BACCHANALE
sit, pour l'aider à gagner cette partie, M. Clairville C'était une idée aussi, mais peut-être moins bonne.
Disons à sa décharge que le jeune potentat de la Renaissance a été poussé par une idée superstitieuse et reconnaissante tout ensemble; car c'est avec une revue de M. Clairville qu'il inaugura, 'jadis, sa direction. Cette pièce avait été aux étoiles. 11 aurait fallu, pour bien faire, que les étoiles vinssent à la pièce qu'on a jouée hier. Hélas! il n'est venu que Mmo Théo, chez qui la valeur survit au nombre des années.
L'auteur du Brillant Achille, il faut bien le dire, est responsable de cet engagement inattendu ; car lui aussi voulait payer une dette de reconnaissance à M"10 Théo, qui fut la créatrice de son premier ouvrage, Madame Boniface, aux Bouffes, où, réellement, elle se montra fort agréable, quoique un peu marquée. Il y a de cela une dizaine d'années, au moins.
Le premier acte du Brillant Achille se déroule dans une pharmacie ; on y voit donc des bocaux de couleur, des comptoirs, des récipients étiquetés d'inscriptions latines : Aqua distillata, Mica panis, Lavementum irresistiôile, et un garçon, irrésistible aussi, qui répond au nom de Bonami Regnard. C'est sur Regnard, ne l'oublions pas, que ce juge m nt définitif: « Il est peut-être médiocre, mais il n'est pas médiocrement gai » fut ' Êorté par notre sympathique confrère Boileau- ><>préaux.
Musique digestive de M. Varney.
22 OCTOBRE. — Voici de retour dans nos murs le compositeur toqué, Hervé, qu'on av;iit prétendu à tort naturalisé Anglais, et qui, au contraire, nous revient plus Français.que jamais (merci, mon
Dieu!), dégoûté pour toujours des moeurs bFitan-
302 S0IR1CKS PERDUES
niques depuis la malpropre affaire des Petits télégraphistes bleus.
Le p'tit bleu, p'tit bleu, p'tit bleu.
Ça vous met L'Anglais on feu.
Sa partition de Bacchanale contient un grand nombre de morceaux, 22! les deux cocottes...
Les figurantes des Menus-Plaisirs sont beaucoup plus de deux; il en est, dans le tas, de tort gentilles. Au premier acte, dans l'atelier du peintre Milanor, plus d'un petit modèle jacasse, pose, flirte avec lerapin (c'est le rapin qui a commencé).
La maîtresse du peintre Milanor (pas de. mœurs, ces artistes!) est très belle dans sa robe d'intérieur. Ah! que j'aurais voulu voir l'intérieur de cette robe! Aiglonnette, c'est son nom, sous le joyeux prétexte qu'elle vient d'hériter d'une auberge à Noisy, détaille, à grand renfort de couplets égrillards, les soins dont elle compte entourer les heureux voyageurs descendus dans son immeuble. Elle les choiera, elle les embrassera, elle fera leur couverture, elle... Enfin, pas plus tard que ce soir, je vais prendre le train pour Noisy. (J'ai le regret d'informer messieurs les membres de la Ligue contre la licence des Opérettes que ces facéties croustillantes ont mis la salie en joie.)
Mllc Lambrecht, jadis applaudie (avec discrétion) à l'Opéra-Comique, joue ce rôle d'Aiglonnette. O le charme de son décolletage, chemisette bouffante, jupons courts, laissant voir des appas qui, bien que très accusés, ne sont nullement condamnables! De plus — vous voyez que je n'ai rien de caché pour vous — elle a sur le cou un signe, un petit signe dont j'aimerais bien être le Lohengrin. Et puis elle a tant de dents !
Très réussie, la fête athénienne que donne dans son vide-bouteille, l'intrépide Milanor. Le Piper- Heidsieck coule à flots (dam, une maison de Champagne); ces dames portent des robes antiques,