‹ Soldats de France [microforme]Chapitre 5 sur 20 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

sique im pour Her-

emple de 1 va nous ur Uri MOasse dans e coup de uand une line s'était irs, Ce qui Thiéband | Saint-Hi-

1e n’est pas as de main oûta la seontée, parns un sens, brigade, je corps m'aue des cris elle j'arritoises de la rs à la mais armoires, x eut l’efichiens caar la porte remplie de e précipite e tous ces que je casse ts le sabre le dernier curité com-

plète, je trébuche sur des baquets, contre des tonneaux, et je ne sors de là qu’après des cris de sourd qui son tenfin entendus. Je visite la maison et la cour pour m’assurer que tous mes pillards sont partis, et je les vois achevant de franchir une clôture de bois qui entoure le jardin ; ils m’envoient mille menaces et sottises ; l’un d'eux a même l’audace de me crier que je ne mourrais que de sa main ; je recommande de fermer portes et volets, de n’ouvrir à personne et me voilà remonté à cheval, Or,

en reprenant la route, je vois qu’elle remonte par un long circuit autour d’un tertre, et désirant couper au court pour rejoindre plus tôt ma brigade, j’avise à l’un des côtés du tertre un terrain plan qui va rejoindre en ligne droite la route vers la fin de son circuit. Je pousse aussitôt mon cheval; mais il r’a pas fait quelques pas que ses sabots s’enfoncent ; il veut reculer ; je l’éperonne ; alors il se jette en avant et fait, comme en barbotant, je ne sais combien de bonds ; finalement il est en pleine bourbe et comine flottant sur son ventre. Je me trouvais dans un de ces infâmes marais, assez fréquents en Allemagne, beaucoup plus fréquents en Pologne, que rien n’annonce à la super-

ficie, qui souvent embrassent d’immenses espaces et dont plusieurs sont sans fond. J’essaye de sonder avec le pied, je reconnais que je n’ai rien à espérer d'appui que de ma monture ; mais insensiblement elle s’enfonce, et le moindre effort qu’elle fera pour se dégager l’enfoncera davantage. Richebourg (c'était l’aide de camp du général Thiébaud) et mon ordonnance se désolent, n’imaginant pas quels secours me porter, et nous commencions à être fort inquiets de mon salut, lorsque ces mêmes soldats que je venais d’assommer, qui juraient de me

tuer, mais qui, au fond, savaient bien que j'avais fait mon devoir

et qui, dans ce cas, ne méconnaissaient pas le leur, parvenus au point de la route qui domine le tertre, m’aperçoivent ‘et jugent de mon danger, Par un mouvement spontané ils dé-

gringolent presque à pic, jettent leurs sacs et leurs armes,

courent démolir la clôture en planches entourant le jardin de la maison d’où je venais de les chasser, arrivent chacun avec sa charge de planches au bord de ce maraîs mouvant, y font

Dir + te mag on 2 eme

MO Luc

flotter un plancher, parviennent jusqu’à moi et, non contents de ce premier exploit, étendent leurs planches tout autour de mon cheval, à l'aide de cordes, de leviers et de sangles, ils le soulèvent et par la tête et par la queue, le tirent de toutes leurs forces hors de cette bourbe infernale et me le ramènent, ‘ Allons, leurs dis-je, en frappant sur l'épaule de l’un d'eux, vous êtes quelque fois diaboliques, mais vous n’en êtes pas moins des braves gens. Tenez, ajoutai-je en leur présentant deux napoléons, voiià pour boire à la santé de l’empereur. Nous y avons assez bu,” me répliqua l’un d'eux. A ce moment, ils partent tous en riant mais sans rien accepter"?

Voilà déjà deux fois que je vous lis des extraits tirés des mémoires de deux généraux de l'empire, de deux acteurs de la grande épopée. Vousn'ignorez pas que depuis un certain nombre d'années, une recrudescence d'intérêt dela part du public, même à l'étranger, à l’égard de la grande figure de Napoléon, a fait sortir de l'ombre discrète dans laquelle ils étaient cachés, un grand nombre de mémoires très intéressants, écrits par des soldats de la révolution et de l'empire. (Ca été pour nous une surprise et une révélation. Nous nous représentions trop volontiers tous ces vaillants comme de simples sabreurs, lancés au galop de leur cheval dans une charge perpétuelle sous l’im- | pulsion du puissant maître de la guerre, et voilà que nous dé- | couvrons, comme pour augmenter, si c’est possible, la gloire de | cette prodigieuse époque et la gloire de la patrie française, que beaucoup de ces héros maniaient aussi bien la plume que l'épée. Les mémoires de Marbot sont les plus célèbres, mais qu’il s’a-

/ gisse des siens ou de ceux du brave sergent Bourgugne des ll vélites de la garde, ils sont tous des-plus intéressants, Les généraux Thiébault, Rapp, Dellard, Paulin, Lejeuue, Mathieu

| Dumas, le colonel Labaume, l'officier anonyme de la 32e demibrigade qui nous a laissé le récit des campagnes d’Italie et d'Egypte et d’autres encore nous ont retracé le souvenir de ce qu’ils ont vu, nous donnant ainsi une vivante image de ce temps ii où la fleur de la nation était toujours prête à se lancer dans la mort, car alors, comme le dit bien Alfred de Musset : ‘‘elle

contents utour de s, ils le ites leurs mènent.

n d'eux, êtes pas résentant mpereur.

moment,

tirés des eurs de la tain nomu public, \poléon, a jt cachés, ts par des nous une 8 trop VOrs, lancés sous l’im- » nous dégloire de aise, que ue l’épée.

qu'il s’agugne des hits, Les Mathieu 32e demil'Italie et nir de ce ce temps r dans la et : ‘elle

était si belle, si grande, si magnifique dans sa pourpre fumante, elle fauchaït de si verts épis qu'on ne ne croyait plus à la vieillesse.”” Ce ne sont pas que les nôtres qui ont écrit: quelquesuns des auxiliaires à notre service, ceux que l'esprit d'aventure ou des sympathies nationales attiraient sous nos drapeaux, ont aussi laissé des mémoires. Il en a été ainsi du général de Brandt, Polonais mort plus tard au service de la Prusse, mais qui conserva toujours un souvenir attendri pour la grande armée et le glorieux drapeau tricolore, sous lequel il avait vu le feu pour la première fois. Il nous raconte une de ces anecdotes caractérestiques qui font ressortir la terrible. énergie des officiers des armées impériales. Il s’agit ici du général Habert qui appartenait à cette nombreuse catégorie de hauts gradés de l’Empire qui aimaient à faire le coup de feu, côte à côte avec leurs soldats. La scène se passe au siège de Saragosse qui fut, comme l’on sait, aussi honorable pour les vaincus que pour les vainqueurs. Je laisse la parole à Brandt: ‘ Nous étions maîtres d’une rue terminée par un carrefour qui était encore au pouvoir des ennemis. Pour pouvoir communiquer entre les côtés de la rue, on avait dû établir une barricade qui permettait, lorsqu'on la suivait en se baissant, de s’abriter contre le feu de l’ennemi. Habert qui était três grand devait se baisser davantage ; à un moment où il passait, un soldat couché à plat ventre près de la barricade dit à haute voix: tiens, les généraux ont donc peur aussi! Habert se précipite sur le soldat et l’empoignant par le bras, le forçe à se redresser en même temps que lui. Ce fut pour les ennemis le signal d’une terrible fusillade et le malheureux soldat fut frappé de cinq ou six balles, Habert n’avait reçu qu’une légère contusion au bras, mais n’avait pas lâché son soldat qu’il envoya rouler à ses pieds en le traitant de f....conscrit, puis il repritson inspection. Loin

de prendre le parti de leur camarade, les soldats admirèrent l'acte de courage de leur général en disant: ‘‘ila bien fait, c’est une infamie de dire pareille chose d’un général comme celui-là.”

Il se présentait heureusement, même au milieu des plus terribles circonstances, des incidents moins tragiques. Rapp

2e eee nes mme Dee en M DA nt à

am OÙ

nous raconte qu’au passage de la Bérésina, Napoléon, tandis qu’il pressait l’établissement des ponts, avait fait mettre en batterie une vingtaine de pièces, commandées par un brave officier à jambe de bois, nommé Brechtel ; un boulet la lui emporte pendant l’action et le renverse. ‘ Cherche-moi, dit-il à un de ses cannoniers, une autre jambe dans le fourgon No 6. Il se l’ajuste et continue le feu comme de si rien n’était.

Waterloo! Waterloo! Waterloo ! morne plaine !

Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,

Dans ton cirque de bois, de côteaux, de vallons,

La pâle mort mêlait les sombres bataillons.

D'un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.

Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance,”?

Que pourrais-je ajouter à ces vers du plus grand de nos poëtes, digne épigraphe de ce morceau, tiré d’un de nos plus grands historiens, Thiers.

‘ Le deuxième bataillon du troisième de grenadiers, demeuré dans le vallon, réduit de 500 à 300 hommes, ayant sous ses pieds ses propres camarades, devant lui des centaines de cavaliers abattus, refuse de mettre bas les armes, et s’obstine à combattre. Serrant toujours ses rangs, à mesure qu’ils s’éclaircissent, cette petite troupe attend une dernière attaque et assaillie sur ses quatre faces à la fois, fait une décharge terrible qui renverse des centaines de cavaliers. Furieux l’ennemi amène de l’artillerie et tire à outrance sur les quatre angles du carré. Les angles de cette forteresse vivante abattus, le carré se resserre, ne présentant plus q’une forme irrégulière, mais persistante. Cette poignée de braves dédoutle ses rangs pour occuper plus d'espace et protéger ainsi les blessés qui ont cherché asile dans son sein ; chargée encore une fois, elle demeure: debout, abattant par son feu de nouveaux ennemis ; trop peu nombreuse pour rester en carré, elle profite d’un moment de répit afin de prendre une forme nouvelle et se réduit alors en un triangle tourné vers l’ennemi, de manière à sauver en rétrogradant tout ce qui s’est réfugié derrière ses baïonnettes. Ils sont bientôt assaillis dcnouveau. ‘* Ne nous rendons pas”? s’écrient

n, tandis nettre en un brave la lui emi, dit-il à »n No 5.

érance,’?

d de nos e nos plus

diers, deyant sous taines de ’obstine à s s’éclairue et ase terrible l'ennemi ngles du le carré ère, mais ngs pour ont cherdemeure:

trop peu ent de rérs en un rétrogra- Ils sont s’écrient

= SO ss

ces braves gens, qui ne sont plus que 150. Tous alors, après avoir tiré une dernière fois se précipitent sur la cavalerie acharnée à les poursuivre, et avec leurs baïonnettes tuent des hommes et des chevaux, jusqu’à ce qu’enfin ils aient succombé dans ce dernier st sublime effort. Dévouement admirable et que rien n’a surpassé dans l'histoire des siècles.”

Si le temps me le permettait, que de choses je pourrais puiser dans cette belle histoire de la conquête de l’ Algérie, que de brillants combats, que d'épisodes intéressants depuis la prise

d'Alger en 1830 jusqu’à celle de Laghouat en 1852 et la conquête de la grande Kabylie en 1857. De la prise d’ Alger, je ne retiens qne le joli mot du général La Hitte. Le dey d'Alger, voyant le fort de | Empereur pris par nous, avait envoyé comme négociateurs deux des Maures les plus importants de la ville, mais les négociations n’empêchaient pas l'artillerie de la Kasbah, encore au pouvoir des Turcs, et la nôtre, d’échanger des boulets. ‘* À chaque détonation,’” nous dit Camille Rousset dans son histoire de la conquête d’ Alger, ‘‘ les négociateurs Maures, visiblement émus, s’efforçaient néanmoins de faire bonne contenance, mais un certain boulet, ayant sifflé de plus près à leurs oreilles, l’un deux plia tellement les épaules que le général La Hitte, le saisissant tout à coup par le bras, lui dit en

riant : ‘Eh ! parbleu ; monsieur, de quoi vous inquiétez-vous ?

Cela ne vous regarde pas ; ce n’est pas sur vous que l’on tire.”?

Le geste et le mot, bien français, firent fortune, ils méritaient

de devenir légendaires.

La tentation serait grande aussi de vous parler des guerres de Crimée et d'Italie. Ici nous touchons à notre ‘propre -époque, et si nous ne sommes pas assez vieux en général pour y avoir pris part directement, le souvenir de ces glorieuses campagnes a hanté notre enfance. Mon aîné qui, Dieu merci, vit encore paisiblement à Paris, datait ses galons de caporal de Solférino, où son régiment, le 37e de ligne, contribua à la prise du village de ce nom. Je pense encore avec attendrissement à ma défunte mère, versant des larmes à la nouvelle de chaque

Détente ere ns

Page 1