HER, 7 PAR
combat, à l'idée des dangers que courait un de ses fils, et je me remémore la joie que nous autres, polissons des collèges et des lycées, nous éprouvâmes en voyant nos grandes vacances allongées de huit jours, sans penser que des milliers de Français nous les avaient achetés de leur sang. Mais le temps me talonne. J’en ai déjà dit assez pour épuiser votre bienveillante attention et il ne me reste plus que quelques instants pour parler de l’année terrible, celle qui vit sombrer notre gloire militaire et pour beaucoup nos espérances de jeunesse, celle qui a plané et plane encore tragique sur.notre génération.
Même dans cette année funeste qui vit l'effondrement momentané de notre puissance, au travers des noms trop nombreux qui nous rappellent la défaite, quelques-nns comme Coulmiers, Villersexel, Belfort, jettent un éclair fugitif de victoire. D’autres, bien que non couronnés d’un succès impossible dans les circonstances, par le souvenir de l’héroïque résistance des nôtres contre des forces bien supérieures, apportent à notre cœur comme un réconfort, comme une garantie que les vertus qui nous ont faits grands jadis existent encore au milieu de nous, et mieux dirigées, sauront nous reconquérir un jour, dans son intégralité, la considération et le respect du monde que nos succès coloniaux n’ont pas encore complètement ramenés. Deux de ces noms sont Binas et Chateaudun.
Le premier de ces combats fut livré le 26 Octobre 1870 par les francs-tireurs attachés au 16e corps, au moment où l’armée française était en mouvement sur Orléans, ‘‘ Ce jour-là, ?’ nous dit le général Pourcet dans son récit de la campagne sur la Loire, ‘‘les Bavaroïs dirigèrent sur Binas une colonne composée de 200 cavaliers, 200 fantassins et 2 pièces de canon; ce peste était défendu par 38 francs-tireurs de Saint-Denis de la compagnie Liénard qui préférèrent mourir que de se rendre. Ces braves vendirent chèrement leur vie ; embusqués, tirant à coup sûr et à petite distance, ils épuisèrent toutes leurs cartouches. Armés de carabines sans baïonnette, ils s’èn servaient comme
de massues, assommant tous ceux qui s’aventu raient trop près. Ils durent succomber sous le nombre et lorsque le reste de la
, et je me ges et des ces allon- 1çais nous , talonne.
attention de l’année re et pour é et plane
“ment MmoOnombreux Coulmiers, ire. D’aue dans les ce des nônotre cœur vertus qui
de nous, r, dans son e que nos t ramenés.
e 1870 par où l’armée -là, ? nous one sur la e composée ; ce peste de la comndre. Ces rant à coup artouches.
nt comme ttrop près.
este de la
compagnie accourut à leur secours, un seul de ces braves n’é-
tait pas blessé : le soir de ce combat, sur 38 hommes, 14 étaient
morts ! quant aux Allemands, ils comptaient 137 tués dont un colonel et un grand nombre de blessés.” Que dire après un récit pareil. Si l'effort dans la défense du pays eût été partout seulement la moitié de ce qu’il fut à Binas, la terie de France aurait dévoré tous les Allemands, quelque, nombreux qu’ils pussent être, Après avoir entendu ce qui précède, nous pouvons répéter avec tristesse, mais aussi avec fierté, les beaux vers de Déroulède :
J'ai vu des régiments, aux jours de défaillance,
Se porter en avant et se dévouer seuls,
Pour qu’on pût dire au moins, en parlant de la France,
Que ses drapeaux étaient encore de fiers linceuls !
Quant au combat de Chateawdun, il est pour moi un souvenir de famille, car un de mes frères, : 1ort maintenant, alors capitaine aux francs-tireurs de Pari: ‘y distingua tellement qu'il fut nommé à l’ordre du jour à la suite de ce combat. Le bataillon des francs-tireurs de Paris, commandé par un Français d’origine polonaise, le commandant Lipowski, constituait la force principale de notre côté. C’est de ce bataillon que le général d’Aurelle de Paladines dans son ouvrage, ‘‘ La première armée de la Loire, ” dit : ‘‘ Sous un chef intelligent, et d'une bravoure incontestée, il eut nombre d’expéditions heureuses et rendit de réels services.” Dès le 8 Octobre, il avait surpris à Ablis un escadron de hussards prussiens et l'avait presque anéanti. Mon frère dirigeait l'expédition. IL avait réquisitionné des charettes, de manière à ne pas trop fatiguer ses deux compagnies, et était arrivé de nuit à Ablis. Les Allemands avaient fait bombance et ne s’attendaient pas dn tout à être attaqués. Nos gens en trouvèrent deux en état complet d'ivresse, L'un était étendu sur le dos, l’autre qui pouvait se tenir encore un peu, à. cheval sur son camarade, lui ingurgitait de la gelée de groseille dans la bouche. La baïonnette mit fiin à sesébats ainsi qu’à ceux de presque tous ses compagnons, Les Prussiens se vengèrent de cet échec comme à l’ordinaire,
ER
ed 2 me 6 2 mon mi 0