COMPOSÉE
Pour s'élever à la découverte de la vie ultra-mondaine, il fallait être guidé par une foi sans bornes dans la Providence, foi qui devait naître seulement dans un esprit sachant, par la connaissance des lois du mouvement social, que ces lois peuvent conduire au bonheur, que Dieu ne veut jamais le mal, puisqu'il a donné à l'homme puissance de le vaincre, par la science, partout où il se présente.
L'homme ne pouvait donc connaître sa devinée dans la vie supérieure qu'après avoir compris et conquis sa destinée dans la vie inférieur^ -L^omme , pour son grand avantage, est forcé de suivre cet enchaînement en allant d'une vérité à l'autre. Dans les périodes subversives de la vie humaine, si l'homme eût été sans incertitude sur le sort qui lui serait réservé après la mort, combien de fois ne se serait-il pas soustrait, par le suicide, aux douleurs qui l'accablaient!
Par la même raison, la transition à la vie supérieure, la mort, doit être une transition douloureuse. Sans la répugnance qu'elle inspire, le passage eût été trop facilement franchi, pendant les phases pénibles de la vie de
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l'hamaaité. Mais en harmonie, la mort pourra sans danger inspirer moins d'effroi. Aussi, quand par la culture et Tassainissement de toutes les parties de la terre, par Femploi équilibré de toutes ses facultés, rhomme aura triomphé de tant de maladies qu'il s'est données par la mauvaise gestion du globe et par l'emploi inharmonique de son individu, presque tous parviendront à un âge avancé , presque* tous s'éteindront de la mort naturelle, sans secousse et sans douleur (i). La mort aura d'ailleurs perdu toute son horreur morale, quand tous auront bien compris qu'elle n'est qu'une transition , qu'elle ne nous sépare que pour un
(i) Cette promesse que, sauf l'accident, l'homme De coDuafira pas 4a maladie daos la Tie harmonienne, fait toujours sourire les incrédules. Quoi de plus facile à admettre cependant? Quand l'homme, pour la première fois, a paru sur la terfe, pense-t-on que Dieu l'avait gratiflé déjà dephfhisies, de rhumatismes, de scrofules, de fièvres, de pestes, etc.? Si tes maladies ont frappé l'homme, c'est qu'il se les est données , d'abord par ses excès ou non inaction , c'està-dire, en n'employant pas toutes ses facultés régulièrement et avec équilibre ; puis par la mauvaise gestion du globe, dont les parties mal élaborées donnent naissance aux miasmes pestilentiels , aux fièvres, etc. En harmonie, vivant sans inquiétude, sans douleur morale, dans les conditions les plus fayorables à son organisme, l'homme verra petit à petit les maladies disparaître avec les causes qui les ont engendrées. Les animaux jouissent déjà des avantages que nous promettons à l'homme; les animaux sauvages, sur lesquels l'ignorance de l'homme ne peut agir pernicieusement, sont-ils donc exposés aux infirmités , aux maladies ? Ne sent-on pas que Dieu eût agi avec déraison en accordant , par exemple , au chien le privilège de conserver toute sa vie des dents magnifiques , et en refusant le même avantage à l'homme, au I\oi de la terre, qui ne doit rien avoir à envier aux êtres inférieurs, aux animaux?
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instant de ceux qui nous sont chers ^ que les défunts continuent à nous suivre de leurs vœux, à s'intéresser à nos actes ^ qu'ils seront là pour nous recevoir quand la mort nous aura frappés à notre tour : quand tous seront certains que le bonheur nous attend dans l'autre vie, plus complet, plus raffiné encore que dans la vie présente (la vie présente en harmonie, où le bonheur se trouvera).
Du reste, cette transition , la mort, était absolument nécessaire pour qu'il y eût mouvement et vie. Si un homme était arrêté, pendant plusieurs siècles, à un même point de son développement, de sa carrière, il serait bientôt saturé et dégoûté de tous les plaisirs auxquels il serait apte dans son état actuel. En toutes choses il faut de la variété : variété dans les travaux et dans les jouissances , variété et alternat dans les existences.
Toutes les lois naturelles ont leur raison d'être, leur justification, qiiel'on peut découvrir de même, quand on cherche avec confiance. Ainsi, nous avons dit qu'il y avait oubli dans la vie présente. C'est que cette vie , la vie inférieure, serait fade, si la comparaison y était possible entre ses plaisirs et les plaisirs de la vie supérieure. Dans la vie supérieure ce danger n'existe plus. Aussi là, on a le souvenir, sans lequel la continuité de l'existence n'étant pas sentie, l'immortalité ne serait, pour ainsi dire, qu'un mot.
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Toutes les preuves morales, etcenesontpas les seules, se réunissent pour donner la certitude de cette immortalité que Fourier nous a révélée. Cette conception , qui repose sur les données les plus simples , les plus faciles à admettre, les moins mystérieuses , jouit bien , à l'exclusion de toute autre, de la propriété de tout expliquer, de résoudre toute difficulté, de repousser toute accusation contre Dieu, sans demander à la raison aucune abdication de ses droits.
4"*. Sans jamais rien déranger à Tordre établi. Dieu est juste envers toutes les générations et tous les individus. Les hommes qui formaient autrefois la population du globe, la forment aujourd'hui et la formeront encore dans l'avenir, et aucune génération n'est réservée pour les époques heureuses , aucune n'est une génération privilégiée. Dans cette série indéfinie d'existences mondaines et ultra-mondaines, que tous sont appelés à parcourir, les chances étant égales , tous auront une part équivalente dans les maux et dans les biens. Ceci résulte du calcul des probabilités, calcul rigoureux quand on le déduit des événements qui se répètent sans fin. Les périodes heureuses de la vie humaine étant très -longues , comparées aux périodes subversives , chacun , à la fin de la carrière du globe , jetant un regard sur le passé, sentira qu'il doit remercier Dieu de tant de bien , acheté par si peu de mal.
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Les êtres entraînés dans un mouvement sans fin ne sont pas cependant abandonnés au hasard ; les lois de la création les protègent tous. Il importe peu qu'un accident puisse briser une vie particulière, cette vie manquée est un mauvais jour dans une existence toute de bonheur. Ainsi, la loi se préoccupe de Tindividu avec autant de sollicitude que de Tespèce , et nui ne peut craindre d'être oublié.
2"". La destinée individuelle est en parfaite harmonie avec la destinée générale, et Ton comprend enfin qu'il y a , entre les hommes , une solidarité complète et de tous les instants. Jeunes et vieux, sains et malades, mondains et ultra-mondains (0, tous ont un égal intérêt aux choses de la terre, au sort de l'humanité. Quelle peuplade sauvage ou barbare, quelle classe de la société civilisée peut être indifférente à celui qui sait que lui et les siens peuvent partager un jour le sort de ces misérables, déshérités de savoir et de richesses ? Quel haut baron, quel noble prince regardera dédaigneusement cette foule qui rampe à ses pieds , quand il saura que, dans cette foule, sous ces haillons, se cachent peut-
(i) Le bODbéur des oltra^-mondaiDs est èairaté tant qira les mondains n'ont pas fait régner Hiarmonie dans la yie inférienre. Il est entraTô physiquement, parce qu'une gestion inintelligente de la partie poôdérable da globe -réagit d'une manière fAcheuse pour la gestion aromale; mùralement, parce que les ultra-mondains se préoccupent de la crainte de reyenir à la vie mondaine où ils ont tant à souffrir.
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être sei iiluAres aïeux dont il mofitre le blasca avec tant d'orgueil ?
Efidemment , tout homme «ki position dé prérenii* un mal, d'effacer une douleur, d'af^orter ub bien, doûuera , par ^éïsMe même , jusqu'à sa fortune et sa vie, pour uti tel résultat, s'il doit revenir à plusieurs reprises jouir du bien qu'il aura fett^ souffrir Aa mal qu'il n'aura pas empêché ? Avec la crôya&ee de fVMHrier , égoïsme et dévoûeiiaënt n'otot ^'«ue «6u)e teâda^ce. Eki d'tfnires leirmes, Tégoïsme m rendti impossible par l'étroite solidarité qui lie tous les membres de la far mille humaine.
Il n'y a plus à songer t 6on sahit individtid, à se racornir le co&ur par un lâche ESt>oik d*etre sauvé, quel que soil le sort réservé aux autres hommes inos frères. Il faut sauver l'humanité pom* se safuv^ soimême ; la voie du bonheur général est la seule voie du salut. Tel est te noble but offert à chacun ! but bieA capable d'échaufftfr le coe^r, d'élargir l'Âme , de (è^cm^r tous les sentiments géïiéreux !
La soKdarité entré les hommes est utie diosè «aitile, car l'humanité entière est complice de celui qui a péché. La solidarité n'exolut pas laresponSabUité iiidividueHe : ïes vies mondaines et tes vies ultra-mondaines sont liées comfnte les sommeil» et tes téiltes ^ 4i «etai qm a manqué pne existence .inférieure, qui l'a troublée.par les excès, par le crime, par le suicide, souffrira dans
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k Tîe isupérwore saitaote , iMikime oelot ioui te som* ineilaélé înterroiiip<iparaii<eaiioh6Bi«r,|)«rde mauvais rêwi, se sent «HôÎD» bien disposé f^endani la vetîUequi suit.
Les homines ont toujours «u tm sestiGnent plus ou moins vague de la solidarité ; ils Tout édrii dans leurs croyances, ie péeké arwgi»d «n est uoe preuve. Mais nul, avant Fewrier, a'aCut coûq>reildre <fue la solidarisé 'est juste : la métempsycose bi-Kxunposée eu est la seule défmoïKitratioti, puisque seule <eUe prouve qua les Tt^VdfUts ont iravftfflé , dés IWigifie , à conduire rbuma* ilité dans la voie bonne ou mauvaise où elle se trouve actuellememi Sans la métempsycose, le fils ne doit pas répondre des Qctes du père, et }e péclué originel est une monstrueuse •injuslîoe.
3"". En Hant aussi éireiteiiieiil teboiifaettr de Tindivida au i)>oidieur def espèce^ Dieu «titralne les hommes vend >le bien , as9ia« parmi «m la fxra(ti<}«e de k v«rtu d'HAe 'manière eetttaiiie «ft :seuie digne de sbl grandeur. Regrëtteraî§-on^ pair hasard ^ ces iLurkmeirts désespérés, ces erift de t*age, ces Uasphômes, honribie concert qui empois6nf^drak éternenément le bonàeur des éhis , '^ les étos«&nsëf*v»eiiiMOore ao«dMt# «ne oorde sensible à la do«ftoiir d*ailtrmP Sieu, gouvernant paternenemeiit par l'atll^«ciiotI^ iionikÉsbiiiled hommes à la sagesse ^ au boiihetii* p«r1a sc^tAairit^ 2sembl0441 donc moins ^nd ((«e celoi qui ife battrait (diriger les
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mondes sans s'étayer d'un bourreau ? que celui dont on ne pourrait parler sans montrer à ses côtés son Tristan t Ermite ^ Satan, qui serait la pierre angulaire de la création, comme Texécuteur des hautes œuvres a été, jusqu'il ce jour, la pierre angulaire de Tédifice social ?
Comment les hommes pourraient-ils aimer un liieu partageant, entre le ciel et Tenfer, les misérables créatures sorties de son sein ? Comment ne se sont^ils pas révoltés quand on leur a dit qu'ils chanteraient un jour les louanges de ce Dieu , dé ce Dieu qui frapperait sans merci, sans mesure et sans fin, leur mère peutp être , leur sœur, leur fille , leurs semblables ?
La croyance au salut individuel , si elle n'a pu altér rer la bonté native des esprits généreu)^, a triplé le sentiment de personnalité des âmes étroites, et la peur de l'enfer a fait des lâches de ces cœurs desséchés. Rampant sous l'impitoyable puissance â laquelle ils croyaient , pour se la rendre favorable, dans leur monstrueux égolsme , ils auraient incendié l'univers. Ils l'ont prouvé chaque fois qu'ils ont ^u le pouvoir de le faire : tes Charhs IX ^ les Jjotûs XIV m SQi^t des exemples fameux. Et ceci, n'est pas.l^ jcr^me 4'90 s^l » c'est le crime d'un principe ^ puisqâ^ l'Ëglfee p'a jamais eu de foudres contre eet înlâQue çacril^, contre ^ette exécrable supposition qu'on, se rendait agréable à Dieu en immolajEit des victimes humaines, en se souH-
lani de persécutions et de meurtres *, puisque l'Ëglise a fait sortir l'Inquisition de cette religion de paix, dont le Fondateur empèehait de tirer Tépée, même contre ses persécuteurs et pour sa légitime défense.
D'^autres, placés dans des circonstances moins heureuses , ne pouyant donner d'aussi éclatantes preuves de foif ont inventé des ignominies , des lâchetés d'une autre nature. Pensant que Dieu se complaisait à leurs douleurs, ils ont prétendu se rendre agréables à ses yeux en se torturant affreusement. Ici un hideux fakir se place dans une attitude forcée qu'il garde pendant des années, jusqu'à ce que ses articulations se soient ossifiées. Là, je ne sais quel non moins hideux personnage de ta légende catholique , mu par un sentiment identique, se hisse sur le chapiteau d'une colonne et s'y étaUit pour la yie , mettant sa sagesse à ne descendre dans aucun cas, pour aucune nécessité. Plus prés de nous, de sales moines se privât de chaussure et de linge , croyant que leur vertu sera mesurée à l'épaisseur de la crasse qui couvre leur corps. Et tous ces dévots sont bien satisfaits d'eux-mêmes quand ils ont réussi à faire de l'homme, que Dieu a mis sur la terre pour le représenter, un être répugnant, dégradé, affreux à voir. Le poète profane était bien mieux inspiré sur Dieu et sur la destinée de l'homme, lorsqu'il disait :
Os homini sublime dedft : cœlamque tneri Jussil , et ereotos ad ildera toHere wltus.
Car Diev ne veut pas léguer sur ée& esdayes plbis el tremblants, mais su? des hoamieskeureuxatUbrQs» roeonnaissants et fiers de la haute mUaion quHl \ifm a confiée.
Aux époques subversives» lorsque Tiotérèt privé est en opposition avec TialéréC général , se sacrifier pour les autres est un acte de haute vertu. Mais souffrir pour souffrir est uue absurdité, souffrir pour se rendre agréable À Dieu est une insidte à sa bonté.
Si, dansie passé, la crainte de Fenfer a pu détourner du mal les hommes faiblement trempés , la soli4a* rite telle cpie Fa conçue Fourier, la sobdarilé qu'il explique, quHI fait toucher du doigt, ne remplit^le pas le même but , plus noblement , en s'adressaet à des sentiments plus élevés du ccrar humain ? Pouvant choisir entre ces deux moyens d'intéresser t^nune à la pratique du bien , Dieu a^t4t dû balancer ?
é"*. L'immortalité bî^-composée s'accorde d'aiHeurs avec tous nos désirs. Chaque vieillard demanderait à recommencer la vie, avec rexpériepce qu'il a aequîte; et ce souhait est pleinement satisfait, puisque tous re^ commenceront la vie, puisque tous profiteront de Tex^ périence du passé , b jeunesse ne pouvant s'égarer en harmonie.
Descendons dans notre oœur^ ne sMitons-nous pas que nous abandonnerions avec regrcit çQtte teirr^ que la science peut rendre si belle ? Ne serions^ons pas heu-
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reux de savoir (^ue m>m sommes liés i son sort, liés au sort de tous les hommei^, que aoua devoQS^ souffrir avec nos frères , mais q\if ^ comme ei|3^ , nous sommes appelés à tous les bien^ ?
JN'est-ce pas d^us ce^ conditions m^çs que nqvs auripi^ demandé la vie, tandis que qou^ l'aurions refusées ^Yec la plus (Petite chance pour une ëtern^le 49impation ? Puisque Dif^u n'a pos çopsulté r)iomw\ç en le er és^t , n>4-il pas dâ lui fç^ire une deMÎQ/^ qu^'il aur^t accf^tée ? $M^ ç^la la vie ne serfkit f^ im bienfait , et Dieu qe poi^rrçiit qoMS inspirer quHin ^eiM|iip§qt » Té-^ pouvd^Qte !
 Taide de cette découverte, tout ^'ei^pUqu^ avec simplicité^ Ie« Wis d^la création n'ont plu^ riep d'arbijbr^ire ou dcj Iftc^euXt l<es preuves m<>r^ ^ni donc t(tu|e$ en sa Cayeur.
BfoM, $ij^r ^t^ imporUmte question, Di^u nous devait des preuves de plus d'un genre, Il s'en trouve plumvirs dfl^Qs Tanalogie universel^ dQ^t nous parlerons tout à rtieure; il y çn ^ une pour les sens dans le maignétîDme ^pîmal i9^i qpi^ i^llous m)us occuper.
On ifL appelé magnétifmemnml cette ipflueQce qu'ion l^^mme peut ^i^rcer sur un loutre homme par l'action dq ^ volonté* l^ magnétisme produit souvent up sommeil plus PU vmm^ profond 9 sommeil qui se distipgue qu^nefois dvi sommeil ordinaire p^ 1^ phénomènes
les plus extraordinaires. Le sommeil , dans ce cas , a reçu le nom de somnambulisme.
Le somnambule jouit de Texercice de ses facultés sensitives sans le secours de ses organes habituels. Il voit à travers les corps opaques, et quelquefois à grande distance ^ il saisit des pensées qui n'ont été exprimées ni par le signe, ni par le son ^ il perçoit des saveurs qui n'existent que par la volonté du magnétiseur ; il peut être rendu insensible aux coups , aux blessures -, enfin , ses facultés intellectuelles semblent ne plus dépendre de celles qu'il possédait à l'état de veille, et il se trouve doué tout à coup de la connaissance de choses dont il ne s'était jamais occupé.
Cet état singulier se présente avec une grande variété dans les phénomènes, mais il est toujours parfaitement inexplicable avec les connaissances scolastiques actuelles de l'humanité. La conception de Fourier peut seule entendre raison facilement.
Le magnétisme aurait pour premier effet desuspendre les fonctions sensitives du corps pondérable *, son second effet serait de tirer, très-imparfaitement^ le corps aromal de son engourdissement , en rendant à l'âme la faculté de l'employer. L'âme se servirait du corps aromal dans le somnambulisme *, elle verrait, Mie entendrait, elle goûterait, elle aurait conscience d'ellemême, par l'intermédiaire de ses organes aromaux, organes dont la perfection explique ce que les phéno-
mènes magnétiques ont de merveilleux. La vision pourrait s'opérer à travers, les corps opaques que les arômes traversent si facilement. L'âme retrouverait, en en cherchant la trace sur son corps aromal, avec le souvenir des vies précédentes, des idées et des con-naissances qu'elle n'a plus, quand elle ne peut user que du corps mondain.
Un fait a été constaté par tous ceux qui se sont occupés de magnétisme. Dans le somnambulisme on a la mémoire de ce qu'on a vu dans la vie ordinaire et dans les somnambulismes précédents ; au réveil on ne sait rien de ce qui s'est fait pendant le sommeil magnétique.
Ce souvenir , dans un cas , cel oubli dans l'autre, sont absolument semblables à ce qui se passe dans les deux vies : vie aromale avec double, mémoire , vie mondaine dépourvue de souvenirs. L'explication est la même : dàïÉs le somnambulisme , le corps pondérable endormi ne reçoit pas d'impressions de Fextérieur, et quand l'âoie en reprend possession, elle ne peut y lire ce qui n^'y est pas gravé.
H est un état, décrit par lés magnétiseurs sous le nom i'exiiMe, que la conception de Fourier expliquerait encore avec facilité. Après être revenu à luî-mêi]^, après être sorti de la crise pendant laquelle la vie semblait avoir abandonné SO0 corps , Y extatique raconte qu'il a
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voyagé dans l'espace, qu^il a rencontré des vivants avec lesquels il n'a pu entrer en relation, mais qu'il a pu communiquer avec les morts, qui, du reste, ne lui inspiraient aucun effroi.
Ce voyage de Te&tatique ne peut être qu^un voyage du corps aromal, au moyen duquel on ne peut communiquer avec les mondains, quoique Ton puisse les voir, mais qui permet d'entrer en rapport avec les ultra-mondains. On conçoit d'ailleurs que Taspect delà vie supérieure inspire à l'extatique on vif désir d'y rester, désir qu'il manifeste toujours en se plaignant d'avoir été ramené à la vie présente.
Ceux qui nient les phénomènes du magnétisme aeimal seraient fort embarrassés pour expliquer les phénomènes analogues et nom mains eœtreMrdinairêê du somnambulisme naturel , phéaoménes trop Uen con-^^ statés pour qu'il soit permis de les révoquer eu doute.
Le somnambulisme çst un état de transition eMre le» deux vies , état dans lequel Tàme emploie simdttnè^ ment, mais imparfmtement, les deux corps dont, dan» les cas ordinaires, elle doit se servir alternativement. Cette transition n'est peut-être pas la seule que nous puissions observer. On voit de& hommes qui jouissent de faculté^ vraiment aromak» d^ifs un cer t«|ia cercle ; par exemple, pour découvrir des sources oachées. Doit^n rattacher à li^ même explication la facilité avec laquelle certains enfonts parvieuieAt à résoiidrei w
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quelques minutes , des problèmes d'arithmétique qui aiuraient coûté des journées aux plus habiles calculateurs? Ces cas de transition ne sont et ne peuvent être que de très-rares exceptions.
Le magnétisme, -qui sera en harmonie d'une double utitilé, ne peut se développer dans la société présente o^ les expériences isolées sont seules possibles, où une défiance si naturelle , quand tous ont intérêt à tromper, est opposée même au magnétiseur de bonne foi. Le ma-* gnétisme n'est pas du ressort de la civilisation, et il faut Ten féliciter, car il conduirait aux abus les plus graves dans cette société où le bonheur de Fun dépend si souvent du malheur de Tautre.
La phrénologie encore est une science que Tharmome seule saura établir et utiliser. Si cependant, malgré leur inutilité dans le moment, les principes de ces deux sciences ont été découverts en même temps que ceux de la science sociale, et quand les progrés de rindustrie assurent à Thomme une si haute domination sur la'matîére^ c'est que les temps sont venus, c'est que rbumanité est préparée, c'est que la voie du bonheur est ouverte , c'est que l'hoiQme n'a plus qu'à vouloir pour entrer dans la terre promise.
Ce que nous avons dit ne montre pas encore avec aase^ de netteté le lien qui unit le Créateur aux créatures. Entre l'homoiie et IKeu il se trouve un abtme ,
un vide immense, contraire à tout ce que bous connaissons de la nature, qui ne procède jamais par sau^s brusques, qui ménage partout des transitions.
Pourquoi, dansTuniyers, Thommeseul serail^ii, à rimage de Dieu, doué de k raison ?*( L'homme, FôIre qui remplit sur une planète quelconque le rôle qui nous appartient ici-bas. ) Ne devrait-on pas regarder Dieu et rhomme comme les extrêmes d'une série, à chaque terme de laquelte on trouverait, en montant, des êtres de plus en plus grands , de plus en plus rapprochés de Dieu ? Le vide qui nous effrayait serait ainsi comblé. Il n'y aurait plus à chercher comment l'infini et le fini peuvent entrer en rapport, et Ton comprendrait que chaque être , agissant directement sur ceux qui le touchent en haut et en bas, tient étroitement à tous par cette grande chatne dont Dieu est le premier anneau.
Il y aurait donc au-dessus de nous un être supérieur d'un degré, qui nous fn*ait sentir son influence immédiate, qui mêlerait à notre vie une partie de sa vie, qui ressentirait nos douleurs , qui partagerait notre joie ; un être que nous pourrions voir et toucher.
Ne devine-ton pas que cet être est la planète sur laquelle nous naissons? La planète qui est corps, et à laquelle, sans motif, nous avons refusé l'intelligence et la passion.
Sans motif, car la planète n'est pas une matièreinerte : c'est un corps savamment organisé avec sa
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circulation aromale analogue à la circulation du sang; et si Ton a eompris que TÂnie, dans Taulre vie, peut agir par des organes aromaux , il n' y a pas de dilGcuUé nouvelle à accorder à la planMe des organes de même nature pour la manifestation de sa volonté, de ses désirs^ pour ses relations ayec les autres planètes.
Les astres seraient donc des êtres intelligents et passionnés, en rapports aromaux les uns avec les autres, rapports faciles et prompts par la nature de Tagent, et qui ne demanderaient aucun déplacement du corps pondérable. Le corps des astres serait en même temps matière pondérable et arôme.
Les astres obéiraient sans résistance à Faction de la gravité, comme nous y obéissons nous-mêmes. Ils pourraient, dans des cas particuliers, par exemple, lorsque, au sortir de Tétat cométaire, ils ont à choisir une distance convenable pour circuler autour du soleil, ils pourraient tirer de leurs arômes une force qu'ils combineraient avec la gravité, pour se diriger dans Vespaca, comme nous combinons , avec la pesanteur, notre action musculaire, pour nous transporter sur la surface de la terre.
Ainsi, la distance de chaque planète au soleil serait due À la volonté de la planète. Ceux qui attiâbuent tout au hasard, doivent trouver bien surprenant le fait de la découverte des quatre petites planètes de notre système, découverte qui sefit encetmparantlesdîstimcesdes
SSO SECONDE PARtlB. CS. VU.
planètes connues au soleil , en reconnaissant que ces distances formaient une série dont un terme manquait, et en cherchant un lieu où devait se trouver une planète pour que ce termine manquât pas. Ils doivent s'émerveiller encore plus de cette singulière c9rabiiiaisoii du double mouvement de tout satellite observé , combinaison par suite de laquelle le satellite présente toujmirs le même hémisphère à sa planète , quand , d'après le calcul des probabilité^, cette combinaison ne devrait se rq[>roduire que par élections infiniment rare&.
Les globes seraient donc des êtres semUaUes à rhomme, mais supérieurs et d'un degré plus rappro^ chés du créateur. L'ftme d'un globe serait unie à ce globe jusqu'au moment du décès; à cette époque, elle s'emparerait d'up globe nouvellement* formé, eAtriJnant toutes les âmes humaines, qui iraient ainsi recommencer une nouvellecarrièreiiuiAanitalreyUae nottveUe
série d'existences.
Notre système solajre est un groupe dont le soleil est le pivot et le chef. Un ensemUe de groupes sur soleils forme une série d'astres, ui) tourbillon, un univers, comme celui que nous connaissons.
On doit voir encore, daps cet univen, un être intelligent et passionné, de deux degrés supérieur à l'homme, d'un degré supérieur à la planète, foroumt des groupes et des séries avec d'autres univers.
Un ensemble d'univers forme un Univers^ qui est
C08H0G0H1E. SSf
pour les univers ce que la planète est pour rhomme. Les binivers se combinent entre eux pour former tes trinivers, puis, toujours en remontant vers Dieu, viennent les quatrinw^i, les qmniiniver»^ ete^
La pensée peut s'élever ainsi indéfiniment , sans ja-* mais atteindre Dieu cependant, Dieu, Vinfnimrsr dont le corps comprend toute matière^ dont TinteUigence résume toutes les intelligences^
Cette hiérarchie rappelle, en la complétant, la hiérarchie céleste admise dans toutes les religions , les anges, archanges, séraphins, chérubins, trônes, dominations, etc. Fourier attribue à ces êtres les corps qui peuplent Tespace et dbnt une partie n'échappe pas à notre vue bornée.
Keu excepté, tous les êtres sont soumis à des changements, & des aeoroksements et déerotssements, à la mort t mort qui n'est que l'abandon d'un vieux corps pour tin corps nouveau. Au moment de cette transition, chaque âme entraîne avec elle les âmes qui lui sont subordonnées. Les petites âmes sont associées aux grandes, sans perdre leur individualité, comme notre corps qui fait partie du corps de la planète, et qui cependant en est parfaitement distinct.
Tous les êtres de cette hiérarchie sont faits à Firnage de Dieu, ont une raison, non égale, mais homogène â la sienne, et des passion^ qui dlfifèrent seulemeikt par leur intensité et par leur mode de satiirfactien. Tous,
en effet, ne peuvent avoir qu'une passion de base, i V nitéisme, c'est-à-dire le désir d'être heureux et de voir les autres heureux , et l'unitéisme ne peut se décomposer pour eux autrement que pour nous.
Ces êtres sont immortels, le mouvement qui les entratne devant durer éternellement; ce mouvement d'ailleurs ne peut avoir commencé hier, ni à une époque quelconque : il a toujours été, et l'éternité se trouve derrière nous, comme devant nous.
Le corps d'un astre mort se décompose pour fournir de la matière à la formation des astres nouveaux.
Maintenant il est facile de comprendre la pensée de Fourier, lorsqu'il dit qjue l'homme, comme la planète , comme l'univers, comme tout ce qui est, est composé de trois principes éternels, incréés, indestructibles:
I *" . L'Esprit ( i ) : principe actif et moteur ; ^. La Matière : principe passif et mu;.
Z"". La Mathématkîue (a) : principe neutre et régulateur.
II importe peu, quant aux conséquences, de savoir si Dieu, principe actif, a fait naître les deux autres principes de sa volonté, ou si les trois principes sont l'essence de Dieu ; car Dieu, ne pouvant être changeant
(i) Vesprit, le sooffle, spiritus, la Tie, la passion. (*} La tnaihémttiique au physique, la jiciUce aa moral.
et capricieux , se soumettrait aux lois qu'il aurait dictées , aussi absolument que si ces lois étaient indépendantes de lui-même, parce qu'elles seraient sa propre nature.
Les trois principes se montrent dans tout ce que nous voyons, dans tout ce que nous pouvons observer. La matière , la plus inerte en apparence , est soumise cependant aux attractions et répulsions moléculaires, à rinfluence chimique des milieux, des corps en contact : elle vit, et la matière qu'abandonne une vie individuelle, rentre dans une vie plus générale, à Tinfluence de laquelle elle obéit alors plus exclusivement. Ainsi, à la mort de l'homme, son corps vit de la vie du globe, à la mort d'un globe , la matière qui composait son corps rentrera dans la vie de l'univers, etc.
Cette perpétuelle sollicitation de la matière par V esprit n'a pas lieu d'une manière arbitraire : elle est soumise à des lois précises, à des règles rigoureuses, dont elle ne peut s'écarter. Ces lois , ces règles constituent le troisième principe, le principe régulateur, sans lequel il est impossible de concevoir que quelque chose existe.