CAMBRA
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__ Längrècies” Beaumont), *, t/ Cateéau-Cambrésis
On marche toute la nuit sans obstacle, parallèlement à la Selle, dans la plaine qui la sépare de l’Escaut. Vers quatre heures du matin, nos têtes de colonne atteignent ce fleuve près du moulin de Neuville. Les soldats sont fatigués, les chevaux qui trainaient les équipages de pont n’ont pu suivre. Ilse produit un arrêt qui amène un moment d’hésitation. Villars accourt dans sa chaise de poste ; il fait manger une bouchée aux troupes. Dès que les pontons ont rejoint, on procède fiévreusement à la construction de trois ponts sur l’Escaut. Notre armée vient de faire devant l’ennemi et à son insu une marche de flanc de huit à neuf lieues, mais il s’agit de passer le fleuve et
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d'enlever le camp de Denain, avant qu’Eugène ait eu le temps de venir nous prendre en queue. Il est sept heures du matin. Les éclaireurs impériaux commencent à paraître du côté de l’'Escaut. Il n’y a pas une minute à perdre. Il y va du salut de l’armée, il y va du salut de la France. Vers le même moment, Eugène prévenu du mouvement de Villars, se porte rapidement sur une hauteur avec quelques officiers, parmi lesquels se trouvait un jeune volontaire de 17 ans, le futur vainqueur de Fontenoy, Maurice de Saxe. Le chef de l’armée impériale voit bien des régiments français massés dans le coude de l’Escaut, mais il ne nous suppose pas l'intention de passer le fleuve. ‘€ Allons diner,” dit-il à son escorte. S'il avait mieux compris nos mouvements, il avait encore le temps de nous atteindre, tandis que nous étions à cheval sur l’Escaut, dans une position très dangereuse. Vers 10 à 11 heures, il venait de se mettre à table quand un courrier d’ Albermarle lui annonce que les Français avaient passé l’Escaut et faisaient mine de l’attaquer. Il saute à cheval et court bride abattue sur Denain, en donnant à ses troupes l’ordre de le suivre, mais l'heure propice était passée.
Villars, aussitôt ses trois ponts achevés, fait passer Broglie et sa cavalerie. Elle se porte au galop sur Escaudain, y aborde la double ligne qui menait de Marchiennes à Denain, ce chemin fortifié que l'ennemi, dans son arrogante confiance, appelait : ‘le grand chemin de Paris.” Broglie franchit avec ses chevaux l’épaulement dégarni, rencontre un convoi de pain qui chem:inait vers Denain, sous la protection de deux bataillons, tombe sur l’escorte, la disperse, s'empare du convoi, et s’établissant solidement en travers de la route, coupe les communications avec Marchiennes. Pendant ce temps, le corps de Vieux-Pont a passé l’Escaut à son tour. Villars défile en tête de la brigade de Navarre. Il a mis son buffle des jours de bataille, celui qui lui porte bonheur. Son entrain se communique aux soldats qui commencent à comprendre la pensée de leur chef. Ils traversent gaiement dans la boue jusqu'aux ge-
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