IV SOLDATS AMBASSADEURS
Leur attitude, parfois agressive, doit donc être jugée avec indulgence. Serviteurs d'un régime de transition, n'ayant ni traditions ni directions véritables, violemment attaqués à Paris par leurs ennemis politiques, ils ont cependant tenu très dignement leur place dans une carrière difficile entre toutes, cherchant à faire respecter les idées et les couleurs de cette France nouvelle qu'ils avaient défendue de leur sang.
Malgré les limites volontairement fixées, je ne me dissimule pas la difficulté de ma tâche. Aujourd'hui comme il y a cent ans, l'histoire des hommes de la Révolution — comparses ou premiers rôles — continue à exciter les passions. Ceux qui tentent de la raconter sans partialité doivent s'attendre à être traités comme Michel Montaigne. « Je fus, — disait le bon philosophe, — - pelaudé de toutes mains. Au Gibelin, j'étais Guelfe; au Guelfe, Gibelin. »
Certains jugements portés dans ce livre paraîtront donc peut-être incomplets ou peu conformes aux légendes admises. De ces légendes, je ne me suis guère préoccupé. Ayant à présenter des personnages du Directoire, j'ai voulu les juger sur leurs actes et leurs idées de 1795 à 1799, en indiquant seulement les services ultérieurs qu'ils ont pu rendre. Quand il arrive au