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= Fès
vert, uniforme ; nous le connaissons, car Bouvines n’est pas loin. C’est la grande plaine de Flandre, fort peu favorable aux surprises et aux mouvements dissimulés, Eugène divise la partie principale de son armée en deux corps. L'un, celui qui assiège Landrecies, s’est entouré d’uneligne de circonvallation qui est presque achevée. L'autre, sous le commandement direct du général ennemi, couvre les opérations du siège. Il se déploie dans de très bonnes positions, tout le long de l'Ecaillon. Un retranchement ferme le passage de la source de cette rivière à la Sambre. Une fois Landrecies prise, Eugène se flatte que rien ne pourra l'arrêter, De là, il atteindra facilement la vallée de l'Oise et, persuadé qu’il culbutera l’armée française inférieure en nombre, il compte marcher sans obstacle jusqu’à la capitale de la France.
Le plan d’Eugène était redoutable, mais l'étendue de ses lignes, quelque bien fortifiées qu’elles fussent, était le côté faible de ses combinaisons. Néanmoins, tant que son armée restait massée entre le Quesnoy et Valenciennes, on ne pouvait songer à l’attaquer. Posté sur'les hauteurs de Quérénuing, à quelques kilomètres de Denaïn, il pouvait suivre tous les mouvements de l’armée française et porter dans ses retranchements assez de forces pour défier tous les assauts. Il s'agissait de l'en éloigner. Alors vint % Villars l’idée d'employer sa manœuvre favorite, la conception stratégique qui, en 1702, lui avait fait gagner la bataille de Friedlingen, qui, en 1706, lui avait permis de forcer les lignes de “tolhoffen, défendues par le prince de Bade, un des meilleurs généraux de l’Empire et qui devait, en 1713, un an après Denain, assurer son triomphe définitif sur le prince Eugène. Cette conception consistait en une série de mouvements trompant l’ennemi, puis au moment favorable, en une contremarche rapide, portant toutes nos forces concentrées sur le point secrètement choisi, enfin en une attaque si vigoureusement menée que la position est enlevée avant que l’ennemi ait eu le temps de répa-
rer son erreur.
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Dans l'après-midi du 22 Juillet, Villars passe la Selle, et laissant sa gauche au Cateau, il s'établit avec sa droite au petit village de Mazinghien. Informé de ses mouvements, Eugène, sans quitter son quartier-général de Bernerain, rapproche sa gauche de la Sambre, en avant de la forêt de Normal, et garnit de troupes et d'artillerie le retranchement qui joignait cette rivière à la source de l’Ecaïllon. Le 23 au matin, Villars masse ses colonnes au bord de la Sambre, Il fait commencer ostensilement des ponts à Catillon et près de l'Abbaye de Fémy, comme s'il avait l'intention de passer la rivière, et d’assaillir l'ennemi en partant de la rive droite. Nos chefs de corps euxmêmes croient à une attaque sur Landrecies et s’y préparent. On travaille bruyamment aux ponts. Des escouades ouvrent des chemins pour l'artillerie dans les bois de Fémy. D’autres coupent des fascines pou: combler les fossés de la circonvallation, Vers midi, nos hussards vont battre la plaine entre l’Escant et la Selle, jusqu’à la hauteur de Bouchain. Eugène commence à croire réellement que Villars a l'intention de débloquer Landrecies. ‘Toujours sans quitter son quartier général, il resserre sa gauche sur la place, rappelle à lui le corps de droite, sauf six bataillons qui sont laissés dans les lignes de Thiant sur la rive droite de l’Escaut. Cependant le chef de l’armée française, enfermé avec le maréchal de Montesquiou qui avait voulu servir volontairement sous ses ordres et ses officiers d'état-major, combine avec eux tous les détails de !* jour-née du lendemain, gloire éternelle de la France, confusion de ses ennemis.
A la chûte du jour les officiers de détail vont porter les ordres de marche à tous nos chefs de corps. Ceux-ci croient à une erreur et prutestent. Les soldats se figurant qu’on leur fait tour-ner le dos à l'ennemi, murmurent, Montesquiou est obligé d’insister. A l’entrée de la nuit tout s’ébranle. En tête marche Vieux-Pont avec 30 bataillons, une brigade d’artillerie et les équipages de pont. Broglie le suit avec sa cavalerie qui a pour mission d'empêcher qu'aucun homme ne se détache de la colonne. L’Italien Albergotti, un fils adoptif de la France, vient
ensuite avec 20 bataillons et 40 escadrons. Coigny effectue
avec sa cavalerie une fausse démonstration sur la rive droite de
la Sambre, en face de Landrecies, puis, la nuit arrivée, il re- + } À |
passe sans bruit la rivière et fait l’arrière-garde.
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