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Le haut pontife et La haute pontife du culte industriel

Yoir pour plus de détails les llyres de Fourier.

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les caractères et les choses à exécuter, ud justeéquilîbre, sans lequel toute tentative d'amélioration sociale serait radicalement impuissante. La science peut seulement mettre chacun en présence de son œuvre, il faut qu'alors chaque œuvre ait trouvé son ouvrier. Pour toute action il doit se présenter beaucoup de soldats et peu de chefs, de manière que chacun puisse prendre la place qu'il est heureux de remplir. La société actuelle né sait offrir qu'une fonction aux trente vocations de l'individu, sans même s'inquiéter si l'exercice de cette fonction unique peut développer une de ses tendances naturelles.

Cet équilibre entre les vocations et les fonctions sera facilement admis par tous ceux qui , ayant étudié le grand livre de la nature, sont accoutumés à admirer la suprême sagesse de ses lois. Noos voyons déjà un équilibre de cette espèce entre les sexes : et ceux qui donnent le hasard pour seul principe , n'ont pas cru à leur théorie assez pour s'inquiéter de ce qui adviendrait si le hasard faisait que cet équilibre fût rompu, et que l'égalité numérique entre les hommes et les femmes cessât d'exister.

Nous avons dit qu'un trône faisant exception à la règle commune ne se donnait pas par le mode électif. C'est le trône au titre familisme , il est héréditaire et reste dans la même famille à perpétuité.

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La pisskyn ftumlimde présente un caractère qui la sépare tranchément des autres affectîyes : les liens formés par celles-ci sont des liens de choix ; on choisit ses amis, sa femme, son mari; on se rattache librement, par ambition, am corporations qui tendent au but ters lequel on se sent entraîné : mais on ne choisit ni ses parents, ni ses enfants; la nature les donne, on les accepte et on les aime (on les aimera du moins), quels qu'ils soient, lors même que Ton n^aurait atec eux d'autre lien que celui du sang.

Il est facile de conceroir la haute utilité de ce caractère exceptionnel du familisme. Il est bon qu'un homme soit lié aux autres hommes à tous les instants de sa vie, ce qui ne serait pas si toutes les passions dépendaient du choix, puisque Tenfant n'aurait aucun lien avec ses semblables avant d'avoir pris un développement suffisant pour être connu et apprécié. C'est par le familisme que l'enfant est chéri , même avant de voir le jour, qu'il est impatiemment attendu à son entrée dans la vie, qu'il tient affectueusement à plusieurs déjà, en attendant qu'il puisse tenir à un plus grand nombre par les autres passions.

S'il faut que le familisme soit une passion pour ainsi dire instinctive, agissant sans la participation du libre arbitre, ne faut-il pas encore que le caractère particulier de cette passion se reproduise dans tout ce qui dépend d'elle, dans tout ce qui tend à en régler l'exercice.

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Il se trouvera donc, à chaque degré de la hiérarchie, un trône héréditaire, pour la direction de tout ce qui tient à la famille, à Tétat civil ^ pour conserver les traces du passé, les archives, les généalogies, les traditions, Thistoire*, pour tenir compte des croisements des races et de leurs effets, etc. L'hérédité était nécessaire pour des fonctions qui exigent des soins minutieux, des recherches scrupuleuses, un travail continué avec régularité pendant des siècles*, car ces qualités ne peuvent se rencontrer que dans une famille traditionnelle elle-même, pour ainsi dire, et dans laquelle se transmet, de générations en générations, une fonction où elle trouve depuis longtemps sa grandeur et sa fortune.

Toutes les opinions politiques et autres ont nécessairement leur raison d'être ^ elles tiennent à une tendance naturelle, à un sentiment vrai du cœur humain : ce n'est pas dans ce qu'ils demandent que les partis ont tort, c'est toujaiirs dans ce qu'ils refusent. La science, la vérité sociale doit accepter tous les vœux, en levant l'obstacle qui les rendmt inconciliables , en offrant une combinaison assez large pour les contenir, pour les contenter tous à la fois.

La hiérarchie que Fourier a conçue donne bien satisfaction à tous les vœux qui se sont manifestés au sein des nations, au désir de chefs électifs, comme au

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désir de trônes héréditaires, mais elle circonscrit rfiéredite dans ses limites naturelles ea lui livrant le seul domaine de la famille.

Par contraste avec ce trône héréditaire donné par le hasard, sans que la volonté humaine soit consultée, la hiérarchie comprend un trône que Thomme décerne en obéissant seulement à son caprice. C'est le trône annuel de favoritisme (branche d'unitéisme). On y est élevé, parce que Ton plaît, sans autre raison. Le trône de favcM'itisme donne la présidence des fêtes, des plaisirs, des réceptions; cette présidence n'appartient-«lle pas de droit à celui qui sait le miem séduire et entraîner? Cet engouement aveugle des masse»

pour quelques individus est bien naturel à T homme ^ il devait être satisfait , mais toujours dans les limites où il ne peut agir heureusement..

Lorsque ïa réforme sera généralement acceptée, ou désignera les premiers titulaires des trônes de familisme, on distribuera des sceptres héréditaires vingt fois plus nombreux que les trônes occupés aujourd'huiv et dont plusieurs correspondront à des territoires bien supé^ rieurs en étendue, aux plus vastes empires du présent et du passé.

Cette distribution de trônes de tous les degrés permettra non-seulement de laisser en place tous les princes aujourd'hui régnants, tous les personnages ea

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possession de hauts emplois, mais encore de replacer les princes dépossédés, les prétendants, tous cétix qui ont perdu une position par les révolutions et les guerres. Ainsi la science ne fait jamais défaut à son principe conciliateur *, au lieu des trônes chancelants, sans cesse menacés par les orages , sur lesquels sont assis les chefs de la civilisation , elle offre à ceux*4;i des trônes fermes et stables, et à jamais assurés à leurs descendants.

La gérance des degrés inférieurs de la division du territoire pourra s'établir dans un phalanstére-cheflieu , aux constructions duquel on ajoutera quelques annexes. Pour le gouvernement des divisions supérieures, à partir de la pent-arehicy par exemple, qui correspondra en étendue à Tun de nos départements, il faudra des chefs-lieux distincts des phalanstères , des villes déplus en plus importantes, s'élevant par degré jusqu'au ohef-lieu de Tomniarchie, ville capitale du globe (x).

Ces villes seront les centres des mouvements com-' merciaux , les points de ralliement des armées indus-

(i) Fonrier désigne GonSTAimjtoPLK comme la YiUequi^ par sa position géographique, est appelée à remplir un jour ce premier rôle. En effet, aprè» la canalisatkia de TEaphrate, lorsque les yaisseaur pourront, en outre, aller par llsthme de Suez, de la Méditerranée* dans la mer Rouge et dans la mer des Indes ', Coostantinople sera te centre des ropulations.

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trieUei dont nous parierons plus loin. Là se rëaniront les sociétés savantes , artistiques , -agricoles , industrielles, les personnes atides d'un haut enseignement; là se trouveront tes expositions, les bibliothèques , les musées, les galeries, les collections de plans, de cartes, de minéralogie , de géologie, d'histoire naturelle; les grands théâtres , etc., etc. ; là les hommes énunents en tous genres viendront se chercher, se grouper, se mesurer.

Les villes seront ainsi occupées par une population flottante , par des corporations et des individus venant périodiquement de divers lieux. Pour le service régulier, chaque phalange du ressort de la ville fournira des détachements successifs, relevés aussi souvent qu'il sera nécessaire, et qui en formeront, pour ainsi dire, la garnison. Ainsi, pour tous, à peu prés, le séjour des villes ne sera que momentané.

Les villes ressembleront aux phalanstères par leurs dispositions matérielles. Elles se composeront comme les villes actuelles, d'îles de maisons entourées de toute part par des rues : mais chaque île n^aura qu'un corps de logis sur ces rues, l'emplacement en arrière , occupé aujourd'hui par des seconds et troisièmes corps de logis, formera un grand jardin central. Ces jardins et les rues plantées d'arbres embelliront et assainiront tous les quartiers.

Une rue-galerie donnant sur les jardins régnera au

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premier étage de tous les bâtiments. On traversera les rues, pour passer d'une tle à une autre, au moyen de ponts sous lesquels les Toitures pourront circuler.

Ainsi, comme dans les phalai»tères, on parcourra les villes en toutes saisons , sans craindre Thumidité et les influencer de Tair»

La culture des jardins , des boulevards , des promenades et du territoire de la ville, n'exigera qu'une faible partie du temps d'une population aussi nombreuse. Aussi , par exception, dans les villes , les travaux des sciences, des arts, des manufactures, du commerce^ domineront, par leur importance, les travaux purement agricoles *, purement agricohs , car dans les villes se trouveront encore les travaux théoriques de culture, les jardins botaniques, les pépinières, les essais, etc., etc.

On utilisera les villes actuelles, qui seront reconstruites par parties, et à mesure que Taccroissement de la richesse permettra de nouvetl^ dépenses, en ra^sant les seconds corps de logis pour rétablissement des

jardins ^ en mettant en communication les chambres des premiers étages donnant sur les cours, par des percées et des escaHers , de manière à former une ruegalerie plus ou moins commode ; en jetant des ponts par dessus les rues , en détruisant les quartiers malsains, etc., etc.

Les armées industrielles seront chargées de tous les

travaux qui intéressent plusieurs phalanges à la fois , comme chaussées, ponts, chemins de fer, canaux, en^ caissement des fleuves , reboisement des montagnes ; elles auront à assainir, à fertiliser toutes les parties du globe, les landes, les steppes, les savannes, les ianos, les marécages, les déserts, qu'il faudra coiiquérir pied à pied ^ elles devront percer les isthmes comme ceux de Suez et de Panama, mettre en commonioation avec Tocéan les grands lacs qui en sont assez rapprochés, etc.

Une armée sera du degré marqué par le degré de la division territoriale intéressée à ses travaux, elle sera convoquée et rassemblée par les soins de la gérance de cette division, gérance qui prendra une partie de Tarmée dans la région qu'elle gouverne, et demandera les autres parties aux gérances d'autres régions. Un pays qui aura reçu, de cette manière , des secours de ses alliés , devra à ceux-ci des secours équivalents dans des circonstances analogues.^

La réunion de corps pris dans diverses contrées, et exécutant chacun suivant la méthode de ses ingénieurs, entretiendra dans Tarmé&une puissante émulation. Il se livrera de véritables batailles industrielles , et le triomphe , célébré avec pompe , retentira sur toute la terre. Les travaux des armées industrielles auront encore plus de grandeur et de poésie que les travaux guerriers. Quand il s'agira, par exemple, de rendre à la culture les sables brûlants de l'Afrique, il faudra

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braver assez de fatigue et de dangers , déployer assex d'énergie, prouver assez d'intelligence, pour légitimer le noble orgueil des conquérants.

Les armées, composées des trois sexes, réuniront tout ce qu'il y a de plus brillant dans la jeunesse et dans la virilité*^ Ellles seront visitées par les caravanes d'artistes qui parcourront le globe comme autrefois les troubadours et les trouvères (i). Elles attireront à elles par la grandeur et le lustre de leurs travaux , par l'éclat de leurs fêtes, par leur composition : chacun désirant en faire partie , loin d'employer la contrainte pour les recruter, on devra modérer l'élan en exigeant certaines conditions à remfrfir pour être admis.

§11. Equilibre atmosphérique.

Le travail intelligent et combiné des phalanges et des armées industrielles , rendra Fhumanité de plus en plu» maîtresse de son globe. Fourier annonce qu'un des résultats de la culture unitaire, sera de régulariser

(i) Les troubudouTB , les trouTères , les artistes en général , ne seront pas aenlement artistes : ils auront développé toutes lenrs facultés, leurs facultés industrielles par conséquent. Chaque membre d'une troupe Toyageuse; arriyant dans une armée oo dans une phalange, s'eotremettra aux travaux des groupes, fera coonattre ce qu'il sait, ce qu'il a appris ailleurs en perfectionnements, en bonnes métbodes> en procédés nouveaux, etc.

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les saisons, de prévenir les intempéries, de régler les climalures de manière à les ayoir toujours favorables. Fourier va même plus loin, il pense qu'en persistant dans cette voie, Thomme parviendra & refouler les glaces qui défendent Tabord des régions circum* polaires , à conquérir ces dernières parties de son domaine , parties qui lui appartiennent légitimement , à moins que Dieu ne les ait créées dans le but unique et cruel de préparer des désastres et des naufrages à nos navigateurs.

Ces affirmations audacieuses sont de celles qui ont fait croire à quelques»-uns que Fourier se laissait égarer par son imaginiition. Nous allons examiner ces prévisions , et nous verrons si elles méritent les railleries et le dédain avec lesquels on a tenté de les repousser.

On peut établir qu'il existe une intime relation entre ces trois choses : la culture du globe d'une part, et d'autre part les mouvements de l'atmosphère, et la circulation des fluides impondérables à travers^ terre, circulation bien démontrée, entre mille phénomènes, par l'orientation de l'aiguille aimantée.

Par culture du globe , nous entendons tout ce qui tient à la vie proprement dite , aussi bien qu'à la végétation, la population animale d'une contrée étant la conséquence de son état agricole.

Comment l'homme qui a la prétention de désarmer

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la nue au moyen de quelques tiges métalliques élevées sur ses édifices , reftisefait-il d'admettre Taetion éner^ gique exercée sur les tempêtes, par les myriades de pointes offertes par les forêts dont il peut couvrir ses montagnes et ses coteaux.

Sans parler de Ténorme quantité de gaz absorbé et décomposé par la respiration animale et végétale , ne sait-on pas que Tétat de culture d'un pays infhie essentiellement sur sa température, et que cette température réagit sur Téquilibre atmosphérique? Que Ton pense encore à Taction mécanique d'une forêt sur le courant d'air qui la traverse. Les arbres sont agités en tous sens ; les branches , les feuittes sont ptôses, déplacées, secouées , et foute la force qui agit pour produire ces mouvements, est une force perdue par le fluide moteur : qu'on se rappelle que la pesanteur spécifique du bois est six à sept cents fois celle del'air , et que par conséquent le mouvement d'un arbre réduirait à l'immobilité sept cents fois son volume d'air, animé d'un mouvement équivalent , on concevra quelle puissante action doivent exercer sur l'atmosphère le boisement et le déboisement des montagnes , on comprendra pourquoi les vents réguliers régnent seulement en mer et sur les plaines arides, et comment leur action est bientôt annulée quand ils traversent des contrées couvertes de hauts végétaux.

La dépendance entre l'état de culture du globe, et

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la circulation électro^magnétique devient également évidente, si Ton veut y réfléchir.

Quelle est Taction d'unepile galvanique sur un liquide tenant en dissolution des sels ou d'autres composés? Chaque molécule , sous cette influence y semble douée d'intelligence et de vie -, elle se meut , se sépare des molécules qui lui déplaisent, se joint à d'autres avec lesquelles elle se sent en affinité , et toujours avec nombre et mesure. Il se passe dans tout phénomène de vie quelque chose de parfaitement semblable^ le liquide, sève ou sang, qui doit porter la nourriture et Taccroissement à chaque partie d'un être vivant, choisit, accepte ou repousse avec sagacité les matériaux qui lui sont offerts, les entratneét les dépose avec discernement et symétrie. On ne peut méconnaître ici Faction galvanique , qui nécessairement se rattache à l'action de l'énorme pile, nommée la terre, dont Tinfluence se fait sentir à tous et partout.

Et comme toute action produit une égale réaction, il y a réaction puissante des phénomènes de vie et de végétation sur le grand courant magnétique.

Enfin Taction du fluide électro-magnétique sur les mouvements de Tatmosphère est tellement évidente qu'il suffit de l'indiquer ici.

Ainsi, comme nous l'avons posé, il y a dépendance étroite entre les mouvements de l'atmosphère, la circulation électro-magnétique et la culture du globe.

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L'action réciproque de ces trois choses n'est cependant pas la seule qui agisse sur leur équilibre. II est des causes extérieures au globe qui tendent à le déranger.

Ces causes extérieures sont d'abord l'attraction des, corps célestes, le soleil et la lune principalement. Cette attraction produit sur l'atmosphère un effet analogue aux marées; le mouvement revient périodiquement, avec une intensité variable, d'après la position relative des astres qui le déterminent.

Le mouvement de rotation du globe peut être encore rangé dans les causes extérieures, puisqu'il a lieu en vertu d'une impulsion première, partie du dehors. Cette rotation, cette révolution diurne produit les vents alises et les courants d'air analogues qui se font sentir périodiquement et dans les mêmes lieux. Le soleil, comme on le sait , concourt par son action calorifique à la production du phénomène.

Telles sont, en général , les causes qui tendent à déranger l'équilibre atmosphérique et l'équilibre électromagnétique. Mais ce qui importe , c'est de déterminer celles de ces causes qui peuvent agir irrégulièrement sur ces équilibres.

Les causes extérieures produisant des mouvements réguliers que l'on peut prévoir et annoncer, c'est dans le globe lui-même qu'il faut chercher la cause des mouvements irréguliers , des perturbations.

Et comme daos le globe tout marche régulièrement excepté Tétat de sa surface, on est forcé de reconnaître que tout mouvement irrégulier de ratnM>sphère ou du système électrô-inagnétique , vient de Faction irrégulière de Fbomme sur la surface de la terre.

Tout est régulier dans le globe, car les perturbations séculaires ne doivent pas être prises en considération, quant à la question qui nous occupe : et parmi ces perturbations nous rangerons le refroidissement du globe, qui, à Tépoque où nous nous trouvons, est à peine sensible dans un grand nombre de siècles. L'action de ce refroidissement sur les irruptions volcaniques et les trttnblements de terre ne peut être que secondaire aujourd'hui; un dérangement dans la circulation électromagnétique est la principale caiuse de ces phénomènes.

Ainsi Jt une part on ne peut trouver aux irrégularités dont nous parlons d'autre cause que Tétat de la culture du globe \ et d'autre part on comprend que l'action de cette culture est assez énergique pour expliquer ces irrégularités.

On est donc conduit à reconnaître que par une culture régulière du globe , l'homme ramènerait tous ces phénomènes à la régularité.

Ainsi en agissant sur son domaine d'une manière unitaire , en parfaite harmonie avec les lois naturelles, l'homme préviendrait tout excès , toute intempérie ,

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toule perturbation atmosphérique et électro-magoétîque.

Alors dominateur des airs , il les façonnerait à lui donner «haqoe année d'abondantes rîfchesses , juste fruit de sa sagesse et de son trayail intelligent.

Comment Fourîer e$t-il arrivé à croire que le nour vel équilibre aur«t poor restât de londre les glaces du pôle , de désobstruer les mers et les détroits de ces latitudes, d'agrandir ainsi le domaine de Thomme de tant de contrées aujourd'hui désertes , dont on s'inquiète depiçs tanttl'années, avec tant de fatigues, de dangers, et si peu de succès?

En étudiant les dispositions des continents , on a souvent remarqué qu'ils présentent tous une pointe allongée vers le e^d , et que , de ce côté , les terres sont terminées à une assez grande distance an cercle polaire. Au nord au contraire, les continents se rapprochent du pôle, pénétrent en s'évasant dans la zone glaciale, de sorte que l'océan arctique, s'il était praticable, deviendrait bientôt, A l'égal de la Méditerranée, un centre d'activité, un lieu de communication pour tous ^ poiples^

Mais ces terres et œsmers, si bien disposées en faveur de l'homme, lui sont inutiles par suite des gbces . et des neiges qui en défendent l'abord. On pourrait même concevoir, avec l'équilibre actuel de température,

une autre disposilioB des continenls, qui, permettant de les doubler au nord comme au sud, serait plus favorable à rhumanité.

Fourier ne croit pas au hasard : il admet une cause première régissant les créations par les lois les plus favorables, et il conclut hardiment de la disposition des terres , que le globe ayant été providentiellement préparé pour rhomme, Thomme doit être doué de forces suffisantes pour écarter tout obstacle à sa domination.

Et comme Tobstacle ici est la température du pôle, Fourier pense qu'il est donné à Thomme de modifier cette température.

L'homme, nous avons dit , peut , par son action sur la surface de la terre, rendre réguliers, et les vents et la circulation des fluides électro-magnétiques.

L'irrégularité des courants électro-magnétiques se manifeste de plusieurs manières ^ entre autres par les irrégularités dans l'émission du fluide, dans les apparitions des aurores boréales.

Si, par la culture unitaire, le mouvement électromagnétique était régularisé, les aurores boréales devraient paraître régulièrement. Fourier annonce qu'elles augmenteraient en durée de manière à devenir permanentes, en intensité jusqu'à tirer^ par leur action calorifique, les régions circumpolaires de leur linceuil de glace, pour les ressusciter à la vie et à la végétation.

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El Fourier ne doute pas de ce résultat, parce qu'ainsi seulement il est possible de comprendre pourquoi les continents ont reçu une disposition qui, sans cette nouvelle source de chaleur et de lumière, sans la eouronnt boréale y serait malheureuse et peu digne de la sagesse de Dieu.

Un équilibre atmosphérique et électro-magnétique devait exister ayant la création de Thomme , lorsque la terre , vierge encore , n'avait reçu aucune perturbation par Faction de celui-ci. Alors , échauffés par la couronne boréale, les pôles étaient peuplés d'animaux et de végétaux. La couronne s'est éteinte , lorsque' l'homme, voué à l'incohérence sociale, ne prenant conseil que de son intérêt privé, a porté au hasard sa cognée inintelligente, pour flétrir la terre de Tignoble empreinte delà culture morcelée (i). La couronne renattra plus radieuse, lorsquel'humanité ayant identifiél'intérèt privé avec l'intérêt général , marchant comme un seul

(0 Lé refroidistement dn globe, d'abord rapide, a été une des causes de ces grands bonleversements, de ces cataclysmes qui ont séparé les époques géologiques. Le refroidissement est devenu fort peu sensible en dernier lien,«t sur le globe préparé pour les animaux supérieurs et pour rhomme, ma équilibre atmosphérique et électro-magnétique s*est établi. L'homme devait raffiner cet équilibre par le défrichement, mais par le défrichement auquel succédait la culture, et non parle déboisement der lieux élevés, par la destruction des forêts. L'action de l'homme sur les hauts végétaux a été presque toujours inintelligeiite et funeste.

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homme à un seul but , embellissant sou globe par une <3ulture régulière et Aiiûtaire , fera succéder au désordre , non plus réquilibre primitif et brut , mais un équilibre composé et raffiné.

Telles sont les merveilles que Fourier, illuminé par son audacieuse synthèse, ose annoncer aux hommes qui Font accueilli avec le rire de Tincrédulité. Pendant ce temps, chaque jour> la science positive et reconmie, marchant lentement d'observations en observations, découvre quelques fragments de ces grandes choses , sous Tobjectif de son analyse. Ainsi M. de €andolle de Genève, le savant naturaliste, le correspondant de 'llnstitut, a recomm aussi qu'autrefois la couronne boréale avait exisié. Je ciie le dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, article Géologie, tome 5^ page 405. (( L'opinion d'un savant naturaliste, M. de Can- » doUe , relativement à. ces végétaux anciens qu'on re- )) trouve fossiles dans toutes les contrées du globe, » oblige à admettre en principe que ces végétaux , dont )) quelques analogues éloignés et d'une taille infiniment » moins grande, n'existent que dans la zone tropicale, » n'ont pu exister qu'en admettant des changements » dans Taxe de la terre, supposition que les géomètres » et les physiciens repoussent \ ou bien que ces végé- » taux qui ont besoin de Faction d'une grande lumière, » outre celle d'une forte dialeur, n'ont pu trouver ces » conditions essentielles à leur existence que dans

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» l'existence du feu central , jointe à celle d'UN fluide

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