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Ils revinrent en force dans le village, deux jours après, quand les francs-tireurs l’avaient quitté depuis bien des heures, et le brûlèrent.
A Chateaudun, aux 700 tirailleurs de Lipowski s'étaient ajoutés 165 francs-tireurs de Nantes, de Cannes et d’Indre et Loire, et 435 gardes nationaux de Chateaudun, commarAés par M. de Testanière, en tout 1,303 hommes, comme on “uit, qui furent attaqués le 18 Octobre par une division prussienne de 12,000 hommes avec 30 pièces de canons. Nos gens s’étaient postés dans les maisons et avaient construit des barricades, de manière à pouvoir arrêter l’ennemi le plus longtemps possible. Lorsque le bataillon s'était formé, les volontaires qui le composaient, virent arriver avec surprise un bonhomme qui avait la soixantaine, mais qui était encore très vert, un vieux Normand à la figure placide, mais au menton carré, le père Bureau. Naturellement nos jeunes gens le blaguèrent un peu et lui dirent avec une franchise toute militaire qu’il aurait bien mieux fait, à son âge, de rester chez lui. Le vieillard laissa dire et s’enrôla. Il n'avait jamais servi, mais avait juré, si jamais la France avait la guerre avec la Prusse, de se battre contre les Prussiens qui avaient làhement massacré son grand-père en 1815, dans une rixe de cabaret. A Chateaudun il se trouvait avee mon frère et un certain nombre de frances-tireurs dans une chambre d’une des maisons qui étaient à l’entrée de la rue par laquelle les Allsmands pouvaient pénétrer dans la ville. Ils essaient de mettre une pièce en batterie pour enfiler cette rue dans toute sa longueur. Le père Bureau dit alors tranquillement aux camarades : ‘‘ Chargez-moi des armes et laissez-moi tirer,” et alors ceux qui étaient là assistèrent à un de ces spectacles saisissants qui mettent toute notre âme dans nos yeux, et sans plus songer À tirer eux-mêmes, ils regardèrent faire le bonhomme, Du premier coup il abat un artilleur prussien qui s'avançait pour mettre le feu à la pièce, il en abat un deuxième, il en abat un troisième et ainsi de suite, et à chaque Pruüussien qui tombe, il dit comme en lui-même: ‘‘ En voilà encore un pour le grand père.” Les Allemands, voyant qu’il
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