CLÉON
Dis-lui que je la prie De payer lous mes gens et ûe les reniroyer.
PASQUIN
L'affiili'e est faite , on Yient de les congtîdicr.
( il sanglote. )
GLÈON.
Et toi?
PASQLIN.
Je ne sais pas ce que Ton me destine...
Mais, qa'on me chasse ou non, mon pauvre cœu
s*oI)stlne
A ne pas tous quitter ,.et, jusques à la mort,
Je suis l^ien résolu de suirre votre sort.
CLÈON.
Que feraift-tu de moi ?.,.«• Je suis un njisérable.
PASQUIN
Le peu que je possède.....
GLiON.
Ahl ce trait là. m*accablc.
Dazincourt , en cette situation , était dans un accablement que l'on ne peut pas rendre : il était pâle «. tremblant , trébuchant sur ses pauvres jambes ; ses yeux étaient attachés à la terre ; pour quoi que ce soit il ne les eût levés vers ce maître , pour lui victime augmle de sa dissipation ; il traînait chacun des vers qu^il trempait de ses larmes
jusques aux pieds de Gléon, espérant de rattendrir assez pour lui faire accepter son dévouement; et, parvenu enfln à ces mots :
« le peu que je possède , » il était prosterné jusqu'à terre, et tout son être, âme et corps , demandait grâce pour Tétonn^nte liberté qu'il venait de se permettre. C'était un moment déchirant, et le mouchoir blanc, expression de douleur, était dans toutes les mains.
La scène française, en perdant Dazincourt, a vu disparaître ce genre de talent. Personne depuis n'en a rappelé le goût et le charme.