‹ Solesmes, les sculptures de l'église abbatiale, 1496-1553Chapitre 3 sur 39 · LES MANUSCRITS · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS

Les sources manuscrites qui nous serviront méritent d’être classées avec soin. Elles sont connues depuis longtemps. Ce sont quatre notices contenues dans les nos 12697 & 1 2 3 4 ïSiÇ du fonds latin à la Bibliothèque Nationale. L’une, la meilleure (C), a servi à dom Guéranger pour son Essai historique ; une autre (D) a été reproduite dans le Cartulaire de la Couture et de Solesmes (1), puis dans le tome I des Mélanges de dom Guéranger (2) ; le Cartulaire a donné aussi des extraits de la troisième et de la quatrième (A, B). Echelonnées entre 1676 et 1702, ces quatre notices ne valent pas plus que les ouvrages de cette époque en fait de critique d’art; mais, pour la chronologie et surtout pour l’ancien état des lieux, elles nous fourniront des renseignements précieux.

J’appelle ms A : Historia insignis Prioratus SS. Pétri et Pauli de Solesmis, prope Sablolium, in diœcesi Cœnomannensi, Compendium... etc. (B. N. Lat. 12697, f. 197, Monasticon B enedictinum .) La même main qui l’a écrit et qui a mis YExplicit, l’a daté de 1676. Rien ne fait suspecter cette date, puisqu’il est question, dans le texte, de la construction du vivier en 1675 (f. 207 v) (3), tandis que le désastre du 16 juillet 1682 n’est pas signalé (4). Ce manuscrit est un mémoire rédigé sur le plan que dom Michel Germain avait arrêté pour les notices de son Monasticon Gallicanum ; il est classé avec les matériaux qui ont servi à cet ouvrage ; on peut donc croire qu’il fut le premier document fourni par notre prieuré à dom Germain. L'auteur était certainement un moine de Solesmes ; c’est tout naturellement vraisemblable ; on peut aussi l’inférer du terme qu’il emploie : « in prioratu hocce Solesmico » (f. 208 et ailleurs), et du passage où, affirmant que Germain Pilon est l’auteur de nos statues, il dit : « C’est un artiste de la ville d’Angers, très savant en l’art de sculpture, qui me l’a appris. » (f. 207) Dom Germain (C 468 V) est plus réservé, « ut quidam fer unt », et moins local. Enfin la certitude s’impose quand on entend l’auteur parler à chaque instant en témoin oculaire, notamment de fouilles faites en 1670 dans le grand jardin : « Et ipse ego qui hæc scribo non semel vidi. » (f. 203)

Ms B : Epitome historiœ Prioratus Solismensis , Ordinis Sancti Benedicti, Congregationis Sancti Mauri. (B. N. Lat. 12697, f. 226. Monast. Bened.) Il se date lui-même de 1684 en ces termes : « Le même dom Joseph (des Ormes, de la Congrégation de Saint-Maur, prieur),

(1) Cartulaire des abbayes de St-Pierre de la Couture et de St-Pierre de Solesmes, publié parles Bénédictins de Solesmes, sous les auspices & aux frais de M. P. d'Albert, duc de Chaulnes ; in-40 de xv-530 p. avec planches, Le Mans, Monnoyer, 1881 ; à l’Appendice.

(2) Œuvres de dom P. Guéranger, etc. Mélanges de Liturgie, d'Histoire et de Théologie, I, 1830-1837, in-8° de xv-619 p., Solesmes, imp. St-Pierre, 1887; p. 536 & suiv.

(3) Les ruines en existent encore.

(4) Tempête qui renversa le clocher, mentionnée au long dans le ms B.

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