LES MAITRES CHANTEURS
Élevés ensemble, frère et sœur presque, Urbain et Yvonnetle ; pourtant, il la possède. Pour atténuer l'horreur de ce Péché il amour quasi incestueux, MAI. G. Loiseau et Carré le compliquent d'un sacrilège : Urbain est prêtre. Quand la fille s'avoue grosse, il défroque. Mais il veut trop prouver qu'il a rairon, en tirades trop bien agen- \. Et pourquoi s'attable-t-il sans préalable Benoîte ? N'empêche qu'en cet acte brillent de séduisantes qualités scéniques.
curé malfaisant, qu'il faudrait détruire à l'aide de la fameuse s\ Poudre incesticide contre les cafards >\ Laroche ie réprésente, fatal et brun, et qui gesticule comme Paul Hugounet démontrant l'excellence de la Pantomime.
8 JUILLET. — Mon cher ami, vous vous désolez à l'idée de. partir pour Bayreuth, où vous appellent vos fonctions de critique musical. Pourquoi quitter Paris ? Rien de plus facile que de rédiger une appréciation compétente et impartiale, sans entendre1 les œuvres qu'on critique. Ça se fait beaucoup. Voici quelques renseignements qui pourront vous aider à confectionner votre petit travail.
Tristan, c'est le muet Vogl (« ténor » prétend une audacieuse affiche). Evidemment, il joueavec entrain; mais pas un son ne sort de sa bouche édentée, pas un! Et dame, ce duo d'amour du sed acte — malgré le divin sn Schlummermotiv^, malgré les extasiantes progressions du « Sterbelied » — il semble un peu longuet, quand une mne le détaille.
Le6 Maîtres chanteurs \ cet excellent Bertrand (chevalier de la Légion d'honneur) conipte représenter bientôt; Victor Wilder (chevalier de la Légion d'honneur) a fourni une traduction qu'il a promis (V ressemeler bientôt; Edouard-Juda
Colonne (chevalier de la Légion d'honneur) déclare que « ça ne sera rien du tout à monter ». Attendons.
M. de Saint-Auban, dans son très curieux « Pèlerinage à Bayreuth », a donné de Parsifal une analyse que les wagnériens purs — de rudes gars, allez! et musiciens comme des suspensoirs ! — ont trouvée incomplète. Elle est excellente. S'y reporter.
Reste Tannhœuser . Vous en connaissez la Marche, le Chœur des Pèlerins, la Romance de l'Etoile, peut-être même la Prière d'Elisabeth? Ça suffit pour causer dans les salons. La Marche, mon Dieu, c'est une Marche; écrite en 57, les apprentis tapeurs la triturent généralement en si bémol parce que c'est plus facile ; le Chœur se chante sans accompagnement, et d'un faux! Certaine marche harmonique grimpant par intervalles de tierce mineure, à quatre temps au un, se reproduit à trois temps au dernier acte, baissée d'un demi-ton parce que les Pèlerins sont fatigués de leur excursion. Quant à X Abendsternliea, il traîne partout. Et la Prière, vous pouvez en parler sans crainte, car pas un gendumonde ne la connaît.
Le reste de l'œuvre, les critiques français le découvriront dans une vingtaine d'années; ne soyez pas plus pressé qu'eux. Dans les dîners de mélomanes, signalez discrètement que le Chant des Pèlerins s'arrête sur un inquiétant accord de septième dominante sans résolution ; les convives resteront si baba que vous pourrez en reprendre (du baba) sans être remarqué.
Chez Fischbach, à Paris, chez le Badois Wild, chez Breitkopf, en Brabant, on trouve une brochure de M. Dwelshauvers « pour servir d'inteoduction à l'étude du drame de Richard Wagner ». Je ne dirai pas que l'auteur est Belge, parce que cette révélation exciterait l'ire de Wilder, mais je oiterai quelques passades de son petit travail,