, si hum!... qu'elle cède — chaque fois — aux instances de ses amoureux successifs avant de les avoir conduits à la mairie.)
Au ùiiur devenant trop tendre J'ai beau dire : « Attendez! Apre?... » Chaque lois — comme un l'ait exprès — 1 moi qui ne peux, pas attendre.
A la bonne heure ! c'est une future de cette trempe que je rêve, moi,... pour mes amis.
Assez vengée d'avoir ainsi prouvé son pouvoir,
en épouvantant Pierre le félon, la bien-aiméc de
Lebadois, qui ne veut pas la mort du pécheur, lui
titue sa fortune, si lestement accaparée. Ces
vilaines gens en sont quittes pour la peur.
Et elle ?
Et elle épousera le porteur de boîtes Séraphin, qui se trouve être un noble diplomate. Ma parole, je l'aurais plutôt pris pour un vidangeur déguisé !
18 MARS (par télégramme). — Obligé d'être bref, vu le coût des dépêches que l'on parle encore d'augmenter — une singulière manière de nous monter le coût — je passe sous silence les ovations dont vient d'être gratifié M. Pierre Lamarche par le public de Boulogne-sur-Mer, et je vous narre le scénario de VEcueil, sans réflexions. (Ne vous désolez .donc pas comme ça !)
Maître rlouchard (rien de Mario) continue la série des tabellions prévaricateurs; la fortune de l'emme est roustic; celle de Valère, frère de ladite, se volatilise également; enfin, les monacosdu rentier Braissier s'envolent, et leur propriétaire m irri, désireux de les revoir, signe avec le notaire un pacte par lequel il s'engage à marier avec deux rustn s les pupilles de Mme Houchard. Mais la bonne tutrice qui les soigne comme celles de
;x, ne veut point de cet hymen odieux; on l'a dupée, elle, en lui faisant épouser un drôle ; l'union
fit la farce. Cette farce, on ne la jouera pas à Blanche, à Jeanne.
Pourtant, ces dots, il les faut ! Et le fêtard Guillemain, qui en convoite une, dit à Mra0 Houchard : «. Si vous ne m'aidez à épouser la petite, je révèle à votre mari qu'au premier acte vous avez em~ brassé Valère ». Il ne sait pas que Valère est le frère de la notairesse : nul ne le sait, sauf elle, Valère, Mme Braissier, quelques autres personnes et moi qui l'avais deviné dès le lever du rideau. On ne me cache rien.
Quand les autres apprennent le secret de cette naissance, tout s'arrange; le baiser se justifie, Blanche et Jeanne convolent avec leurs amoureux. C'est une allégresse générale. Seul, le subalterne de M. Champion n'est pas content, qui doit vous télégraphier cette dépêche, un peu longuette, malgré mes efforts.
M. Mergey est un Guillemain accompli ; M. Donval, un rentier plein de bonhomie narquoise, genre Thiron; le bon docteur Duchesne est représenté à ravir par M. Dailly, et je conseille à M. Andrault, directeur du Théâtre, de voter à M. Noël — la perle des notaires — deux panonceaux d'honneur.
Mmcs Serigny et Niel ne méritent que des éloges, de même que Mllc Kostia (le prince va bien ?) Une mention spéciale à MUo Berthilde.
P. S. — Il y a des gens qui me trouvent « rosse » ! Qu'en pensez-vous, dites, artistes boulonnais ?
21 MARS. — La Portc-SaintrMartin se peut enorgueillir du Voyage dans la Lune, féerie tort bien montée — ce qui ne permet pas de la confondre avec les chevaux du baron Finot — d'un lot de danseuses ayant appartenu au Casino de Paris, et d'un secrétaire qui ne répond pas aux lettres. Avec de tels éléments de succès, nul doute que cette sélénomufflerie à beaux décors